Réussir en ses pêches de la carpe en grandes rivières et fleuves

La pêche de la carpe en fleuve et en grande rivière est une aventure, un type de pêche vraiment différent de ce qui peut se faire en étang, en gravière, et même en grands lacs. Pour tirer son épingle du jeu, il faut savoir surmonter les éléments, et les résultats ne sont jamais bien loin.

 

Lorsque j’ai commencé à pêcher la carpe en grande rivière il y a près de 15 ans, mes résultats étaient très minces, voir déplorables. A 3 pêcheurs, en pratiquant durant tout l’été du vendredi soir au dimanche soir, quelques brèmes et 1 seule carpe nous a rendu visite. 15 ans plus tard, je pratique des pêches très courtes, d’une douzaine d’heures avec une moyenne d’un poisson toute les 4 heures, descendant même à un poisson toutes les 2 heures quand les conditions sont réunies. Petit tour d’horizon des différentes habitudes de pêche qu’il faut connaitre pour réussir au mieux en grandes rivières et fleuves.

 

 

 

Rivières canalisées

Ces grandes rivières et fleuves sont souvent « canalisés » et on retrouve la même structure de fond tout au long de son parcours. Typiquement, un plateau en bordure d’une profondeur de 1m à 2m abrite de nombreux herbiers et bancs de nénuphars. Vient ensuite une cassure, pouvant être relativement importante, descendant aux alentours de 4m-5m. On retrouve alors un fond variant, parfois avec des hauts fonds, parfois quelques fosses jusqu’à la partie du chenal qui est plus canalisée. Les fonds y sont souvent de 7m-8m pour permettre aux énormes bateaux de croisière et de transport de naviguer tranquillement sur ces eaux. Les postes sont donc relativement simples à trouver quelque soit l’endroit où vous allez pêcher : le plateau du bord, le pied de la cassure de la bordure, le chenal et une dernière canne qui va chercher un obstacle, une irrégularité du fond, etc…

 

 

 

Le choix du poste

Pour choisir un poste, il suffit de suivre les classiques habituels. Iles, proximités d’obstacles, si possible en grand nombre, bras morts, arrivées d’eau et hauts fonds sont des postes qui doivent retenir votre attention. Mais ne raisonnez pas sur un seul poste, mais plutôt en secteurs pour vous faire une idée du potentiel aux alentours. Un poste très marqué, au milieu d’un secteur pauvre, rapportera certes des poissons, mais pas forcément de gros spécimens. Concentrez-vous à rechercher des zones intéressantes, puis des postes. Une fois que vous y aurez fait quelques pêches, vous aurez de quoi vous faire une idée sur le potentiel, et donc d’y insister ou non. Si dans les premiers poissons vous trouvez quelques miroirs, cela peut valoir le coup d’insister un peu plus longuement, car ce sont bien souvent des zones à gros poissons !

 

 

Choix des appâts

Pour les appâts, rien de tel que les bouillettes, même carnées. Avec la quantité de brèmes et autres petits poissons et la présence de silures, mieux vaut éviter de rassembler trop de poissons susceptibles d’attirer les silures sur le coup. Ainsi les amorçages à la graine sont à proscrire, car ils peuvent vous ruiner la pêche s’ils attirent les silures, ce qui n’est pas forcément déplaisant niveau sensation, mais frustrant quand on ne peut rien faire d’autres que de regarder se dévider une bobine de tresse en 32/100 si le client est trop costaud ! Exit également les pellets, pour les mêmes raisons. La noix tigrée donne cependant de bons résultats, mais j’avoue avoir pris davantage de silures à la noix tigrées qu’à la bouillette, donc par expérience, je préfère les éviter également même si elles restent une très bonne alternative pour limiter les rassemblements de poissons blancs sur le coup. Une bouillette simple fait parfaitement l’affaire, pourvu qu’elle soit assez dure et résistantes, et d’un diamètre de 24mm. Là encore, descendre en diamètre, c’est prendre le risque d’attirer les poissons blancs, et donc les silures.

 

Des bouillettes simples, en 24mm et 32mm.
Des bouillettes simples, en 24mm et 32mm.

Amorçage

Concernant l’amorçage, la technique la plus efficace et la plus rentable question investissement, en temps et financier, est d’amorcer le poste 2 ou 3 fois avant la pêche. L’idée est d’amorcer une zone avec quelques kilos de bouillettes éparpillées, et de revenir pêcher dessus en fin de semaine. Cette technique est diablement efficace et il m’est déjà arrivé de faire un poisson seulement quelques minutes après avoir lancé la première canne, sans avoir pris le soin d’amorcer en arrivant. Lorsque les poissons sont dans le secteur, confiant sur une source de nourriture, il n’est pas rare d’enchainer les départs. Il existe d’autres méthodes, mais trop risquées pour débuter : pêcher sans amorçage, avec un amorçage en assiette le jour de la pêche, sur un amorçage régulier de plusieurs semaines, ou au contraire sur un gros amorçage la veille de la pêche, de plusieurs kilos, voir d’une dizaine de kilos de bouillettes. Ces techniques sont aussi efficaces, voir plus efficaces, mais pour les maîtriser, il faut connaitre le poste et les habitudes des poissons pour ne pas se tromper.

 

 

 

Le montage

Rien de plus simple : 20cm à 25cm de tresse gaînée  plutôt rigide. Personnellement, je me suis tourné vers la Mantis Gold en 25Lbs et j’en suis globalement satisfait. Un hameçon bien piquant, qui ne s’ouvre pas de peur, et le tour est joué ! Lorsque je pêche du bord, à proximité des herbiers, j’enfile toujours un tout petit stick soluble dans lequel je vais piquer l’hameçon. Cela permet de le faire tomber plus vite, et de le protéger d’éventuels accrocs lors de la descente. Je suis ainsi certain de pêcher correctement.  Le reste de mon montage est aussi simple : un plomb de 112g quand les conditions sont bonnes, sinon il ne faut pas hésiter à monter beaucoup plus. Un clip plomb solide, les Korda ont fait leurs preuves, et une gaine plombée de protection pour coller au fond. Pour amplifier le phénomène si les poissons sont tatillons, je mets des flying back lead pour plaquer la ligne sur les derniers mètres. En corps de ligne, de la tresse en 32/100 permet de couper les herbiers lors des combats, je ne vois pas comment je pourrais faire sans aujourd’hui ! Simple, efficace, il ne faut chipoter en rivière !

 

Le montage "évolué" pour une pêche en rivière, lorsque les poissons deviennent tatillons.
Le montage « évolué » pour une pêche en rivière, lorsque les poissons deviennent tatillons.

 

 La pêche

La pêche est alors très simple et souvent prolifique. Il faut arriver à s’adapter aux conditions pour pêcher au mieux, mais il faut se faire à l’idée que la pêche n’est pas parfaite quand les conditions sont trop difficiles, en cas de crues, d’herbiers et d’indésirables. Ces paramètres ne sont pas simples à gérer, et si vous êtes un peu maniaque, il vous faudra faire des efforts psychologiques pour vous persuader que vous pêchez de la meilleure manière possible, sous peine de relancer votre montage toutes les heures. Vous pouvez surélever un maximum vos cannes pour soustraire de la bannière du courant, et tendre vos lignes pour éviter que votre bannière se courbe trop sous l’effet du courant. Mais en cas de grands vents, de courants charriant beaucoup de débris, vous n’aurez d’autres choix que de pêcher scions dans l’eau, cannes vraiment tendues, ce qui vous permettra de pêcher dans de bonnes conditions plus longtemps, car parfois, vos cannes commencent à se déplacer au bout de quelques dizaines de minutes seulement ! Une petite astuce consiste à pêcher en diagonal depuis l’amont, c’est le meilleur moyen de se soustraire au courant et d’éviter d’être trop embêté.

 

Soustraire un maximum de bannière, éviter les herbiers du bord, la position scion au ciel est bien pratique quand on en a la possibilité!
Soustraire un maximum de bannière, éviter les herbiers du bord, la position scion au ciel est bien pratique quand on en a la possibilité!

 

 

Les galères

Le courant, la navigation, les crues, les herbiers, les indésirables, une moyenne de poids faible et les crabes, voilà de quoi vous décourager au plus vite ! Il faut arriver à passer au-dessus, essayer de pêcher au mieux, accepter de ne pas pêcher dans des conditions parfaites, et les premiers poissons viendront vous récompenser. Tous ces facteurs peuvent se simplifier en choisissant bien votre poste : un poste à l’abri du courant, permettant de pêcher loin, mais également en bordure en cas de conditions difficiles, et à l’abri des regards : voilà de quoi vous occuper quelques temps, histoire de vous familiariser avec cette pêche spécifique.

 

 

Chaque année, je vois plusieurs pêcheurs sur mon secteur en début d’année, qui finissent par déserter au fil des semaines devant les conditions difficiles et les premiers résultats trop maigres.

 

 Les cartons et gros poissons

En vous appliquant, et avec un peu de chance au niveau de la météo et de l’activité des autres poissons, vous pouvez faire de très belles pêches. Mais il faudra avoir bien pris en compte tous les paramètres précédents. Un exemple flagrant est arrivé sur ma saison de pêche 2012. Un jeune pêcheur est venu pêcher le poste que j’amorçais depuis quelques jours. Un peu dépité, je m’installe 200m en amont et amorce une zone d’herbiers pour y pêcher la nuit sur une durée de 12h. Il ne fera pas un poisson, et j’en ferais 7. Quelques jours plus tard, je le retrouve… sur le poste où je m’étais exilé, et il me laisse donc libre le poste que je convoitais la première fois. Là encore, ses détecteurs resteront muets alors que je ferais 9 poissons pour une douzaine d’heures de pêche. Comment expliquer cette situation ? Les poissons sont dans le secteur, conditionnés sur mes appâts, et peu importe la zone où je pêche, si j’arrive à placer un appât sur une zone de passage, le poisson devrait se piquer ! Lui, au contraire, pêchait plus difficilement dans les herbiers, son montage n’était pas forcément très pêchant, embêté par les poissons blancs et la différence est énorme à la fin ! Le poids moyen des poissons n’est pas toujours élevé, mais certains secteurs peuvent produire régulièrement de beaux poissons, et parfois même de véritables cartons ! Je me souviens encore d’une pêche extraordinaire à la fin de l’été, avec un poisson préhistorique de 28kg, suivi de 3 autres poissons bien au-delà des poids habituels… une belle pêche de moins de 24h, où il suffisait d’être là au bon moment et de pêcher correctement.

Une carpe préhistorique!
Une carpe préhistorique!

 

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