Pêcher les grands lacs du Morvan

Avide de grands espaces et d’exotisme, bon nombre de pêcheurs s’envolent au delà de nos frontières pour y découvrir des lieux majestueux et y assouvir leur passion, à la recherche d’authenticité et de poissons fabuleux. Pourtant, nous sommes tous entouré de lieux magiques. Des endroits exceptionnels, capables de nous procurer des sensations analogues. En ce qui me concerne, c’est le Morvan. Jadis Morvand, d’origine celtique, signifiant la montagne noire. Un parc naturel, au coeur de la Bourgogne, qui a su garder sa véracité. Un milieu riche en ressources naturelles où la vie peut y être rude et qui offre d’infinies possibilités d’évasions. Entre collines de granites boisées et vallées encaissées, le réseau hydrographique y est considérable, offrant une diversité importante de biotopes pour y satisfaire notre passion. Lacs, étangs, rivières et autres ruisseaux abondent et abreuvent ce sanctuaire sauvage et préservé !

Le lac des Settons

Pêche dans les lacs du Morvan
Couché de soleil sur le lac des Settons

Rendu nécessaire pour le flottage du bois, pour Paris notamment, qui est en pleine mutation dans la seconde partie du XIXe siècle, la construction du barrage débute en 1854 et durera 4 ans. Il est alors le premier lac artificiel de France. Sa superficie est de 366 hectares, le barrage construit en blocs de granite, s’élève à vingt mètres de hauteur et ne tient debout que par son propre poids. Alimenté par la Cure il achemine jusque dans les années 1920 des tonnes de bois avant d’être laissé à l’abandon. Le bois laissant place au charbon. Aujourd’hui, le tourisme et la pêche en font un lieu incontournable dans la région. La moyenne d’eau de 6 mètres en fait un lac agréable et facile à pêcher. Très prisé par les carpistes, avec un accès aisé et la possibilité de s’y installer pour de longues périodes (campings, parcours de nuit). C’est aussi un terrain de jeu fabuleux pour la pêche du carnassier, du bord mais surtout en bateau. Brochets, perches et sandres y font légions. Dans les années 1930, les vallées de la haute Yonne, de la Cure et du Chalaux vont accueillir un autre type de barrage. Ceux là sont destinés à la production d’électricité, à l’approvisionnement en eau potable et à la régulation de débit des affluents de la Seine afin de protéger la capitale de crues majeure comme celle de 1910.

Le lac du Crescent

Pêche dans les lacs du Morvan
Brume matinale sur le lac du Crescent

De 1929 à 1932 la construction du premier barrage hydro-électrique de la région bat son plein. 165 hectares, 37 mètres de haut et 320 mètres de long. Des mensurations imposantes au confluent de la Cure et du Chalaux. Le visage de la vallée change et le mode de vie également. Complètement cerné par la forêt, flanqué de granite, il demeure sauvage et mystérieux. La pêche du bord y est difficile, surtout lorsqu’il est plein, mais elle est possible pour ceux qui n’ont pas peur de marcher. On y pêche essentiellement le carnassier en barque. Les populations de brochets, perches, sandres et silures y sont très bien représentées. Chaque années, des brochets dépassant le mètre y sont capturés. Le plus gros à ma connaissance mesurait 1,36m. Les sandres et les perches recèlent également au sein de leurs groupes des poissons records. Pour les carpistes, les emplacements bien que limités de nuit sont facile d’accès. Pour les plus aventuriers et en journée il faut crapahuté un peu. Mais les belles dames de ce lac se méritent et demandent patience et persévérance.

Pêche dans les lacs du Morvan
Moulin englouti

Le lac de Chaumeçon

135 hectares sur le lit du Chalaux, sa construction démarre en 1931 et durera 2 ans. Un barrage de 196 mètres de long pour 42 mètres de haut qui alimente une usine hydro-électrique. Cerné par la forêt, il s’étale sur 4 km pour 700 m de largeur. Un écrin naturel protégé par des abords très pentus rendant difficile son approche par la terre ferme. On le découvre essentiellement en bateau. Profond, 20 mètres en moyenne, c’est un petit paradis pour la pêche du sandre dont la population y est très importante. Le brochet, la perche y sont également bien représentés. La pêche de la carpe y est limitée, rendue très difficile par le manque d’accès.

Le lac de Pannecière

Bâti entre 1937 et 1949 sur le lit de l’Yonne, il s’étend sur 7,5 km du Nord au Sud. C’est le plus imposant des six lacs du Morvan. Un barrage de 350m de long pour 49 m de haut, se sont 520 ha qui alimentent une centrale hydro-électrique, qui régulent le débit de l’Yonne et qui alimentent le canal du nivernais reliant la Loire à la Seine. Bordé de granit, de forêts et de champs, c’est un paradis pour la pêche. Des sapins immergés et d’anciennes bâtisses englouties offrent des caches et garde mangés exceptionnels. L’alternance de falaises qui plongent dans ses eaux noires, de baies peu profondes, de hauts fonds laissant apparaître des îles lorsque le marnage est important, font de lui un lac qui n’a rien à envier aux grands espaces d’Amérique du Nord. Toutes les techniques de pêche du bord ou en bateau peuvent y être pratiquées. Tant au leurre, qu’à la carpe ou au poisson blanc.

Le lac de Saint Agnan

Érigé à la fin des années 60, il mesure 160 m de long pour une hauteur de 16 m. Ce lac de 150 ha présente la particularité d’être nourri par une petite rivière, le Cousin. Celui-ci change de nom à sa sortie du lac pour s’appeler le Trinquelin. Il conserve ce nom sur plusieurs kilomètres jusqu’à sa confluence avec la Romanée pour ensuite reprendre son patronyme de Cousin. Conçu pour approvisionner en eau potable près de 30 communes avoisinantes, il est également doté d’une usine hydro-électrique. C’est un lac en pente douce dont le fond est essentiellement sablonneux. Encombré de roches et de souches, qui lui donnent un air Irlandais, au niveau de l’ancienne digue. Son niveau d’eau constant d’une moyenne de 12 mètres, ses berges peu marquées font de lui un lac agréable et facile d’accès. Bordé de forêts et de prairies, la quiétude y est maîtresse. Halieutiquement riche, carnassiers et carpes y prospèrent et on les pêche aussi aisément du bord qu’en bateau.

Le lac de Chamboux

Le dernier des grands lacs du Morvan. Construit en 1985, il est séparé en trois plans d’eau par des digues et sert de réserve en eau potable pour les communes alentours. Le dernier mais également le plus petit. D’une superficie de 75 ha, il coupe la route du Ternin et a englouti un petit hameau et repris un ancien étang. Peuplé de carnassiers, notamment des brochets, il n’est pêchable que du bord. Toute embarcation y étant interdite. Son cadre magnifique, bordé de sapinières, offre un décor inégalable. Également très prisé des amateurs d’ornithologie. Ce lac n’a jamais été vidé depuis son inauguration par François Mitterrand. Ce qui lui confère l’inconvénient d’être un peu envasé. Cependant il recèle quelques poissons trophés.

Pêche dans les lacs du Morvan
Observation et patience tout en profitant d’un cadre magique !

Les grands lacs du Morvan s’offrent à vous pour la pêche

Vous l’aurez compris ! Avec six grands lacs, le Morvan offre aux pêcheurs de tous horizons un large panel de lieux, de décors et d’ambiances pouvant rivaliser avec les grands espaces que certains recherchent à l’étranger. Les pêcheurs en eaux vives ne sont toutefois pas en reste. Si ces lacs sont là c’est qu’il y a de quoi les alimenter. Toutes ces petites rivières qui les alimentent, sont propices à la pêche de la truite et de l’ombre. Des eaux riches en poissons et encaissées dans des vallées sauvages invitant à la ballade et à la méditation. Des eaux tumultueuses dévalant les collines de granit en torrent, ponctuées de cascades comme celle du saut du Gouloux. Des radiés sillonnant les vallées bordées de forêts de sapin ou de prairies. Chacun y trouve son compte. Le Morvan c’est la nature à l’état pur. Où à chaque saison le paysage se métamorphose. Des brumes écossaises au petit canada, le Morvan fait vibrer les coeurs. Chaque partie de pêche est une aventure, un émerveillement.

About the author

Frederic Froget – Morvan Fishing

Localisation : Avallon (89)
Profession : Facteur de cannes
Spécialité : Pratique toutes pêches
Partenaires : Europêche – Au fil de l’eau avallon 89 & Europêche Lepy Venarey les Laumes 21

3 commentaires

  1. Bonsoir, je fais partis de l’association Morvan carnassier et je suis tombé amoureux du Morvan voilà maintenant vingt-sept ans !
    Merci pour ce beau reportage.
    Un pt’it clin d’œil en passant aux Morvandiaux,ma région d’adoption…
    Fishing for all.
    Greg.

  2. l détail à mon avis tres important que n’a pas mentionné l’auteur concernant la peche sur ces lacs , est que la navigation est limitée avec un moteur thermique d’une puissance de 6 cv. de nos jours tous les bateaux équipés pour la peche sont motorisés minimun avec des 50 cv. ce détail doit limiter le nombre de pecheurs sur ces lacs.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Fermer
Fermer
103 Partages
Partagez103
Tweetez
Email