Philippe Carrière, l’homme qui murmure à l’oreille des poissons

 

Tu peux te présenter à nos lecteurs ?

Philippe Carrière
Philippe Carrière

Salut à toutes et à tous, je m’appelle Philippe Carrière, j’ai 40 ans et je vis dans le département de l’Hérault, en plein milieu précisément. Je suis diplômé d’aquaculture et aussi BPJEPS. Je suis actuellement salarié-entrepreneur au sein de l’ARIAC.

 

 

 

Comment as-tu découvert la pêche ?

J’ai découvert le monde des rivières à l’âge de 8 ans avec mon père qui m’a appris à aimer tous les styles de pêche et m’a fait découvrir tous les poissons et leurs habitats.

 

Qu’est ce qui fait que tu as aimé cela, qu’est ce qui te rend accroc ?

Le moment dont je me souviendrai toute ma vie est le premier brochet que mon père et moi avons raté, cela m’a rendu accro définitivement.

Le bord de l’eau est devenu ensuite un refuge pour moi. A  l’âge de 17 ans, j’ai perdu mon paternel. En plus de la passion de la rivière, il m’a aussi donné la passion de la plongée et de la photo subaquatique.

Je pense que sans ces circonstances je ne serai jamais devenu ce que je suis.

 

Tu as des anecdotes sympas à nous raconter que tu as vécues au bord de l’eau ?

J’en ai tellement que je pourrais écrire un livre. Je vis au bord de l’eau depuis 30 ans et il m’en est arrivé de bien belles. Dans ma jeunesse, je pêchais le Lez à Montpellier, voici 3 rencontres…

Un jour un mec pas net s’est assis derrière moi dans les fourrés en se cachant, pas rassuré j’ai décidé de partir de ce coin, et en passant pas loin de lui, j’ai remarqué qu’il se touchait en me mâtant … a 15 ans ça fait tout space!

Une fois, alors que je me faisais contrôler sans permis, je faisais remarquer au garde qu’il y avait un extincteur de pompier caché sur la berge… Du coup, il en a oublié de me verbaliser !

Toujours au même endroit je suis tombé sur un corps noyé alors que je pêchais au leurre du bord, les rencontres sur cette rivières furent assez bizarres, je dois bien l’avouer.

Bass à contre-jour
Bass à contre-jour

Mais mes plus belles anecdotes sont les prises de mes plus beaux fish, mon record bass par exemple :  en 1983, un lancer (rapala original 5F) qui est tombé sur la tête d’un  poisson qui dormait en surface, le combat qui s’en est suivi (avec un ultra light à truite en bambou … ) m’a traumatisé, depuis chaque gros bass que je pique me rappelle ce moment de flip total.

 

 

Underwater

Tu plonges dans quel genre d’endroits en règle générale ?

Ablettes en banc
Banc d’ablettes

Je plonge partout où l’eau est suffisamment claire, de la micro gravière, au lac de 5000 Ha, du ruisseau à écrevisses au fleuve. Je n’ai pas de terrain de prédilection, la turbidité de l’eau est mon seul critère.

A force de chercher des spots, j’ai appris à quel moment de l’année je dois aller les plonger et quels poissons sont susceptibles de se trouver à ces endroits-là.

 

Tu as quoi comme matériel ?

J’ai deux types de matériels distincts. Un ensemble pour l’hiver et un autre pour l’été. Cela comprend : combinaison de différentes épaisseurs en fonction de la saison, masque, tuba, palmes, chaussons, gants, lestage et bien sûr mon appareil photo. En ce moment, un SONY A65 et un objectif SYGMA 24 mm dans un caisson ikélite.

 

Tu donnerais quoi comme conseils à ceux qui voudraient se lancer en plongée ?

D’avoir en permanence avec soi, l’été, un masque et un tuba et de ne pas hésiter à se jeter à l’eau pour aller explorer l’onde si celle-ci est claire. Il faut toutefois pratiquer le snorkeling à deux car de nombreux pièges peuvent faire paniquer les débutants (racines d’arbres immergées, embâcles, herbiers, courants). Je répète, la prudence est de mise.

 

Quelle est l’anecdote la plus insolite vécue sous l’eau ?

Cet été j’ai rencontré une énorme femelle brochet borgne (1,20m up) que j’ai pu approcher de très très près grâce (ou à cause) de son handicap. Je suis tombé aussi au fond du lac du Salagou sur une dalle en béton sur laquelle trônait une cuvette WC, vestige du baraquement des ouvriers qui datait de la construction du barrage du lac.

 

Est-ce que le comportement de certains poissons t’a étonné parfois ?

Duo de sandres
Duo de sandres

Le comportement du sandre est réellement énigmatique. Ce poisson me surprend quasiment à chaque fois que je le rencontre mais pour analyser toutes ces approches, il faudrait encore écrire un livre.
Les deux premiers gros silures que j’ai croisés en surface m’ont bien fait comprendre que dans l’eau je n’étais pas à leur mesure.

 

Quels sont les poissons que tu apprécies le plus approcher, pourquoi ?

Le poisson qui me fait le plus rêver est le brochet. La rencontre avec de gros spécimens est très rare. D’un autre côté, pouvoir filmer le chabot du lez qui ne mesure que 2 cm (up) est aussi un moment que je recherche.

 

Tu as déjà eu peur ? Des frayeurs ?

Grappe de silures dans les obstacles
Grappe de silures dans les obstacles

Depuis que je plonge, je ne me suis jamais fait de frayeurs car je respecte un protocole de plongée très strict. Mais il m’arrive de volontairement faire grimper mon taux d’adrénaline en plongeant de nuit ou en chatouillant les moustaches des silures de 2 m.

 

Le monde de la pêche

Que penses-tu du monde de la pêche aujourd’hui ?

Je pense qu’une grosse partie du monde de la pêche ne prend pas la bonne direction. Etre dans le progrès permanent, le matérialisme absolu, la recherche du profit et l’élitisme vont, pour moi, à l’encontre de la philosophie de la pêche qui représente avant tout le contact avec la nature et le respect de la vie sauvage.

  la recherche du profit et l’élitisme vont, pour moi, à l’encontre de la philosophie de la pêche

 

Un coup de gueule à passer ?

Le «je-m’en-foutisme» et le manque de citoyenneté de certains pêcheurs qui laissent traîner au bord de l’eau par exemple leurs perruques de fil, leurs emballages. Sans parler des industriels et autres politiques qui sont pour moi tous à mettre dans le même panier de crabes. Le coup de gueule est pour moi très difficile à cibler tant pour moi il y a de coupables.

 

Un coup de cœur à passer ?
La jeune génération «no kill»,  me fait vraiment très plaisir, en instaurant la notion de fun dans cet art qui peut être si terne, et si sanglant.

La jeune génération «no kill»,  me fait vraiment très plaisir

 

Et pour terminer,  la question qui tue. Tu préférerais faire des apnées de 15 minutes ou passer le reste de tes jours avec Adriana Karembeu?

Je préférerais faire des apnées de 15 minutes qui me donneraient accès à toutes les sirènes de la Grande bleue…

 

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Filfish

 

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3 commentaires

  1. bravo pour cette publication sur filfish, c’est important pour les lecteurs de comprendre les traits de vie de ces personnes passionnées ! et surtout de mettre en valeur leur travail !

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