[Recit] Une session carpe vraiment inoubliable

J’ai envie de vous parler d’une session comme il en existe peu. Une session qui a eu lieu il y a quelque temps maintenant et qui reste aujourd’hui l’une, sinon la meilleure de notre vie. Une session dont nous n’avons jamais voulu parler, mais qu’il est temps de partager aujourd’hui.

Récit de pêche de grosses carpes
28 kg, le premier jour

Plantons le décor ! Mathias n’est pas avec moi pour cette partie de pêche, boulot oblige ! Je regrette encore aujourd’hui qu’il n’ait pas été là pour partager ce moment extraordinaire. Alors que nous sommes en session dans un lac du centre de la France, les deux amis avec qui je pêche me proposent de changer de destination. Nous hésitons. Nous avons une semaine de pêche devant nous et les possibilités sont multiples. Finalement c’est un petit lac, style base de loisir, qui retient notre attention. Manu, un de mes deux acolytes, connaît bien le lieu. Je crois que même lui ne s’attendait pas à ce qui allait se produire.

Récit de pêche de grosses carpes
22.5 kg pour François

Un début de session hors du commun

Arrivés au bord du lac, François et moi sommes immédiatement frappés par la clarté de l’eau. La tentation est forte de poser quelques montages, mais nous ne pêcherons que le lendemain matin, car la pêche de nuit est interdite, tout comme le fait de camper d’ailleurs. Le bateau est interdit aussi, c’est à se demander si on a le droit de respirer ! Il faudra rentrer et dormir chez Manu tous les soirs à plus d’une heure et quart de route. Nous avons eu le temps de discuter avant notre arrivée et une stratégie est décidée. Nous pêcherons deux postes distants de 150 mètres. Devant chaque poste, il y a des tâches de graviers au milieu d’herbiers où les poissons se nourrissent. Nous allons les forcer à venir visiter ces endroits en les amorçant massivement. Le premier soir nous mettons 20 kg de bouillettes à l’eau, exclusivement au cobra… interminable. À 4 heures du matin, le réveil sonne. Nous chargeons la voiture et prenons la route. Arrivés sur place, il pleut. Il faut encore charger tout le matériel sur le chariot et le pousser pendant dix minutes avant d’arriver sur le poste. Nous sommes déjà trempés. Le temps de monter les cannes et les rod pod, le jour se montre déjà. La pêche peut commencer. Tout de suite, une canne à François démarre. Après un combat lourd et intense, le poisson se décroche. C’est au tour de Manu, puis du mien d’enregistrer un départ. Nous sortons chacun un petit poisson. Les départs s’enchaînent. Vers midi François sort le premier bœuf de la session, une miroir de 21.2 kg, et enchaîne immédiatement avec une magnifique commune. La journée passe à une vitesse dingue malgré la pluie incessante. Retirer, réamorcer, prendre les photos, refaire des bas de ligne d’avance. Nous n’avons pas une minute de répit. Vers 18 heures, je suis en pleine séance photo avec un poisson de 18 kg quand une de mes deux cannes restantes démarre. Je remets le poisson à l’eau et prends contact. C’est lourd. François est dans l’eau avec l’épuisette. Une fois la carpe glissée à l’intérieur, il se retourne et me dit « c’est un monstre ! » Ce ne sera pas la dernière fois de la session. Nous revoilà partis pour une séance photo, non pas avec un poisson de 18 kg, mais avec un poisson de 28 kg ! Impressionnant ! La nuit tombe vite et nous devons déjà plier bagage. Fidèles à notre idée de départ, nous assaisonnons la zone avec 20 kg de bouillettes, pour que les carpes ne nous oublient pas jusqu’au lendemain matin.

Récit de pêche de grosses carpes
Manu en action
Récit de pêche de grosses carpes
Magnifique poisson de 24 kg

L’amorçage massif est loin d’être ma stratégie préférée. Cette technique fait souvent perdre plus de poissons qu’elle n’en rapporte. Il faut vraiment que l’activité des poissons soit très élevée pour opter pour ce type d’amorçage. Dans ce cas, privilégiez des bouillettes digestes et riches en farines végétales pour ne pas gaver les carpes.

Un rythme d’enfer

 Après une courte nuit, nous revoilà sur le poste. Nous devons arriver très tôt pour être sûrs que le poste soit libre. La pluie ne s’est pas arrêtée depuis la veille. Manu n’est pas là aujourd’hui. Nous pêchons avec Nico, un autre ami à nous. Tout comme la veille, nous pêchons à 6 ou 7 cannes, pas plus. Trois sur un poste et quatre sur l’autre, histoire de ne pas mettre trop de pression sur la zone de pêche. La journée commence comme la précédente et se déroulera comme la précédente, à la différence que nous n’attrapons aucune carpe de plus de 20 kg. Nous prenons tout de même beaucoup de poissons entre 18 et 20 kg, ce qui nous encourage à continuer notre stratégie d’amorçage. Nous attendons que la nuit soit vraiment tombée pour amorcer afin que personne ne nous voie. Le lieu est fortement pêché, il faut rester discret.

Il se retourne et me dit « c’est un monstre ! » Ce ne sera pas la dernière fois de la session.

Le troisième jour, vous le croirez ou non… il pleut. Cette pluie quasi incessante nous fatigue à la longue. Les seuls moments d’accalmie sont dédiés aux séances photo. Mais une chose est sûre, c’est grâce à ce temps exécrable que nous pêchons en toute tranquillité et que nous pouvons mettre notre stratégie en place. Il n’y a presque personne sur le lac. Stratégie qui s’avère payante, car je commence la journée avec une boule de 23 kg. François enchaîne avec une miroir tout en longueur de 22,5 kg puis c’est au tour de Manu de prendre un poisson de 20.5 kg. Nous avons du mal à pêcher avec toutes les cannes en action. Les départs s’enchaînent sans discontinuer. Alors que François est au contact une nouvelle fois, un de mes détecteurs se met à hurler, je cours vers mes cannes sur le chemin qui devient de plus en plus boueux. C’est une miroir magnifique, flanquée de dizaines de petites écailles, qui m’a produit un départ fulgurant. Elle pèse 24 kg. Nous faisons une trentaine de départs dans la journée. Lorsque le soleil se couche, il nous reste encore à amorcer la zone. Amorcer 15 ou 20 kg de billes au cobra, même à trois c’est hardcore ! Surtout quand on est trempés et que l’on a déjà passé la journée à amorcer.

Récit de pêche de grosses carpes
Le matériel porte les stigmates de la pluie incessante

Le jeudi matin les lignes sont tendues en temps et en heure, et la météo daigne enfin nous faire un petit cadeau. Non je rigole : il pleut encore et toujours plus fort. Cela ne va pas nous aider lors de cette journée qui commence sur les chapeaux de roue. Une 20.2 kg pour moi, suivie immédiatement d’une 25kg pour Manu. Je continue avec une carpe massive de 22 kg. C’est incroyable ! Je n’avais jamais vu ça. Ça ne s’arrête jamais. J’ai le plaisir de sortir une carpe de plus de 20 kg avec des énormes écailles genre carpe préhistorique puis c’est au tour de François de prendre un poisson de 23,5 kg. Je suis sûr que dans la journée, nous avons du remettre au moins 5 poissons à l’eau pesant entre 18 et 21 kg sans même les peser ni les photographier. Nous n’avons tout simplement pas le temps. Je conclus la journée avec une carpe de 20.5 et une autre de 21.5 kg. Nous sommes cuits, lessivés. La fatigue est bien là. Depuis le début de la semaine, nous dormons 4 heures par nuit. Personnellement, je n’ai plus d’affaires sèches depuis le deuxième jour. Les deux postes sont devenus de véritables mares de boue au fil des captures et de nos allers-retours en waders. Le gazon initialement bien vert a complètement disparu. Il nous reste une journée de pêche, il faut s’accrocher. Bien que nous ayons fait un carton, il faut encore pousser la machine pour finir en beauté. La décision est prise, nous serons le lendemain matin au bord du lac.

Lorsque l’on choisit d’amorcer une petite surface où la pression de pêche est forte, il est préférable d’amorcer la nuit ou le matin de bonne heure. Choisissez une zone qui est habituellement peu pêchée. Pas la peine de mettre des quantités énormes, 2 ou 3 kg de billes bien étalés suffisent dans la majorité des cas. Le but d’une telle approche est de prendre le contrepied de ce qui se fait généralement sur le lac.
Récit de pêche de grosses carpes
Poisson tout en longueur de 25 kg

L’apothéose, si si !

Inutile de décrire nos visages au réveil du dernier jour. Nous nous sommes couchés à pas d’heure pour préparer le nombre de bas de ligne suffisant pour faire face à cette dernière journée. Il est 4 h 30 du matin… C’est parti. Aujourd’hui la pluie s’est arrêtée. Ça fait du bien ! François est prêt et tire ses lignes en premier.

J’ai tout juste le temps de positionner les miennes que j’entends déjà le cri de son détecteur dès les premières lueurs de jour. Lorsque j’arrive, je comprends tout de suite qu’il va se passer quelque chose.

La canne est cintrée à ne plus en pouvoir ! François fait ce qu’il peut pour contrer ce poisson surpuissant. Une fois la carpe à l’épuisette, François explose ! Il vient de pulvériser son record avec cette miroir de 29 kg ! Nous préférons faire les photos du poisson tout de suite pour ne pas l’abîmer. Magique !! Pas le temps de se remettre, mon détecteur sonne à son tour. C’est lourd. François est dans l’eau. Il se retourne et me dit « c’est un monstre ». Je viens de mettre au sec une boule de 25.5 kg. Je suis aux anges ! Une autre canne démarre alors que nous avons à peine fini les photos. Comme qui dirait, on ne change pas une équipe qui gagne ! François vient de m’épuiser cette carpe. Il se retourne et rebelote  « Hey Yo, c’est encore un monstre ». Cette miroir pèse 25,2 kg. À chaque capture j’envoie un texto à mon frère Mathias qui est en pleine hallucination depuis déjà une semaine. Mais là il ne me croit même pas. Il m’appelle et me dit  « tu te fou de moi ou quoi ? » Et pourtant c’est bien vrai. Manu enchaîne avec une 23.5 kg alors que le soleil commence à faire son apparition puis comme par magie, les départs s’arrêtent. Nous prenons encore un ou deux petits poissons dans l’après-midi, mais l’on sent tous les trois que l’activité a considérablement chuté. Sans doute à cause du changement de temps. Timing parfait. La session se termine au bon moment, une session exceptionnelle, inoubliable.

 

Récit de pêche de grosses carpes
Encore une 20 kg +.
Récit de pêche de grosses carpes
François pulvérise son record avec ce poisson de 29 kg

Conclusion

 En 50 heures de pêche, nous avons eu approximativement 120 départs, 17 carpes de plus de 20 kg et 5 de plus de 25 kg. Ceci est énorme pour un lac public ! Il y a énormément de poissons que nous n’avons pas pesés, pas photographiés, mais nous estimons la moyenne des prises à 16-17 kg. Je rentre chez moi avec des souvenirs plein la tête et 4 cartes SD bourrées de photos. Je ne remercierai jamais assez mes deux potos pour ce moment magique !

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