Quelle est la place du black-bass dans le biotope français ?

L’Espagne est LA destination phare pour la pêche du black bass en Europe. De retour de ce pays magique où les densités font rêver, nous n’avons pas manqué de nous poser de nombreuses questions, sur la place du bass en France. Pour avoir passé en revue de nombreuses eaux européennes, et fraîchement revenu d’Espagne, je me suis livré à une petite réflexion sur la place du black bass dans notre écosystème français. L’année dernière, je suis parti 2 fois en Espagne, cette année 3. A chaque fois, de très nombreuses constatations se sont dégagées et les conclusions se sont empilées, de manière empirique certes, mais de façon incontestable. Là-bas toutes les espèces de carnassiers se côtoient et les interactions constatées sont surprenantes.

Place du black-bass dans le biotope en France
Le black bass reste dans la majorité des cas le faire valoir des déplacements en Europe du sud.
D’après AE Bass, il apparait comme un acteur économique indispensable des localités rurales espagnoles.

Black bass vs Brochet

En France, on oppose volontiers brochets et black bass. Je me souviens des remarques sceptiques qui ont accompagnées les premiers empoissonnements en black bass des grands lacs du sud-ouest (principalement à Lacanau et à Cazaux). Ces remarques étaient d’autant plus pernicieuses, qu’elles provenaient de notre propre camp, celui des pêcheurs de bass : « mettre des bass, avec tous les brochets qu’il y a ? ».

Ceux qui ont de suite pensé que le bass souffrirait de la concurrence du brochet n’ont jamais voyagé pour pêcher le brochet ! Car si les lacs du sud-ouest sont correctement pourvus en brochets, il ne faut pas non plus déconner : on est quand même loin des densités qu’il peut atteindre ailleurs. Le lac de Lacanau est peut-être un des meilleurs lacs de France en ce qui concerne le brochet, mais au niveau européen, il reste un lac moyen. Il ne faut pas croire trop hâtivement que parce qu’un lac fournit de nombreux brochets aux pêcheurs, c’est que la densité y est exceptionnelle…

Sur ces lacs du sud-ouest peu profonds, en pente douce, la capturabilité des brochets est très importante, peut-être une des plus importantes de France : il est impossible de ne pas passer son leurre devant un brochet ! De plus, les pêcheurs sportifs relâchent quasiment tous les brochets qu’ils prennent et de nombreux poissons records se sont fait capturés plusieurs fois dans l’année. A Lacanau, sur le Léman, et sur de nombreux autres spots moins connus, les brochets se font prendre 3 à 4 fois par an, de quoi faire croire à des densités phénoménales ! Mais en réalité, les brochets ne sont pas aussi nombreux que les pages Facebook nous le font croire…

Lac d’Orellana en Espagne, tous ceux qui s’y sont rendus sont d’accord sur un point : la densité de brochets est véritablement phénoménale ! Je rajouterai même qu’il s’agit très probablement de la plus grosse densité de brochets d’Europe, pour un lac (je fais un cas particulier de la mer Baltique). Lors du dernier Open de Lucio (une compétition de pêche du brochet réunissant 80 bateaux, soient 160 pêcheurs), nous avons capturés avec Greg 32 brochets maillés ! Et les autres bateaux en ont aussi capturé plein ! Et je ne parle pas des nombreux guides qui travaillent sur le lac ! Je ne pense pas qu’il existe un autre lac tel que celui-ci en Europe. Pourtant les black bass y sont nombreux et très gros. Pour en avoir discuté avec Stéphane Quinton (Extremadura Pro Fishing) qui guide sur le lac, les black bass sont le fourrage principal. Les brochets ciblent tantôt les ablettes, tantôt les écrevisses, mais la plupart du temps, ils se focalisent sur les boules de bass de l’année qui se concentrent entre 8 et 14 mètres de fond. Les brochets que nous avons capturés là-bas dégueulaient des baby bass ! Mais d’après Stéphane Quinton, le prochain record d’Espagne du bass sera battu à Orellana.

Alors oui, les brochets mangent les black bass, mais ils n’empêchent nullement leur développement sur le lac. Il se prend d’ailleurs chaque année plusieurs poissons dépassant les 3 kilos et ceux qui veulent pêcher le bass à Orellana peuvent espérer en capturer plus de 10 par jour, ce qui dépasse largement les scores actuellement réalisés en France.

Tout ceci pour bien comprendre que :

  1. la présence de brochets n’entrave en rien le développement des black bass
  2. la présence des bass n’entrave en rien le développement du brochet.

Donc la présence de brochets ne doit pas être un obstacle à des déversements de bass, bien au contraire, car la présence de grands brochets permet de réguler certaines grandes espèces, bien plus néfastes à son développement, notamment les brèmes.

Mais on peut aussi citer le lac de Cijara, assurément le lac le plus densément peuplé en black bass de toute l’Europe, et dont la population de brochets se porte excessivement bien, vous vous en doutez : avec tous ces black bass à manger ! Ces grands poissons mangent des ablettes et des écrevisses, mais aussi et surtout des bass ; dans le lac de Cijara, les brochets grandissent à vitesse grand V. Il se murmure même que le prochain record d’Espagne de « lucio » s’y trouve déjà. Et nous pourrions en dire autant du lac d’Allange, de Garcia de Sola et de nombreux autres « embalses » que nous ne connaissons pas encore.

Place du black-bass dans le biotope en France
Black bass et brochets peuvent cohabiter, Orellana en est l’exemple

Black bass vs Sandre

Alors au vu de ce constat d’une parfaite cohabitation interspécifique, nous nous sommes posés cette même question au sujet du sandre : quel lac espagnol recèle conjointement une grosse population de sandres et une grosse population de black bass ?

Et bien, nous cherchons encore la réponse… Pourtant nous avons posé cette question à quelques figures bien renseignées qui arpentent l’Espagne depuis de nombreuses années.

Si l’on interroge Jésus Exposito, le président de AEBASS, autant il affectionne le brochet, autant son avis sur le sandre est lapidaire : « l’arrivée du sandre sur le sol espagnol est une catastrophe écologique ! », explique-t-il. Et cet avis, il y a longtemps que je cherchais à l’entendre dans la bouche de quelqu’un d’autre que les ingénieurs du CSP dans les années 80.

En effet, quand dans les années 70-80, le sandre a entamé sa conquête de la France, déjà quelques ingénieurs du CSP s’inquiétaient de la concurrence dangereuse qu’il allait imposer aux autres espèces de carnassiers et notamment au black bass, bien installé dans certaines régions de France à cette époque.

En Espagne, partout où les sandres ont explosé, les populations de black bass se sont effondrées : Caspe, Santa Anna, Fayon, etc. Les exemples sont nombreux et le scénario reste identique : les bass sont là, les touristes allemands débarquent et les premiers sandres avec, la population de ces derniers explose alors (les sandres, pas les allemands !), on prend bientôt plus de sandres que de bass et 5 ans plus tard, les bass sont décimés.

L’explication est simple. Le sandre fraie un mois avant le bass. Ses alevins deviennent piscivores très tôt et se repaissent en premier des alevins de bass avec lesquels ils vivent en banc. Ces bancs d’alevins (bien visibles au sondeur en été), ne comptent en fin d’été plus que des sandres : les bass, plus petits car plus jeunes ont été dévorés !

Autre problème, la différence de leur taux de fécondité : le black bass est 7 fois moins prolifique que le sandre qui pond 200 000 œufs par kilo de femelle, tandis qu’un bass n’en pond que 8000. Lorsque l’on sait qu’un sandre pèse en moyenne trois plus lourd qu’un bass, on comprend mieux le phénomène : les sandres nés un mois plus tôt anéantissent de façon quasi totale les jeunes black bass ! C’est pourquoi l’on se retrouve avec des populations de black bass très faibles, très localisées, uniquement inféodées aux zones désertées par les sandres que sont les zones shallow : les ports, les marais et les berges encombrées.

Mais lorsque Jésus invoque une « catastrophe écologique », il argumente en invoquant une chute drastique des populations de poissons-proies, consécutive à l’explosion démographique des sandres. Car le sandre possède une caractéristique propre aux percidés : un indice de conversion lamentable, on pourrait même dire de façon provocatrice, anti-écologique !

Place du black-bass dans le biotope en France
La cohabitation semble plus délicate avec les percidés et plus particulièrement le sandre dont le rythme biologique et le comportement des juvéniles impactent négativement les populations de black bass.

Black Bass France

Tout le monde connait aujourd’hui l’impact du black bass sur le marché. L’enquête de la FNPF le souligne également en montrant que la pêche aux leurres est une branche de l’activité pêche dynamique, l’une des rares avec la pêche à la carpe. Pourtant, force est de constater que comme les parcours de pêche de nuit, les plans de gestions et les empoissonnements en black bass sont bien peu nombreux. Aussi, l’association Black Bass France encourage tous les amateurs de pêche aux leurres à prendre contact avec sa fédération pour lui faire part de ses souhaits en termes d’orientation du produit pêche.

Un indice de conversion anti-écologique

Qu’est-ce que l’indice de conversion (IC) ? C’est un coefficient qu’utilisent les pisciculteurs pour mesurer la rentabilité d’une espèce. Il s’agit de la quantité d’aliment divisée par le gain de poids. Autrement dit, c’est la quantité de nourriture qu’il faut apporter à une espèce pour qu’elle grossisse de 1 kilogramme.

Ce n’est pas un secret : le sandre partage avec la perche l’indice de conversion le plus important du règne piscicole. Quand il faut 5 kilos de poissons fourrage à un brochet, à un bass ou à un silure pour grossir de 1 kilo, il en faut 14 à 20 au sandre !

Un sandre détruit jusqu’à 20 kilos d’ablettes pour grossir de 1 kilo ! Le cauchemar des pisciculteurs… Une étude récente sur le Lot a mis en évidence ce mauvais indice du sandre. Au départ censée évaluer la prédation du silure, cette étude a rapidement pointé du doigt le sandre qui, avec son fort taux de fécondité et son mauvais IC, est l’espèce toute désignée pour le titre peu enviable de prédateur public numéro 1 de la rivière, loin, très loin devant toutes les autres, silure y compris.

Si le sandre se révèle être un fléau, le bass en est sa première victime. Les sites où les sandres ont du mal à éradiquer les bass, ce sont les étangs, lacs et rivière parsemés d’herbes et d’obstacles. Car tandis que les nuées de baby zander gagnent bien vite les profondeurs (où ils se repaissent des baby perches), les baby bass restent stationnés dans les herbiers, où ils ne sont la proie que des hérons et des brochetons, des adversaires moins dangereux au demeurant. Les lacs de barrage où les sandres se reproduisent deviennent vite des déserts et l’on comprend à présent pourquoi les retenues du centre de la France sont loin, très loin de proposer la même productivité globale que leurs homologues espagnols.

Paix à leurs sandres…

Place du black-bass dans le biotope en France
Attention à prendre soin des juvéniles, la reproduction est dans la majeure partie des cas, le seul moyen de recrutement des effectifs de black bass. En attendant un effort des AAPPMAs et des Fédérations.

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6 Commentaires

  1. Orellana n’est pas forcément un bon exemple de cohabitation. Il y a assez peu de bass, enfin il y a une petite population assez localisée (amont du lac) par contre ils sont énormes. La prédation du brochet y est sûrement pour beaucoup. Reste que ces grands lacs espagnols ne reflètent pas les conditions de pêche en France (climat, qualité d’eau …) Sur des petits plans d’eau, brochet et bass sont en concurrence, il faut donc souvent choisir entre les deux (le brochet anéantit souvent son copain)

  2. Très bon article, bravo. Dommage que l’article ne soit pas signé.

  3. Comparons ce qui est comparable. Il n’y a que trois espèces de poissons? Votre analyse est partielle et grossièrement orientée.

  4. Très bon article, c’est avec ce genre de comparaisons dans l’écologie des espèces et leurs combinaisons que ça devient intéressant.

    Je remarque que nos écosystèmes aquatiques d’Europe occidentale sont si pauvres en poissons indigènes (à cause des ères glacières), qu’on peut dire que chez nous, l’introduction de nouveaux poissons exotiques constitue bien plus souvent une amélioration de l’écosystème qu’une dégradation, ça ne fait disparaitre aucun poisson indigène mais ça complexifie l’écosystème. Même le poisson chat et la perche soleil n’ont pas réellement causé de déséquilibre durable et ont fini par trouver leur place après une explosion démographique passagère (et peut être qu’à l’avenir l’introduction d’autres poissons pourra aider à mieux les réguler…). Chez nous les catastrophes du style de celle de la perche du Nil dans le lac Victoria semblent peu probables. Le lac Victoria c’était un écosystème si riche et complexe, si ancien surtout (espèces à spécialisations très pointues), qu’un bouleversement brusque dans la chaine alimentaire par l’introduction d’un superprédateur généraliste comme la perce du Nil ne pouvait qu’y causer une catastrophe avec la disparition définitive de très nombreuses espèces très spécialisées. Les eaux douces d’Europe occidentales au contraire sont si pauvres au départ (issue d’une recolonisation de quelques espèces survivantes et opportunistes venues d’Europe du sud durant l’Holocène) que l’introduction de nouvelles espèces ne cause pas de disparition chez nous, les espèces indigènes ayant un large spectre en terme de niches écologiques, elles se rétractent un peu (voire très peu) mais ne disparaissent pas, et il y a même beaucoup de niches écologiques importantes qui étaient carrément vacantes (comme celle que le silure à conquise: la place du régulateur des grandes brèmes, moyennes carpes, carassins, qui nous manquait cruellement avant l’arrivé des silures, et il est loin de les avoir fait disparaitre).

    Je dirais que, du fait que le black bass comme le Sandre sont deux espèces introduites, le fait qu’une des deux espèces l’emporte sur l’autre dans un milieu donné ça n’a pas beaucoup d’importance en soit pour l’écosystème, sauf pour les pécheurs de loisir qui y avait prit leurs habitudes, ou du point de vue de la pêche productive (le Sandre étant moins productif à cause de son indice de transformation des protéines comme vous l’avais précisé, il est moins rentable pour l’homme). Le black bass a tout de même trouvé sa niche écologique, tout simplement celle qui est la sienne dans sa patrie d’origine: les marécages peu profonds, peu fréquentés par le Sandre (il y a des trois espèces de brochets, dont le même que le nôtre, et deux espèces de sandres en Amérique du nord). Si le Black bass n’a pas résisté au Sandre dans ces lacs de barrage espagnols c’est simplement parce que ce n’est pas du tout le milieu adapté pour le black bass, alors que le sandre est très adapté aux eaux profondes avec peu de végétation, il a naturellement prit le dessus dans ces lacs, et c’est très bien, ce n’est pas un déséquilibre écologique, c’est un retour à une certaine normalité: le back bass n’a pas trop sa place comme espèce dominante dans des lacs de barrage, il n’y a sa place que dans les cachettes de bordure.

    Si on veut développer le black bass en Europe, c’est dans les marais et les systèmes d’étangs peu profond des plaines alluviales, qu’il faut l’introduire, avec de l’eau claire (lutter contre l’eutrophisation), beaucoup de végétation aquatique, de vastes zones plates avec faible profondeur d’eau (non accueillantes pour le sandre), des fourrés de saules entrecoupé de zones ensoleillées, des arbres effondrés, etc. On peut créer ou restaurer ce type de milieu si nécessaire là ou c’est possible, ce sera bénéfique pour toute la biodiversité. Le black bass y sera en harmonie avec le brochet qui est également mieux adapté à ce type d’environnement qu’aux lacs de barrage. Les lacs de barrage c’est la place naturelle du sandre.

    Le sandre a cependant trouvé son utilité écologique dans les eaux françaises: les sandres de petites et moyenne taille régulent les jeunes perches vivant en zone pélagique, qui sont trop nombreuses, et permet ainsi qu’un moins grand nombre de perches soient recrutées pour l’age adulte, elles peuvent ainsi grossir mieux car elles ne seront pas bloqué dans leur croissance par le manque de ressource. Le nanisme des perches c’était une calamité presque partout en France. Le sandre participe à éviter ce nanisme des perches et permet à d’autres espèces de poissons de se développer (car moins concurrencés par les perches). En Europe de l’est (bassin du Danube) c’est surtout le petit sandre de la Volga (Sander volgensis) qui joue ce rôle de régulation des jeunes perches, les grands sandres (Sander lucioperca) mangent un peu de tout mais plutôt des grémilles (trois espèces) et des gobies (après le grémille, les gobies commencent à nous envahir, le sandre va être très utile pour les réguler, avec le silure).

  5. D’accord avec Fraxino sur la nécessité de ne pas stigmatiser les espèces introduites…
    … pour autant de la à encourager l’introduction d’espèces exogènes, voir exotiques, il y a un mur a ne pas franchir.

    En effet, si le black-bass est une espèce qui s’est bien acclimaté (poisson thermophile, niche écologique singulière), l’histoire est riche de cas d’introductions d’espèces, accidentelles ou non, préjudisciables pour les milieux : écrevisses exogènes et leurs patologies, le pseudorasbora, le cristivomer, anguillicola crassus, la Jussie, la renoué du Japon, etc.

    C’est peut-être pas un cas d’école comme la perche du Nil, mais c’est très préoccupant et ça coute déjà des millions à l’état. Bref, les rivières ne sont pas des aquariums, n’hébergent pas QUE des poissons, les interactions sont beaucoup plus complexes…
    Il faudrait peut-être arreter de jouer aux apprentis sorciers!

    De surcroit, si certaines de ses espèces introduites progressent autant (silure par ex) c’est qu’elles sont plus à meme de supporter les degradations de nos ecosystemes et le rechauffment climatique. Elles recuperent des places laissées vacantes, part d’autres espèces, le brochet notamment (recalibrage des cours d’eau, deterioration de la qualité, etc.) à la manière d’un jeu de chaise musicale.

    Alors la solutions est-elle d’ores et déja de retrouver des remplaçants ? Ou devrions nous songer d’abord à réabiliter nos milieux aquatiques ?

  6. Article offrant quand meme un effort de documentation. Pour autant très orienté et aucune sources n’est renseignées…

    Les écosystèmes sont plus complexes que « quel predateurs prend le pas sur un autre ? ». Pour ce qui est de la différence de productivité en Black-bass entre lacs espagnoles et centre de la France… le climat y est pour beaucoup !!!

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