Raphaël Biagini, l’agitateur médiatique de la presse halieutique

Raphaël Biagini est certainement l’un des pêcheurs de carpe les plus médiatisé en France. Atypique, il ne laisse personne indifférent. Certaines l’adorent, d’autres le déteste, et finalement, peu de pêcheurs n’ont pas vraiment d’avis sur lui. Mais le connaissez-vous vraiment? Interview sans concessions.

 

Bonjour Raphaël, merci de te prêter au jeu de l’interview pour nos lecteurs.

01 – En quelques mots rapides, peux-tu présenter tes grands faits d’armes qui font que tu as aujourd’hui une notoriété dans le monde de la pêche ?

 

Bonjour à toutes et à tous,

La une des journaux américains
La une des journaux américains

Le premier de ces « grands faits d’armes » est certainement celui d’être très médiatisé depuis plus de 10 ans. Sans cela, il y a fort à parier que personne n’aurait jamais entendu parler de moi. J’imagine que cette médiatisation à du apporter quelque chose tant à ceux qui ont lu mes articles qu’à ceux qui les ont publié, sans quoi, ni les uns, ni les autres, ne se seraient intéressés à mon « travail » et les conséquences auraient été toutes autres.

En suite, je pense aussi que mon palmarès joue son rôle là dedans. J’ai eu la chance de « rencontrer » quelques poissons assez rares et cela m’a probablement apporté une certaine crédibilité.

Enfin, peut-être parce qu’avant tout je suis un passionné comme les autres, ni plus, ni moins. Avant d’être un homme médiatisé, détenteur d’un palmarès, ou une notoriété, je suis Raphaël, quelqu’un qui aime la pêche, comme toi, comme vous, que la seule chose qui compte pour moi c’est ça, et il est possible que les gens y soient sensibles.

 Je vous invite à cliquer sur ce lien. Vous y découvrirez un moment qui a été important pour moi et très certainement pour notre passion aussi… Direction les Etats Unis et le célèbre journal télévisé de ABC News.

 

 

 

02 – Aujourd’hui, au niveau de tes poissons « record », cela donne quoi ? Fais nous un peu rêver.

02Je ne sais pas exactement où j’en suis. Depuis quelques années maintenant je n’ai plus de peson et, pour être très franc, je m’en fiche un peu aujourd’hui. J’ai longtemps couru après des rêves « chiffrés », des objectifs, mais ce n’est plus le cas. J’aime toujours autant attraper de gros poissons, cela n’a pas changé, mais de savoir qu’une carpe pèse 26 ou 28 kg ne m’intéresse absolument plus ! La capture d’une géante c’est un environnement, une touche, une stratégie qui porte ses fruits, un combat, une rencontre, une carpe, un moment unique et magique, de belles photos qui subliment un souvenir gravé dans ma tête, des amis qui y participent ne serait-ce avec leur bonne humeur… Et tout cela me comble déjà amplement ! Lorsque j’ai décidé d’arrêter de peser mes captures, j’en été à une vingtaine de poissons pesants entre 24 kg et 35,5 kg. Depuis cette décision, il y en a sans doute à ajouter à ce « décompte », mais bon, est-ce vraiment important ?…

 

 

 

 

03 – Voilà un an que tu as publié un livre sur la pêche, et au contraire de beaucoup de livres sur la pêche, celui-là est une autobiographie, pourquoi un tel choix ? Par pur narcissisme ?

03Voila de bonnes questions ! J’ai effectivement fait le choix d’écrire mon livre en utilisant le « récit autobiographique ».  L’hypothèse que ce choix ait été fait par pur narcissisme pourrait tenir la route, mais ce n’est pas le cas. En fait, et pour être parfaitement honnête (chose que peu d’auteurs osent avouer), ce « narcissisme » s’exprime généralement par le fait de publier des images de soi. Si l’auteur ne souhaitait pas être reconnu, il ne montrerait pas son propre visage, son propre nom, et il exhiberait encore moins ses propres trophées. De ce fait, il m’est impossible de nier cette évidence, mais mon livre n’a pas ce but. Ayant écrit de très nombreux articles dans la presse française, européenne, et ce depuis des années, ce besoin de reconnaissance m’a quitté depuis longtemps.

Non, mon choix d’écriture est totalement différent. Il y a plusieurs raisons à cela. Le premier est que je n’avais pas le souhait de réaliser un bouquin théorique, ou une compilation d’articles. J’avais envie de transmettre toutes mes connaissances, tout ce que je pense avoir appris et compris, mais de façon ludique et finalement subliminale. Le récit autobiographique est un excellent moyen de raconter une histoire et de s’appuyer dessus pour transmettre cette théorie sans qu’elle ne soit apparente. Du coup, c’est en se divertissant et en découvrant cette histoire que l’on apprend comment le parcours de l’auteur a pu voir le jour. C’est en tournant les pages du livre que toute cette évolution qui a été la mienne devient aussi celle de celui qui la lit. Ainsi, et sans s’en rendre compte, le lecteur peut comparer sa propre expérience, se reconnaitre à certain moment, et s’enrichir du chemin fait par un autre pêcheur qui a réussi à mettre la main sur tous ses rêves, sans exception. Ce sont pour ces raisons que j’ai choisi de passer par le récit autobiographique, pour transmettre à d’autres mes milliers d’heures passées au bord de l’eau.

 

 

 

 

04 – Ecrire un pavé comme celui-là, c’était un challenge ? Tu l’as fait pour l’argent ? Ou alors une thérapie, avec l’envie de tourner la page sur une étape de ta vie pour en ouvrir une nouvelle ?

04Le fait que mon livre soit très gros n’était absolument pas un challenge. En fait, je me suis réellement rendu compte de son épaisseur le jour où j’ai payé l’imprimeur ! « Carpe New Generation » a exactement le nombre de pages que mon histoire demandait pour exister noir sur blanc puisque je l’ai écrit sans jamais me soucier de ça. Lorsque j’ai mis le point final à mon ouvrage, j’ai alors découvert qu’il comptait 1 300 000 caractères.

A la question « Tu l’as fait pour l’argent ? », je réponds très honnêtement que non. Le prix public de « Carpe New Generation » est de 49,90€. Je comprends que cela puisse représenter un budget mais si j’avais du m’aligner à mes « concurrents » son prix aurait été compris entre 89€ et 99€ . Alors oui, je suis comme tout le monde, j’ai besoin d’argent pour vivre et ce projet a bien évidement pour but de me permettre de manger. Mais ce n’est pas son but premier puisqu’il y a d’autres moyens de gagner beaucoup plus d’argent en publiant un livre que de proposer un ouvrage de 448 pages, sur un format A4, en full quadri et avec une superbe qualité de papier , pour seulement 49,90€ !

Enfin, oui, l’écriture de ce livre à été pour moi une sorte de thérapie, ou tout du moins l’un de mes rêves qui ne pouvait voir le jour qu’en tournant une page de mon histoire. Cela fait partie de l’évolution des choses, d’une évolution personnelle, c’est tout simplement une étape qui en a suivi d’autres et qui en précède d’autres encore…

D’ailleurs, je vous invite à découvrir mon ouvrage et à vous le procurer sur mon site internet :

www.raphaelbiagini.com

 

 

 

05 – Étrangement  tu es une des seules personnes médiatisées qui ose publier régulièrement des choses sur les forums internet, au risque de t’attirer les animosités de certains. Pourquoi le faire, alors que tu pourrais te contenter de lire et ne rien dire ? Tu aimes te faire mal ? Tu veux que l’on te prête une cravache ou un fouet ?

Comme je l’écrivais un peu plus haut, je me considère être un passionné comme les autres. En plus de cela, je vis très bien cette passion et je me sens parfaitement en phase avec ce que je suis, qui je suis, mes convictions, etc. Bref, je me sens très bien dans mes pompes, je n’ai rien à cacher et j’ai une réelle sérénité concernant tout ça. Du coup, je n’ai absolument pas peur des autres et je ne vois pas pourquoi je devrais me priver de quoi que ce soit. Je n’ai aucun mal à être attentif à une critique pertinente, à une observation sensée, à une remarque réfléchie et juste. Par contre, avec le temps, j’ai appris à comprendre les réactions humaines, et j’avoue que la méchanceté gratuite, la jalousie, les attaques déplacées et tutti quanti ne me touchent pas le moins du monde. Alors non, je n’aime pas me faire mal puisque lorsque je « subis » ce genre d’attaques c’est l’autre qui exprime sa souffrance, pas moi. Malheureusement, la seule chose qui me fasse de la peine dans tout ça c’est de constater que certaines personnes vivent très mal leur passion et que cela crée chez eux d’horribles frustrations… Quel gâchis ! La pêche ne devrait-elle pas être le plus beau des moyens de se faire plaisir et de vivre pour soi, de combler ses propres envies, sans se soucier du regard de l’autre (mais tout en le respectant)?

 

06 – Pour ceux qui te reprochent de faire tous tes gros poissons au même endroit, dans le « même trou à pisse » pour citer certains, tu as envie de leur répondre quoi ?

06J’ai envie de le dire que toute mon histoire est posée noir sur blanc dans mon livre, sans le moindre secret ! Je les invite donc à se le procurer, à le lire, et, ensuite seulement, à donner un point de vue objectif et réaliste sur ce que j’ai fait ou n’ai pas fait (malheureusement pour eux, j’ai bien peur que le reproche exprimé ci-dessus ne puisse plus tenir la route).

Mais ce n’est pas tout ! Je me permettrais également de leur poser une petite question à mon tour : « Les gars, en admettant que vous ayez été dans le vrai, quelles sont les raisons qui font que ça vous touche autant » ?

 

 

 

 

07 – La pêche de la carpe, cela prend un peu de temps. Tu pêches aussi le silure… tu as une vie en dehors de la pêche ? C’est quoi ta vie de tous les jours ?

07Oui, j’ai une vie en dehors de la pêche ! En plus de tout ce que je fais et qui concerne notre passion commune, je suis assistant de direction pour une entreprise et ça prend déjà un peu de mon temps. A côté de cela, j’ai également une vie sociale, mais aussi beaucoup d’autres passions à qui j’accorde une vraie importance. Bref, je ne vis pas qu’au bord de l’eau, je ne parle pas qu’aux arbres et je ne me nourris pas que de cailloux… Il faut un équilibre dans tout pour que chaque chose soit vécue de la meilleure des façons.

 

 

 

 

 

08 – Tu as fait pas mal de rencontre au bord de l’eau j’imagine. Quelles sont tes plus belles rencontres au bord de l’eau ? Et tu regrettes d’avoir rencontré certaines personnes également ?

08Je ne rencontre pas grand monde quand je suis au bord de l’eau ! Je pêche généralement dans mon coin, avec les gens que j’aime et ça ne va pas beaucoup plus loin. Attention, je ne suis pas du tout un sauvage, j’adore discuter avec d’autres pêcheurs, mais je n’en croise pas beaucoup.  J’ai bien entendu fait des rencontres dans le cadre de ma passion, certaines au top, d’autres biens moins, même si je reconnais aujourd’hui aisément que  les pires d’entre elles m’ont finalement apporté énormément. Vous les trouverez d’ailleurs dans mon livre… Ce qui vous offrira par la même occasion le plaisir de connaitre un peu plus « les dessous de la pêche de la carpe » !

 

 

 

 

 

09 – Tu écris dans les magazines depuis 11 ans maintenant, côté coulisses cela doit être assez marrant non ? Qu’est ce qui se passe derrière les colonnes des magazines ?

A vrai dire il n’y a pas des milliards de choses à raconter. Ecrire dans des revues est une « activité » qui se passe à distance. Du coup, socialement parlant, ce n’est pas du tout comme se rendre au bureau tous les jours et fréquenter des personnes quotidiennement. Pour ma part, je pense être un homme très carré dans ce qu’il fait, mes articles arrivent toujours avant les dates butoires, j’essaye au maximum de proposer aux lecteurs des papiers de qualité, agrémentés de bons clichés, et j’ai à cœur d’être très pro dans mon travail. Ainsi, mes rédacteurs en chef savent qu’ils peuvent compter sur moi sans jamais avoir la crainte de se retrouver dans la « merde » au dernier moment… Ce qui limite les « blablas ». Après, pour le reste, qu’il s’agisse d’une rédaction dans son ensemble ou de petites histoires au sein d’une revue, j’avoue me tenir loin de tout ça. Non pas que cela ne m’intéresse pas, mais ma passion c’est la pêche avant tout et parce que beaucoup de choses dans ma vie tournent autour de ça, je fais tout pour la préserver. Ceci dit, une équipe réactionnelle est constituée d’un groupe de personnes et, comme dans n’importe quel groupe, il y a forcement de bonnes et de moins bonnes choses.

 

10 – Et au niveau du sponsoring, tu collabores aujourd’hui avec le groupe Zebco après avoir connu d’autres sponsors. Là aussi j’imagine qu’il y a des choses croustillantes à découvrir dans les coulisses du sponsoring. Des anecdotes croustillantes à nous faire partager ?

10Malheureusement, ou très heureusement, je n’ai pas grand-chose de croustillant à « déballer » ! Je vais être très honnête avec vous, même si cela peut paraître prétentieux (mais la réalité est ce qu’elle est et je ne suis finalement pas persuadé que de dire les choses telles qu’elles sont traduise un manque d’humilité de ma part). Mon statut et ma notoriété me permettent d’avoir accès à beaucoup de choses, d’avoir une certaine crédibilité, un certain « poids » et, par conséquent,  d’avoir le droit de choisir. Dés lors, quelque soient les sponsors avec lesquels j’ai collaboré (avec qui je suis d’ailleurs toujours en très bons termes aujourd’hui), j’ai toujours eu la possibilité de « me vendre » avec mes exigences.

Tout d’abord, le premier point important pour moi, pour que je me dise qu’une collaboration est possible, est de croire en une marque et de penser que les pêcheurs sont respectés. Je ne suis pas du tout dans la démarche de gratter du matos pour gratter du matos, et je ne suis pas une « prostituée » prête à tout pour avoir des produits, quitte à « baiser » tout le monde. Non, ici aussi je suis quelqu’un de carré, qui a des valeurs, des règles, des principes, et sur qui on peut compter.

Concernant mes exigences, celle-ci sont simples. Avant d’entrer sous les couleurs d’une marque, j’explique clairement qu’il ne faut rien me demander (ni le port d’une casquette, ni un nombre d’articles, ni ma présence ici ou là, ni ceci, ni cela… Et encore moins de dire quelque chose que je ne pense pas !!!)! Je demande à avoir carte blanche et personne sur le dos. En gros mon discours est celui-ci : « Laissez moi me gérer, gérer les choses à ma façon, faites moi confiance, et jugez par vous-mêmes sans jamais avoir à vous occuper de moi ».

De ce fait, rien ne m’est jamais demandé, rien ne m’est jamais imposé, et cela ne laisse pas la place à quoi que ce soit de « croustillant ». Le but c’est d’avancer, d’être efficace, de penser aux pêcheurs et de les respecter. Je ne laisse pas vraiment la porte ouverte aux « à côtés », je ne suis pas là pour ça et je crois sincèrement que la meilleure façon pour évoluer est d’être sérieux, attentif, et de ne pas se disperser avec ce qu’il pourrait se passer en coulisse et qui ne regarde finalement que les gens directement concernés.

 

11 – Et pour terminer,  la question qui tue : Tu préfères prendre une carpe sauvage de 43kg ou passer le reste de tes jours avec Adriana Karembeu?

Sans réfléchir une seule seconde, je préfère passer le reste de mes jours avec Adriana (Euuuhhh, si je peux choisir et que vous ne m’en tenez pas rigueur, je suis plus branché Monica Bellucci) et que nous ayons le plaisir de mettre au sec, ensemble, une carpe sauvage de 42,5 kg. Tant pis, je sacrifie 500 grammes, mais je m’en remettrais (rires)…

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