Pêche à la carpe : Pêchez des poissons ciblés pour réussir

Par Cédric Dziadek

Jeudi 18 avril, 15h.
Je rentre d’une session de 2 jours ou j’ai pris quelques poissons mais rien d’extraordinaire. Les poissons passaient sur la zone amorcée mais très rapidement sans vraiment s’alimenter.

Pendant cette session, un ami m’explique se qui se passe dans un lac à côté de chez moi ; c’est un petit plan d’eau de 5 hectares dans lequel je n’ais jamais bien réussis mes pêches. Les poissons ne sont pas très nombreux et la nourriture naturelle bien présente ; ce qui peu en faire un plan d’eau intéressant mais il est squatté par des pêcheurs alcoolo s’appropriant les postes à longueur d’année, ce que je déteste au plus au point.

Mais depuis le début d’année les choses ont bien changées : la société de pêche à fait le ménage, donc plus de troubles fête. Par contre ils ont pris une décision que j’ai du mal à comprendre : ‘’nettoyer’’ les berges de pratiquement tous les arbres et arbustes, ce qui laisse présager un carnage hideux.

Donc,  jeudi en rentrant de ma session, je fais un détour de quelques kilomètres pour vérifier le résultat ; et en effet c’est un carnage (photo 1, 2, 3). Pratiquement tous les arbustes sont coupés mais à 20cm du sol et rien n’a été vraiment ramassé. Par contre je constate aussi que l’eau est vraiment très clair et je peu voir le fond dans pratiquement 2m alors que d’habitude je ne peux rien voir même dans 50cm. Les berges sont aussi complètement désertes. Cool.

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Je me balade et fait le tour sans vraiment faire attention, c’est plus pour constater les dégâts que pour faire un repérage.

J’arrive sur un poste qui ma rapporté quelques poissons ainsi qu’à un ami. Une toute petite baie qui à l’époque était vraiment difficile d’accès à cause des arbres. Mais maintenant ce n’est plus le cas. J’aperçois à moins de 1m du bord une belle commune ; je suis vraiment surpris car c’est la première fois que je peux voir directement un poisson sur ce lac.

Bien qu’elle ce soit sauvé, je monte sur le seul tronc d’arbre encore debout et au bout de quelques minutes, elle réapparait. Je la regarde pendant un moment, mais malheureusement mon chef (ma femme) me rappelle à l’ordre, et je m’aperçois que j’ai observé la commune pendant presqu’une heure. Je cours quand même à la voiture pour récupérer des bouillettes pour pouvoir amorcer le poste.

Je choisi d’amorcer de la façon qui m’a le plus réussie sur ce poste : toute la petite baie et de façon très dispersée. Je mets à l’eau 1kg de n-gage en 24mm très dure. Je sais que le 24 mm n’est pas ce qu’il y a de plus instantané mais je n’ais pas prévu de pêcher avant le lundi et en plus la population de brèmes et de carassin est vraiment importante.

Le lendemain après-midi (vendredi), je suis de retour sur le poste pour voir si je peu encore voir le poisson ; et elle est toujours là ; en plus elle est accompagné par une miroir facilement reconnaissable grâce à des tâches blanches sur la tête et la gueule.

Par contre j’ai un doute sur la quantité de bille consommée. Je me mets debout sur le tronc et je peux voir qu’il reste beaucoup de billes au fond de l’eau. Je suis surpris car les n-gage m’on rapporté beaucoup de poissons depuis le début de l’année et au bout de 24h dans une eau à 14°C, une bonne partie aurais due être consommé, en plus la présence de poissons est avérée sur le poste.

Je ne comprends pas trop et je commence à faire une fixation sur ces 2 poissons. Je suis encore sous l’influence de l’article d’un auteur qui traitait du cibling et je me dis que je tenterais bien l’expérience sur ces 2 carpes. Même s’il ne sont pas très gros (j’estime la commune à une douzaine de kilos et la miroir un peu moins), ils constitueraient mes PB au moins pour ce lac et en plus la clarté de l’eau est une aubaine pour pouvoir vérifier quelques théories.

Pour l’amorçage de ce jour, je décide de concentrer 500gr de n-gage en 24 sur le coin le plus visité de la zone afin de pouvoir vérifier exactement combien de billes auront été consommées.

La première certitude qui va être balayé est celle du bruit produit par les appâts qui tombent à l’eau. Jai lu il y a quelques temps dans un magazine, une rotary qui traitée de l’amorçage au rappel. Les auteurs affirmés qu’un amorçage régulier finissait par attiré les carpes ; ce qui allait vraiment à l’encontre de mes opinions. Pour moi le moins on faits de bruit, le mieux c’est.

J’avais tout de même essayé dans un lac productif mais sans vrais résultats ; mais sûr une seule tentative, il est difficile d’être objectif.

Mais quand j’ai jeté mes 500gr de billes (quelques poignées), j’ai vu la miroir sortir de sa cachette et s’approcher à moins de 2m de l’impact des bouillettes. Attention, je ne l’ai pas vue se jeter sur les appâts mais au moins s’en approcher. J’étais vraiment sur le cul et perturbé. Mais ce n’est pas tout, il y pire par la suite.

 

Samedi 20 avril, toujours dans l’après-midi.

Je suis de retour sur le poste, je monte dans mon arbre. Nouvelle surprise : pratiquement aucune bouillette n’a été mangée. Je ne comprends vraiment pas ce qui se passe. Depuis maintenant 48h les appâts sont sur un poste où je vois des carpes de bonnes tailles et elles ne les mangent quasiment pas. La seule explication que je trouve et que je dois avoir trouvé une zone de tenue et non pas une zone d’alimentation. Je dois vous avouer que j’ai toujours été un peu réticent sur ces fameuses zones de tenue dont tout le monde parle. J’ai toujours pensé qu’une carpe qui trouve un appât sur une zone de repos devait tout au tard finir par le manger mais en fait il n’en est rien.

Je décide de ne rien rajouter au fond de l’eau et j’en profite pour faire des essais de mon montage. J’estimais que l’aspect camouflage aurait une grande importance dans cette eau limpide. D’habitude, je me concentre sur la matière et la longueur du bas de ligne que j’adapte au substrat. C’est pourquoi je passe  toujours énormément de temps à sonder, même sur des postes que je connais très bien.

J’avais choisis un corps de ligne en fluoro-carbone de 35/100 pour sa discrétion et sa résistance à l’abrasion ; un plomb in-line de 70gr car le fond était assez dur ; une tresse gainée de 20lbs pour 20cm de long et un hameçon pointe droite de 8, une bouillette de 18 coupée en deux et associé à une bille de liège coupée en deux pour équilibré le tout.

Je valide le fluoro car il est vraiment discret et le plomb in-line car il se camoufle bien sans s’enfoncer. Par contre le bas de ligne rejoindra ma collection dans la boite de rangement car je ne peux pas utiliser une esche que les carpes ne mangent pas avec confiance.

 

DIMANCHE 21 AVRIL  encore sur le poste ; trouver une méthode qui me permettra de prendre ces carpes devient une obsession.

Je vais tenter une approche avec de la farine. C’est ce qui est censé fonctionner quand rien ne va plus. J’ai amené deux mélanges différents : un que je mouille pour qu’il nuage et du mix n-gage mouillé à l’eau pour qu’il forme des boules résistantes.

Je cherche à voir les carpes mais je ne les trouve pas. Il faut dire aussi qu’il y a beaucoup de promeneur en ce beau dimanche et que le poste se trouve à moins de 10m du chemin. Ça rejoint enfin un test que j’avais fait samedi, en claquant mes pieds sur l’arbre, les poissons se sont sauvé toutes nageoires dehors. Au moins j’étais dans le vrai, il faut être discret pendant la pêche.

Donc je lance mon mélange nuageant et ensuite 4/5 boules bien compactes de mix. Moins d’une minute après les 2 poissons sortent de nulle part et s’approche à moins d’1m du nuage de particule. Elles sont visiblement excitées mais ne foncent pas dans les particules en suspension. Je suis content car il y a du mieux, je m’approche peut être de la solution.

Je lâche l’affaire pour aujourd’hui et retourne à la maison pour préparer ma première pêche sur le poste.

 

LUNDI 22 AVRIL : 14h. J’ai promis à ma femme que je ne partirai pas avant 16h mais je ne tiens plus et elle me libère.

Je me gare sur le premier parking situé à 500m du poste. Il en existe un autre plus près mais ça m’oblige à passer en voiture devant mon poste et je n’ai pas envie de mettre les belles en alerte.

Je dépose mon matériel bien en retrait, je ne place qu’une seule ligne et je m’arrange pour planter mes piques afin que la canne ne soit pas au dessus de l’eau.

Je dépose le montage constitué d’un plomb in-line de 70gr et d’un BDL type chod-rig mais pour l’adapté au plomb in-line, j’ai créé une rallonge de 8cm en tresse. (photo 4)

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Au moment de la dépose je vois que le fond à été labouré au point que le gravier est apparent par endroits et que pas mal de billes ont disparu. Je suis dans le vrai : soit  l’amorce à stimulé les carpes et elles l’ont dévoré ainsi que des bouillettes, soit c’est la fameuse concurrence alimentaire avec les blancs qui a joué en ma faveur. Je penche plus pour la deuxième solution, car quelques carassins se balladent alors que je n’en avais pas encore vu les jours précédents.

Pour mon piège, j’ai choisi une pop-up rose de la gamme hellraiser. J’ai pris avec cette bille beaucoup de poissons pendant l’hiver et j’ai vraiment confiance en elle.

Donc le piège est posé avec délicatesse et je lance mes boules d’amorces. Et là … rien, pas de carpes en vue mais au bout de 10min un banc de gardonneaux fonce dans le nuage de particules. Au bout de 2h, toujours pas de carpe en vue, même si je suis en retrait de quelques mètres, je peux tout de même distinguer mon esche rose, mes observations sont moins évidentes mais je devrais tout de même voir les carpes si elles passent.

Je vois passer quelques carassins qui ne piochent même pas dans l’amorce et qui n’ont rien à faire de ma séduisante bille.

Encore un mythe fracassé : les blancs ne sont pas des monstres pourfendeurs d’amorce avec la bave au coin de la gueule.

Ce n’est que vers 19h que je vois la commune mais elle passe à moins de 50cm sans prêter attention à ma pop-up. Et là je suis franchement vert.

20h30, des gros remous et des paquets de bulles remontes à environ 25m à droite de ma ligne. Le manque de luminosité et la distance m’empêche de voir si ce sont bien ‘’mes’’ carpes ou des autres. En tout cas je plie à 21h30 sans avoir enregistré le moindre bip, c’est en plus le premier capot de ma saison, je suis encore plus énervé.

En réfléchissant sur la route du retour, je me suis certain d’être sur une zone de tenue mais que peut être que la zone d’alimentation n’est pas très éloignée. Les poissons que j’ai vue s’alimenter à 20m du poste doivent  être les mêmes.

Changement de tactique prévue pour le lendemain : j’amorce précisément les  5m2  où j’ai vu les carpes manger.

 

MARDI 23 MARS : je suis de retour avec une canne pour sonder la petite zone.

Je contrôle si mes copines sont en ballade et elles sont bien là et même accompagnée par une autre commune plus petite.

Le fond est maintenant complètement à nu sur le m2 où j’ai déposé depuis quelques jours : bouillettes et amorce. Je suis content de voir que toutes les billes ont enfin disparues.

Avant de sonder je veux vérifier que l’impact de montage est bien négatif. Je laisse tomber le plomb de 100gr qui va me servir à sonder à 4 reprises d’environ 1m au dessus de la surface de l’eau.

Je pose la canne et les 3 poissons sont déjà venus voir se qui se passe. Depuis 4 jours j’ai l’habitude d’en prendre plein les yeux et surtout les méninges mais s’en est vraiment trop.

J’ai pris l’habitude depuis 20ans d’être le plus discret possible, de relancer  moins souvent et d’utiliser des plombs de petites tailles pour limiter le bruit ; et tout est balayé en moins d’une semaine.

Donc,  je sonde la nouvelle petite zone : elle est un peu plus profonde (un peu moins de 2m, plus vaseuse et quelques pieds de nénuphar qui ont bien du mal à pousser cette année. C’est sûr que ce spot doit contenir plus de nourriture que le précédent.

J’adapte mon montage à la situation en utilisant une tresse gainée de 15lbs plus souple que celle de 20lbs et je l’allonge à 25cm (l’amorce est un peu plus large et le fond moins dur).(photo5)

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J’amorce des n-gage en 18, 24 et des morceaux de bille. Ce mélange est bien plus stimulant que des 24 seules.

Je remplace le plomb in-line par un clip et un  plomb type grippa de 85gr. Il a l’avantage de moins s’enfoncer qu’une autre forme de poids égale.

 

MERCREDI 24 AVRIL : j’arrive à 14h.

Je prépare ma ligne bien en retrait de la berge, j’esche une bille de 18 et une bille de liège de 10 ; je découpe la bille jusqu’à ce que le montage soit parfaitement équilibré.

Je lance le montage en premier et ensuite l’amorçage constitué de 15 bouillettes de 18 et 2 poignées de bouillettes cassés en morceaux.

Je pousse le vice en jetant une dizaine d’appâts sur le poste précédent pour voir si les carpes vont s’y intéresser ; mais je ne vois rien.

 A 16h30 je vois une petit commune de 4/5kg en bordure à moins de 1m. Elle touche ma bannière pourtant bien plaquée mais ne semble pas s’en inquiéter. Attention je ne dis pas que dans sa tête un signal danger ne s’est pas allumé mais en tout cas rien dans son comportement ou dans sa nage  n’y a laissé paraître.

17h30 : quelques bips m’alertent  et je pense à une touche de blanc ou encore un poisson dans la bannière, mais moins de 2 secondes après la bannière se tend violemment.

Je ferre et en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, la carpe à traversé la baie et se trouve pratiquement en dessous des branches. Je la bride et elle se rend en moins d’une minute.

C’est la petite commune !!! (photo6) Je suis fou de joie. J’abrège la séance photo car elle est ronde  comme un ballon et prête pour le fraie.  Je prends le temps de la peser précisément.

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Bien que je pèse rarement mes prises, je voulais être sur de bien avoir apprécié son poids dans l’eau et je suis dans le bon.

Je suis sûr que c’était la bonne car vous me direz que rien de plus commun qu’une commune mais le poids correspondait à ma première impression, la couleur (jaune or) et aussi au lieu de rejoindre les arbres à droite de l’endroit où je la pique (moins de 3m), elle décide de faire 15m pour rejoindre sa tenue.

J’ai pris des dizaines de poissons de cette taille mais celui là à un gout vraiment particulier et je savoure cet instant. Je suis vraiment fier d’avoir cherché LA méthode qui m’a permis de la prendre.

 Je décide de remettre le poisson à l’eau à environ 200m de mon poste. C’et un ‘’toc’’ que j’ai depuis toujours, je ne veux pas remettre un poisson stressé sur le poste mais cette fois-ci je vais plus loin que d’ordinaire.

Il me reste quelques heures de pêche et je relance le montage même si je n’y crois pas trop.

Je n’aurais plus de touche jusque 21h30.

 

JEUDI 25 AVRIL :

La carpe avait rejeté  une bonne quantité de purée de bouillettes, signe qu’elle les mange avec confiance.

Je vais laisser le poste reposer pour que les poissons reprennent confiance ; j’amorce 1kg d’un mélange de n-gage en 18 et 24.

Je ne vois pas de carpes et même en jetant sur la tenue pas de carpes en vue.

Je vais renouveler l’amorçage une fois, 48h plus tard mais en y mettant cette fois ci 2kg toujours en 18 et 24 et rien du tout la veille de la pêche. Je pense aussi que ça va être dur de sélectionner un poisson en particulier car l’amorçage dure depuis une semaine et demi et doit intéresser pas mal d’autres poisson en plus ; bien que je n’en ais pratiquement pas vu.

 

LUNDI 29 AVRIL :

J’arrive  vers 9h. Je modifie légèrement le montage en rendant le clip plomb semi-fixe. Le plomb ne peut pas vraiment se bloquer dans un obstacle et le poisson ne risque rien. Je n’ai jamais essayé ce montage et comme j’ai eu quelques touches bizarres la dernière fois, ça vaut le coup de vérifier.

Je n’ai rien mis à l’eau la  veille pour créer un «manque». Les poissons ont l’habitude de trouver des appâts à cet endroit et je limite l’amorçage à quelques billes coupées en morceaux.

La ligne est placée précisément et accompagnée d’un flocon soluble ; dès qu’il apparait en surface, je lance une poignée de morceaux de bouillette. J’espère intéresser rapidement un poisson résident.

Et à 10h30 j’ai une touche. Je ferre et comme la commune, le poisson traverse la baie pour se réfugier sous les branches de gauche et se décroche. J’ai  franchement les boules, mais bon c’est ainsi et fait partie de la pêche.

Je replace le montage et relance un peu plus de morceaux de billes. J’enregistre pas mal de tirées qui à mon avis sont dues à des poissons qui se prennent dans la bannière : les herbes ont bien poussé en semaine et ma bannière n’est plus complètement plaquée sur le fond. Je relance la ligne un mètre plus près de moi pour que les poissons s’alimentent sans toucher le fil et mon montage se retrouve en périphérie d’amorçage.

18h ; jolie touche, je ferre et rebelote le poisson traverse la baie. Je bride et la carpe se rend quasi immédiatement.

C’est la grosse commune (photo7) et encore une fois, j’avais bien estimé son poids.

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Je relance même s’il est tard, mais je reprends le travail le lendemain et je compte en profiter au maximum.

Je replace le montage sans remettre d’appâts en espérant une autre touche.

Et à 20h; re-touche pour une miroir toute petite (photo8) mais ultra combative de quelques kilos.

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J’aurai passé énormément de temps à observer mais au final peu de temps à pêcher.

J’ai pris 2 des 3 poissons observés et peut être que le poisson décroché était la miroir ; en tout cas j’aime le croire.

J’ai abandonné ce poste car l’eau été maintenant fortement teinté et ne permettait plus de voir le fond, rendant la pêche moins «passionnante». En plus l’eau approchait les 16°C et les carpes ne devraient tarder à frayer. Je devais préparer cette période.

 

Bilan

Cette période aura bouleversé pas mal de chose. Elle m’aura aussi complètement accaparé au point d’annuler tous les projets que j’avais sur d’autres lacs. J’ai revu beaucoup de choses dans mon approche même si je suis conscient que mes observations ne concernent que 3 carpes au comportement assez naturel car la pression de pêche est quasiment inexistante depuis un an et demi. Mais elle reflète tout de même la réalité de bon nombre de nos plans d’eau car les carpes ne sont aussi stressées que les firmes de pêches veulent bien nous le faire croire.

Elle m’a permis de confirmer plusieurs choses que j’applique tout le temps.

Premièrement quand une carpe se déplace même rapidement, provoque des mouvements quasi imperceptibles en eau calme et absolument invisibles avec des vagues. Quand vous faites du repérage, il faut être extrêmement concentré. Vous devez rester un long moment à fixer un seul point de surface. Faire le tour d’un lac de 10 hectares en ½ heure ne vous permettra pas de trouver les poissons à moins d’un coup de chance. Si vous ne pouvez pas rester longtemps, préférez le repérage d’une seule zone à la fois.

Deuxièmement  et j’en ai toujours été convaincu : voir les carpes c’est bien, trouver où elles mangent c’est 100 fois mieux.  J’ai pêché directement sur la tenue pendant 8h sans résultat ; je place un montage sur la zone d’alimentation et je prends un poisson en 2 heures. Pourtant ces 2 zones ne sont espacées que de 20m.

Troisièmement : le sondage très précis du spot pêché vous permet d’adapter votre montage et d’avoir une présentation de l’esche optimum. Je passe énormément de temps à sonder à la canne ou avec un plomb (en barque), même sur des postes que je connais très bien. Je place toujours un repère sur mon fil pour pouvoir relancer très précisément et ce même sur des amorçages de 100m de long et 50m de large.

Ensuite le pré-amorçage. Je le fait dans 95% de mes pêches.  Cet exemple est encore plus révélateur : je n’avais jamais introduit le n-gage dans ce lac et même si j’ai pris énormément de poissons avec cette bille partout ailleurs, il a fallut aux carpes 24h pour goûter les appâts et 48h pour les accepter complètement. Je n’ose même pas imaginer le temps qu’il faut avec un appât médiocre et je ne suis même pas sûr qu’elles l’acceptent vraiment. Je pense aussi qu’utiliser tout le temps le même appât dans un lac est vraiment un avantage car les poissons rencontrent régulièrement votre bille et sont plus en confiances.

Et enfin la gestion de la quantité d’amorçage et la fréquence. Je préfère limiter la quantité au premier amorçage et j’applique un repos de 48h entre le premier et le deuxième amorçage  afin d’être sûr de ne pas empiler des billes sur des billes non consommées. Par contre, j’augmente la quantité mise à l’eau à tous les amorçages suivants car plus de poissons si intéressent et afin de rassasier tout le monde. Un break de 48h avant la pêche est aussi important car il provoque «un manque» et une touche rapide.

Par contre, j’ai aussi pas mal de choses à vérifier qui pourraient améliorer ma pêche.

La plus surprenante est le bruit. Pas celui causé par la marche mais celui de l’amorçage et j’élargirais jusqu’à l’impact du montage. Je vais faire des tests toute cette année : je pêche quasi tout le temps à 2 cannes ; en les décalant suffisamment l’une de l’autre et en appliquant un amorçage en rappel sur l’une et une pêche plus classique sur l’autre, je pourrais en tirer des conclusions. Le plus troublant à quand même été de voir une carpe s’approcher d’un plomb qui viens de tomber à l’eau, même si on a tous pris des carpes dans cette situation, il faut dire que c’est assez rare.

Deuxièmement, l’utilisation des liquides de nappage pour les pêches de quelques heures ou sans pré-amorçages. D’après mes observation même une très bonne bouillette n’est pas instantanée, je n’en doutais pas mais j’estimé que c’été plus rapide. Pour être détectée, une bouillette doit se solubiliser ; c’est-à-dire que l’eau doit pénétrer dedans. Mais à cause de la croûte créée par la cuisson, cela peu prendre du temps.

Je n’ai jamais aimé utiliser de liquide de trempage. Je suis sûr qu’il ne résiste pas au lancé et tout est perdu avant que la ligne ne touche le fond. Mais s’il vous pratiquez un nappage quelques heures avant la pêche sur  tous les appâts, il aura le temps de pénétrer la bille et de se diffuser pendant un moment au fond du lac. Je vais tester quelques produits du type : feedstim XP, CSL… et j’espère de bon résultats, en tout cas j’y crois. Peu être aussi qu’ils pourraient aider une carpe à s’intéresser à un nouvel appât et en réduire le temps d’acceptation.

J’ai aussi quelques déconvenues : j’ai toujours pensé qu’une bouillette fluo été vraiment irrésistible surtout en eau très claire. Voir passer une carpe et même des carassins à quelques centimètres d’une single-hook bait que je considère comme extrêmement efficace sans s’y intéresser est très frustrant. Le stimulus visuel n’est peut être pas aussi radical que je le pensais.

En tout cas je pense que les pêcheurs qui pratiquent en eau limpide ont une chance incroyable. Ça m’a permis d’aller bien plus loin dans mes observations et rends la pêche encore plus intéressante. Lors de mon amorçage du samedi 27, l’eau avait retrouvé sa couleur normale et je ne voyais plus le fond même dans 50cm et j’étais franchement dessus.

Par choix, je me suis contenté d’essayer des bouillettes ou des appâts que j’utilise en single hook, pas de graines ou de pêche en stalking avec des asticots ou autres car ils ne représentent qu’une toute petite partie de mes pêches.

Je voudrais aussi revenir sur le «cibling» : je vous souhaite à tous d’essayer. La traque d’une carpe en particulier  est prenante au point de calculer encore et toujours pour arriver à ces fins. C’est un genre de pêche extrême mais accessible à tous.

 

 

 

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