Re-post, une bouteille à la mer pour les magazines de pêche

De la publicité subliminale dans les magazines? Il y a peu, j’ai pris le temps de lire le long pavé dans la mare sur le site de Culture Fish. « On nous prend pour des (con)sommateurs » est là pour remettre les pendules à l’heure, et il fait bien. Mais il manque encore un petit détail, notamment le point de vue de l’intérieur qui mérite une réponse. J’ai écris l’article, l’ai remis au placard, l’ai envoyé à Stéphane en retour de son interview, et finalement je me décide de le publier quelques mois plus tard.

On ne peut que se féliciter de ce genre de posts, ceux qui dénoncent, qui apportent des vérités, et qui mettent la lumière sur les travers des acteurs de notre pêche. La presse est bien aux ordres des annonceurs, du moins, le rapport de force s’est inversé et l’un peu vivre sans l’autre, mais pas l’autre! Ce n’était pas vrai il y a encore 1 an, car les magazines dont j’ai la rédaction en chef s’autofinançaient jusque-là seulement sur les ventes. Depuis un an, la donne a changé, et la baisse générale et continuelle des ventes de la presse, conjuguée à la hausse des coûts d’impression et de distribution font qu’il est désormais impossible pour un (petit) magazine de survivre sans publicité. Ce n’est peut-être pas le cas des grands groupes, mais c’est bien le cas pour les confrères que je côtoie et donc de la majorité des magazines français.

Une pub sexy dans les magazines anglais
La pub des magazines anglais a le mérite de détourner l’attention, sans faire croire quoi que ce soit au lecteur. Ça doit bien plaire aux féministes anglo-saxonnes ce genre de pubs!

Là où une première erreur se glisse dans le texte, c’est qu’un publi-reportage est demandé en échange de la publicité. Oui et non. Bien souvent, c’est plutôt le fait de brosser les annonceurs dans le bon sens du poil qui fait qu’ils vont finir par annoncer dans le magazine et non l’inverse. Cette année, une seule marque m’a subtilement fait comprendre qu’il serait apprécié que je parle de manifestations qu’elle organise lors de la discussion du budget publicitaire annuelle, mais pas de publi-rédactionnel sur des produits au programme. Donc non, il n’y a pas d’obligations, cela se fait, mais je dirais que c’est plutôt un travail en amont plutôt qu’un vrai deal pour de la pub. Je pourrais prendre l’exemple d’une grande marque pour laquelle je mets régulièrement ses produits en avant et qui pourtant, n’a pas pris une seule publicité dans le magazine. Et il y a des contre-exemples, avec des marques qui n’ont pas été mises en avant, et qui viennent annoncer. Bien entendu, je mettrais bien volontiers leurs actualités en avant à l’avenir, cela me semble normal en tant que partenaires, mais ce n’est pas soumis à conditions ni obligations.

Pour le fait de mêler publi-redactionnel et publicité au sein du même magazine, c’est effectivement un problème d’organisation. Si le travail est bien fait, le rédacteur en chef se charge du rédactionnel et uniquement de cela (et donc aussi du publi-rédactionnel s’il y en a). Le commercial lui se charge de la publicité. Bien souvent, ces deux mondes se côtoient sans toujours avoir la possibilité ou le temps de s’accorder. Je n’ai pas peur de dire que je découvre la majorité des publicités contenues dans les magazines que j’ai élaborés comme tout autre lecteur. Alors oui, parfois cela se télescope, mais ce n’est pas la machination que l’on peut décrire. Simplement le fruit d’une mauvaise coordination ou d’impératifs de délais!

Test de canne
Quand je teste un produit, le minimum est de le prendre en main, le contraindre un peu, l’utiliser quelques minutes. Certains confrères n’en prennent malheureusement pas la peine et c’est tout le métier qui est discrédité.

Concernant les tests de produits, je partage évidement cet avis. Comment certains confrères peuvent intituler une rubrique « Tests » quand on voit seulement des photos de catalogues, et que l’on n’est même pas certain du retour du vécu de l’auteur, quand on connait l’auteur d’ailleurs, ce qui n’est pas toujours le cas… Je pense jouer parfaitement le jeu à ce niveau-là, et quand je planifie un test, c’est un test, parfois d’un produit qui m’accompagne depuis plus d’un an à la pêche. Alors pourquoi les mauvais tests ne sont pas publiés ? Tout simplement, qu’en tant que partenaire, je fais relire mes écrits avant publication. Si le test n’est pas concluant, la marque demande bien souvent que cela ne soit pas publié et je le remplace par un autre produit. Cela m’est arrivé très rarement pour la simple et bonne raison que les marques proposent bien souvent des produits de qualité à tester. Donc non, le mal n’est pas partout, du moins pas chez moi.

Concernant la déontologie, on fait comme on peut, avec une certaine épée de Damoclès au-dessus de la tête, mais cela ne veut pas dire que nous sommes tous vendus, bien au contraire. Mais quand on voit l’histoire France Télévisions / Coca Cola dernièrement, il faut bien avouer que l’idée n’est pas de savonner sa propre planche non plus. On y passera tôt ou tard, mais autant que cela soit le plus tard possible. Il y a un moment où certains préféreront « sauter » plutôt que de faire ce qu’ils ne veulent pas faire. D’autres s’accrocheront jusqu’au bout, à la limite de la prostitution. C’est la loi économique qui le veut, et quand ce métier vous apporte un toit et à manger, en cette période de crise, je veux bien croire que certains iront loin dans le baissage de pantalon pour continuer de survivre. J’avoue volontiers me poser la question régulièrement depuis quelques temps, flirtant avec ma limite psychologique. Maintenant, il faut avoir le cran (ou la folie), d’envoyer tout péter… mais ne vivant pas de cette activité, ce ne sera que plus facile pour moi!

Après il y a cette histoire de RockVibe Shad… aïe aïe aïe mauvais exemple mon ami! Quand il y a du publi-rédactionnel, j’ai bien dit que les partenaires sont mis en avant en premier, cela semble normal. Mais quand un produit nous semble bien et mérite un coup de projecteur, il est également mis en avant, pub ou pas pub. Il y a quelques temps, un peu avant la publication de l’article commenté par ce texte, un encadré sur les nouveaux produits Reins était présent dans un des magazines. Pas de chance, mauvaise pioche. Loin de moi l’idée de récupérer de la pub, je n’ai même pas de contacts chez cette marque, juste l’envie de partager, sur conseils d’un pigiste, l’info de nouveautés prometteuses. Alors pourquoi ne voit-on pas davantage de petites marques ? Et bien la réponse est très simple pour moi : ils ne font pas de communiqués de presse ! Quand on ne reçoit pas de catalogues à la maison, pas de mails informant d’une nouveauté, et qu’il n’y a pas de contacts informationnels, il n’est franchement pas évident de parler de ces produits, peut-être par flemme ou par méconnaissances d’ailleurs. Les seules rares fois où je le fais, c’est quand un de mes pigistes me le conseille. Les rédacteurs en chef sont peut-être en cause, mais les petites marques également.

Vêtement Diem pour la pêche
Diem m’a filé des vêtements gratos. Je les utilise et apprécie vraiment et les ai testés pour un magazine. Est-ce si mal que cela? Difficile de faire la différence entre coup de pouce et publicité organisée vue de l’extérieur…

Concernant le cas des pigistes, j’irais même jusqu’à pousser le bouchon un peu plus loin. Il n’y a pratiquement que dans la pêche que l’on trouve des pigistes sponsorisés. Juge et partie, un peu schizophrène non ? Alors comment croire en leur sincérité quand ils ont des intérêts à défendre ? C’est une question de confiance, d’hommes. J’ai quelques pigistes dans ce cas, et je dois vous avouer que certains sont franchement intègres. D’autres ne le sont pas, je vous l’avoue, et on les voit arriver avec leurs gros sabots. Mais d’ailleurs, ils sont sponsorisés parce qu’ils écrivent ou ils écrivent parce qu’ils sont sponsorisés ? Qui de l’œuf ou la poule… ils écrivent dans les magazines car les personnes sachant aligner plus de 4 mots de français sur un clavier de manière régulière sont rares, encore plus quand on leur demande de savoir en même temps être de bons pêcheurs. Les marques ont la même problématique, et donc, bien souvent, on se retrouve à travailler avec les mêmes personnes. L’exemple est flagrant avec les nombreux blogs de marques. On se rend vite compte qu’il y a beaucoup de contenu, mais la qualité n’est que trop rarement au rendez-vous, même s’il y a d’excellentes choses, dignes, voir supérieures à la qualité d’articles de certains magazines. Mais si un auteur est capable d’écrire régulièrement, du contenu de qualité, et qu’il n’est pas sponsorisé, les candidatures sont ouvertes bien volontiers ! A bon entendeur ! Mais malheureusement, je ne lui donne pas un an avant d’avoir des propositions de sponsoring!

Alors, cette trentaine de rédacteur en chef français, ils font certainement de leur mieux avec toutes ces contraintes et tous ces paramètres. Et ils ne sont pas si pourris que cela non ? Du moins pas tous…

 

 

Un commentaire

  1. j’aime ta façon de t’exprimer, aller en avant revenir en arriere on dirait des vagues sur la plage, comme ta derniere phrase, continue.
    merçi

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