Silure : découvrez ce poisson géant, ni nuisible, ni mangeur d’homme !

Le silure est le plus gros poisson d’eau douce que l’on peut trouver sur le continent européen et on le retrouve dans de très nombreuses eaux du continent où se développe assez facilement. De part sa taille énorme, et des silures records de capturés allant jusqu’à 275cm et +130kg pour un spécimen record de France et du monde capturé dans le Tarn fin 2017, ce géant d’eau douce fait peur à ceux qui ne le connaissent pas. Qualifié de nuisible ou encore de poisson invasif, le silure n’est pourtant pas le poisson qu’on veut bien nous faire croire.

Le silure, un poisson méconnu

Description

Le silure est un gros poisson sans écailles avec une peau tachetée de couleur verte -brune un peu à l’image d’un camouflage qui peut vivre 60 années. Sa peau est très glissante car recouverte d’une bonne couche de mucus. Si son dos est plutôt de couleur foncé, son ventre lui est assez clair avec des couleurs oscillant entre le jaune et le blanc. La tête du silure est massive et plate avec une bouche très grosse, pourvue de lignes de dents très petites et nombreuses orientées vers l’arrière de sa gueule que l’on peut se représenter comme une râpe. Le silure ne peut pas lacérer une proie pour la découper, il l’aspire et la digère. Le silure possède 6 barbillons dont deux longs sur la mâchoire supérieure ainsi que  quatre plus courts sur la partie inférieure de sa tête. On dénombre 4 types de nageoires sur son corps : une anale très longue, une petite dorsale munie d’un aiguillon et des pelviennes de chaque coté également qui lui servent à se stabiliser et à se déplacer avec précision. La caudale sert elle aux déplacements plus rapides. Attention à ne pas le confondre avec le poisson chat, dont il reprend globalement la forme mais qui fait partie d’une autre famille de poissons.

C’est le silure glane qui est l’espèce la plus présente en France mais il faut savoir qu’il en existe 16 à travers le monde. Chez le silure glane, on retrouve des spécimens particuliers aux coloris détonants et qui sont particulièrement recherchés. Les spécimens albinos (jaune, jaune-orangé) et mandarins sont les silures les plus prisés.

Origine

Le silure glane est un poisson originaire des pays de l’Europe orientale, des bords du Danube et des cours d’eau bordant les mers Caspienne et Baltique. On a cependant retrouvé sa présence dans nos eaux il y a dès les années 1800 avant sa disparition, puis sa réapparition plus récente. Des groupes siluriformes ont été découverts dans le bassin du Rhône, datant d’avant l’apparition de l’homme !

 

Taille et poids d’un silure

La taille moyenne du silure est de 1,5 m. Certains spécimens en France atteignent 2,5 m (80 à 100 kg) et il existe des silures géants de plus de 270cm, le record de France ayant été capturé à 275cm. Vous pouvez consulter la liste des records des plus gros silures.

Reproduction du silure

Les silures fraient à la fin du printemps quand l’eau atteint une température supérieure à 20°C. C’est durant cette période que l’on peut les apercevoir en surface dans de gros remous. La femelle pond de 20 000 à 30 000 oeufs par kg de son poids qui seront protégés par le mâle. L’incubation dure environ 3 ou 4 jours et dès la fin de l’automne, les petits pourront déjà mesurer 15 cm.

Nourriture du silure

Le silure se nourrit surtout au crépuscule et la nuit de poissons, crustacés, amphibiens, parfois de petits oiseaux aquatiques et de micro-mammifères. Il est cependant décrié par une partie des pêcheurs amateurs et professionnels mais d’après des études récentes et qualifiées, il n’est pas aussi vorace que l’on veut bien le dire, il se nourrit également de crustacés et batraciens, mais également de ses congénères plus petits ce qui entraîne une régulation de l’espèce.

Introduction du silure en France

Le silure est revenu en France par la Saône. Rien n’est vérifié, mais il semblerait que c’est du côté des Dombes ou d’étangs près de Louhans que des silures se sont retrouvés dans un affluent de la Saône, pour ensuite la coloniser au fil des ans. Dans cette grande rivière poissonneuse, le silure s’est largement développé et la rivière Saône a été longtemps le lieu privilégié pour capturer des spécimens. La population s’est alors régulée d’elle-même, le silure étant cannibale, et aujourd’hui, à part le poisson-chat, il n’y a pas de déséquilibre notoire créé par le silure. Le silure s’est ensuite retrouvé dans le Rhône puis a colonisé l’ensemble du territoire par les canaux et des introductions illégales dans les lacs. Dans de grands espaces largement peuplés, le silure n’est pas invasif et sa population va se réguler d’elle-même de manière très naturelle, inutile de le classer parmi les espèces nuisibles.

Répartition du silure

Le silure a connu une extension récente dans les bassins de la Seine, de la Loire et de la Garonne, en Espagne, en Italie et plus récemment dans le Sud de L’Angleterre. En France, on le retrouve principalement dans les grandes rivières comme la Saône, le Rhône, la Seine, l’Yonne, la Loire mais c’est sur le Tarn que des gros spécimens se font capturés récemment. Les grands lacs français sont également peuplés de silures, parfois de belle taille avec des poids honorables et on en retrouve ainsi dans le lac de Saint Cassien, le lac du Salagou, le lac Léman ou encore le lac du Bourget où le silure réussi a s’acclimater dans les lacs alpins plus froids, sans toutefois pouvoir de développer massivement.

Pêche du silure

La pêche du silure s’est démocratisée par le biais de quelques pêcheurs passionnés, pionniers de la première puis deuxième heure avec notamment Jean-Claude Tanzili ou encore Xavier Vella, pêcheurs connus et reconnus pour leur talent dans la traque du silure en bateau dans les eaux du Rhône. La pêche du silure peut se pratiquer de différentes manières, que ce soit des pêches proches de celles des carnassiers avec des leurres, durs ou souples, des appâts naturels, ou encore des pêches dites au posé avec des appâts comme la bouillette ou du frolic. On le traque donc du bord, depuis un bateau et même en float-tube ou encore en kayak ! L’avantage du silure, c’est qu’il peut se pêcher avec une multitudes de techniques, toute l’année y compris en automne et en hiver même s’il est moins actif à ces périodes froides de l’année.

Silure au leurre

Au leurre de surface

Au leurre dur

Au leurre souple

Silure aux appâts naturels

Silure au vif

Montage au vif pour la pêche du silure

Silure au fireball

Silure au ver et au calamar

La pêche du silure au ver ou au calamar se pratique souvent depuis une embarcation que l’on va laisser dériver dans le courant. On peut le faire soit à l’aveugle, soit en utilisant un echosondeur pour traquer les poissons et insister dans les zones où ils se trouvent. Pour augmenter l’agressivité des poissons, le pêcheur peut utiliser un clonk, un ustensile en bois que l’on frappe à la surface de l’eau et qui émet un bruit censé attiser la curiosité des silures. Mais dans les eaux les plus pêchés, le bruit du clonk et/ou la présence d’un echosondeur suffit pour faire fuir les silures habitués à la pression de pêche.

Silure au posé

Silure à la bouée

Silure au feeder

Silure à la bouillette et au pellet

Une pêche qui s’apparente à la pêche à la carpe en établissant un camp de pêche et en amorçant spécifiquement à la recherche du silure, capturé sur un montage réalisé sur le même principe que la carpe mais en plus solide.

 

Mythe et réalité du silure

Silure mangeur d’homme

Non, le silure ne mange pas des hommes et ne les attaque pas non plus ! Ce poisson n’est pas une source de danger et n’est pas non plus responsable de mort par noyade. Il est dépourvu de dents capables de découper un membre, et s’il devait gober un homme il s’étoufferait. Encore faut-il qu’un homme puisse être aspiré dans sa gueule car seuls les plus gros spécimens ont des bouches assez grandes pour cela et les gros spécimens ne chassent pas souvent dans des eaux peu profondes ou en surface. Certains journaux ont relayé des attaques de silures dans des étangs mais le silure n’est pas connu pour produire des attaques sur l’homme. Coïncidence ? Hasard ? Malchance ? Cela reste une exception si cela est bien vérifié.

Silure qui mange des chiens

Tout comme le silure mangeur d’hommes, des légendes urbaines prétendent que les silures mangent des chiens. Le silure est un poisson opportuniste, qui se nourrit généralement de petites proies, et un chien de taille moyenne n’a absolument aucune chance d’être attaqué par un silure. En revanche, les chiens de petites tailles peuvent techniquement faire l’objet d’attaques de silures, mais cela ne se produit que très rarement et nous n’avons pas trouvé d’articles de presse sérieux qui en ont parlé. Cela reste donc une légende urbaine toujours bien ancrée dans la tête de certains.

Silure qui mange des oiseaux (Canard et Pigeon)

En revanche, le silure mange des oiseaux et principalement des pigeons ! Ce comportement a été remarqué dans le Tarn où les pigeons sont en grande quantité, et le silure, opportuniste, a changé son comportement alimentaire et sa façon de chasser cette nouvelle manne alimentaire. Une vidéo est disponible et montre que le silure sait être opportuniste et s’adapte aux conditions qui l’entoure, une qualité qui permet son développement dans de nombreuses eaux.

Cuisine du silure

Le silure se mange ! Et il est même très bon d’après ceux qui en ont déjà fait l’expérience. Du côté de la Saône entre Macon et Villefranche, on retrouve même quelques restaurants qui préparent ce poissons appréciés de certain. Il existe également des « silurades », une sorte de grande manifestation où l’on vient déguster du silure cuit au barbecue lors d’une fête. C’est un poisson qui se cuisine soit en filet ou en pavé, mais attention, s’il se mange, qu’il est comestible et même bon, il faut savoir que ce poisson vit longtemps, qu’il est en haut de la chaine alimentaire et qu’il a tendance à stocker les métaux lourds dans ses graisses (bioaccumulation). Métaux lourds qu’il ingère via les sédiments et autres poissons et animaux. On retrouve ainsi une forte présence de pesticides et de PCB, notamment sur le bassin du Rhône particulièrement pollué par le PCB.

 

 

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