Silure à l’étude, personne ne fait barrage !

Cela fait maintenant quelques années que cela dure, même si sa découverte médiatique est plutôt récente, mais une étude d’impact du silure est actuellement en cours sur de nombreuses zones de franchissement de poissons. Elles sont localisées sur les barrages EDF et plus particulièrement celui de la centrale nucléaire de Golfech.

Une initiative qui n’est pourtant pas nouvelle car une autre étude très sérieuse avait par le passé déjà été faite sur ce même secteur et abouti à un non-lieu. En effet, rien n’avait pu démontrer le caractère nuisible de l’espèce. Donc pourquoi en refaire une nouvelle ?

On est malheureusement ici sur une dynamique complètement différente, avec pour finalité un objectif non avoué de classer le silure nuisible sur les zones de franchissement des migrateurs, le rendant ainsi responsable de l’échec de la politique environnementale actuelle.

Une formidable hypocrisie qui détourne de la véritable origine du problème, à savoir les barrages et zones de franchissement eux-mêmes, sans lesquels les migrateurs remonteraient sans mortalité et surtout ne subiraient aucune prédation anormale de quelle qu’espèce que ce soit.

Une étude d’autant plus malhonnête qu’elle n’est pas dénuée de pression et d’intérêts commerciaux (les fameuses terrines). Les produits de ces pêches « scientifiques » ne sont pas délocalisés vivants vers un autre bief, mais finissent via les pêcheurs professionnels dans le circuit de transformation alimentaire (voir l’illustration de l’offre d’emploi sur Golfech).

A titre d’information, les poissons se déplaçant librement et n’appartenant pas au fond de la rivière sont légalement parlant la propriété du domaine public. Ils ne peuvent être ainsi commercialisés à des fins privées sans l’accord des autorités compétentes, à savoir les AAPPMA et par extension, nous les pêcheurs… 

Un gros problème se présente donc, à savoir la classification du silure en nuisible à l’avenir, son exploitation à des fins commerciales sous ce motif fallacieux détournant ainsi les usagers pêcheurs d’une ressource publique, et pour finir une aberration environnementale. Car en prélevant les silures à la source on ne solutionne pas l’origine de la mortalité et de la prédation, c’est-à-dire les barrages qui obligent la mise en place de zones de franchissement pour les poissons migrateurs.

La raison de toute cette opération est simple. En rendant le silure responsable, EDF s’évite la responsabilité de réfections coûteuses voire impossibles de ses barrages, et pourtant nécessaires au passage des migrateurs. Les pêcheurs professionnels, quant à eux, s’ouvrent un nouveau marché lucratif éventuellement subventionné, sous couvert d’écologie.

En résumé, ce sont les silures et les pêcheurs particuliers qui vont payer l’addition. Et celle-ci promet d’être salée, même en terrine !

2 commentaires

    1. Salut Tom,

      Il nous faut a battre les cartes sur le plan légal désormais car il existe beaucoup d’irrégularités sur l’activité de pêche professionnelle notamment sur le volet sanitaire et même écologique.
      Des actions juridiques sont a menées par nos organismes de protection avec études sanitaires des chairs de silures adultes financées par eux même et pas les pêcheurs pros ou organismes affiliés comme c’est le cas aujourd’hui.

      A bientôt au bord de l’eau

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