Pêcher en shore jigging

La pratique du jigging n’est pas exclusivement réservée à une pêche verticale. Nous avons par ailleurs pu constater qu’il est possible d’utiliser des versions légères pour pêcher dans les chasses. Mais il est possible d’hybrider les deux techniques, et de les pratiquer depuis le rivage, c’est ce que nous allons étudier dans cet article.

Pêche en mer en shore jigging
Bruno nous montre une belle « péla » capturée du bord

Comme nous l’avons vu lors des précédents numéros la technique du jigging permet de traquer une multitude de prédateurs et ce, finalement, à toutes les profondeurs. Que ce soit en lancer-ramener en pratiquant dans les chasses visibles depuis la surface, ou en verticale pour les concentrations visibles au sondeur. Nous avons pu également observer que concernant les jigs, leur atout majeur, outre leur armement, est leur poids qui joue un rôle essentiel. Leur densité extrême leur permet à la fois d’être propulsé à de grandes distances, mais également d’atteindre plus ou moins rapidement la profondeur de pêche désirée. Partant de ces principes, et dans certaines conditions il est donc tout à fait possible de pratiquer le jig depuis le bord.

D’ailleurs cette technique lors de ses prémisses en France fut tout d’abord utilisée par les leurristes, qui observaient des chasses qui n’étaient jusque-là pas accessibles avec les leurres durs traditionnels. Bien entendus certains pêcheurs trichaient en faisant usage de la fameuse « buld’o ». Ceci étant dit, les pionniers se sont rendus compte qu’il était possible d’atteindre des distances de plus de 80m sans effort, et sans adjonction de quoi que ce soit. En effet il faut reconnaitre que réaliser un combat en étant directement relié au leurre est nettement plus agréable. De même que l’impression des animations se fait sans contrainte, et de ce fait, les résultats qui suivirent furent sans appel.

A noter que les pêcheurs nippons pratiquent le shore-jigging totalement différemment. Certains ouvrages portuaires sont tellement profonds qu’il leur est tout simplement possible de capturer de gros sparidés en pratiquant quasiment en verticale !

Pêche en mer en shore jigging
Les dentis sont également présents sur nos rivages

Espèces capturées en shore-jigging

La majeure partie des poissons capturés avec cette technique correspond à des petits thonidés avec une mention particulière pour la pélamide (bonite rayée) qui n’hésite pas à s’approcher du bord pour satisfaire son appétit. De temps à autre des thonines se font également piégées ainsi que des bonitous. Maquereaux et sévereaux font également partie des captures courantes sur des leurres de petite taille. Plus rarement il est possible de capturer des loups (bars), mais les animations plus ou moins rapides ne sont pas en la faveur de leur prise. Barracudas, petites sérioles peuvent également venir croquer nos leurres. Enfin, en pratiquant au raz du fond des dentis de taille modeste et de gros sars sont parfois capturés.

Pêche en mer en shore jigging
Il arrive parfois de piquer de belles daurades
Pêche en mer en shore jigging
Voici un magnifique loup capturé par Laurent

Les postes de shore jigging

Comme vous vous en doutez cette pêche ne se pratiquera pas sur des zones peu profondes telles que les plages de sable, où la profondeur à une centaine de mètres du bord n’excède pas 5m. En fait l’objectif étant de pratiquer des secteurs régulièrement « chassés » par les prédateurs. Il s’agit ainsi de lieux spécifiques, qui constituent soit des zones de passages vers les secteurs d’alimentation, comme des caps rocheux ou des chenaux, soit directement des sites de chasse comme certains ouvrages, des falaises donnant sur des baies, etc. Ainsi, les éléments à prendre en considération sont : présence de poisson fourrage à proximité immédiate, et profondeur suffisante pour que les prédateurs puissent rester sur la zone suffisamment longtemps pour être pêchables.

Pour ce faire, il faut réaliser de la prospection visuelle. Si vous pouvez avoir recours à un bateau équipé d’un sondeur, il vous sera aisé de repérer les fameuses concentrations de poisson fourrage. Parfois celles-ci sont en déplacement et ne restent que peu de temps, mais il est également possible qu’elles stagnent longuement sur un secteur précis. A noter que certains hot-spots sont productifs tous les ans à la même période ; d’autres nécessitent des conditions météorologiques particulières telles qu’un vent ou un courant précis. Avec la pratique vous pourrez déterminer les caractéristiques de chaque spot.

Un repérage du bord est aussi intéressant : l’objectif étant de localiser les chasses visibles, soit par les gerbes d’eau que provoquent les attaques des poissons soit par l’activité des oiseaux à la surface. Dites-vous bien qu’ils ne sont pas présents à un endroit donné par le pur hasard ! Dans certaines conditions il est également possible d’observer les bancs de « mange » en surface : ils trahissent leur présence sous forme de tâche sombre correspondant au banc ; et par temps calme il est possible de les observer s’alimentant en surface.

Il ne vous restera plus qu’à pratiquer les secteurs repérés afin de déterminer les moments les plus propices pour obtenir des captures.

La profondeur de pêche quant à elle sera déterminée pendant la session. Bien entendu, si les chasses sont visibles la question ne se pose pas : c’est sous la pellicule d’eau que l’action doit se passer. Si rien n’est visible il vous faudra laisser plus ou moins descendre votre leurre afin de provoquer des attaques. Etant donné que la pêche ne se fait pas sur des profondeurs aussi importantes qu’en bateau, pêcher assez près du fond peut s’avérer être intéressant.

Pêche en mer en shore jigging
Il faut parfois crapahuter pour accéder aux bons spots
Pêche en mer en shore jigging
Un beau doublé de pélamides pour Bruno

Le matériel pour pêcher en shore jigging

Le shore-jigging nécessite un matériel particulier. En effet, il s’agit de propulser à grande distance des leurres pouvant aller jusqu’à 90gr dans les cas les plus extrêmes. Certains pêcheurs dépassent allègrement les 100m !

Ceci dit, une canne d’une puissance de 30 à 80gr fait office de passe partout. Mais pour des pêches à courte ou moyenne distance 20/50gr est parfaitement adaptée et suffisante. N’utilisez pas de matériel léger si votre secteur abrite de gros poissons sous peine de ne jamais arriver à les sortir ! La longueur optimale est de 3m. Elle représente le parfait compromis entre distance de lancer et capacité d’animation. Plus courte vous serez pénalisé par les distances de lancer, plus longue ce sera l’animation qui en pâtira. Contrairement à ce que certaines personnes peuvent évoquer il ne faut pas choisir uniquement votre canne en fonction de la puissance des poissons que vous recherchez, mais plutôt par rapport au poids des leurres que vous allez propulser. Une canne trop puissante ne pourra pas lancer des leurres légers et inversement.

Un moulinet léger avec une capacité de 300m de tresse est conseillé. Celle-ci aura une résistance adaptée à la puissance de la canne bien entendu. A noter que les tresse en 8 torons (X8) offrent une glisse pertinente pour atteindre de grande distance, en revanche la résistance à l’abrasion n’est pas intéressante et peut même s’avérer un piège si l’on pratique à partir de cap rocheux ou de falaise. Dans ces conditions, une tresse en 3 voire 4 torons offre un peu plus de résistance aux frottements vous permettant ainsi de sortir la plupart de vos captures. A noter que comme au lancer ramener, on utilise une tête de ligne plutôt courte pour faciliter les lancers, et en fluorocarbone, à la fois pour l’invisibilité, mais également pour sa supériorité en terme de résistance à l’abrasion. Il ne faut par ailleurs pas hésiter à utiliser de gros diamètres en cas de casse répétée.

Pêche en mer en shore jigging
Michael est un pêcheur reconnu dans la région, il est un des pionniers du shore-jigging

L’action de pêche

Elle consiste propulser votre leurre derrière la chasse ou la zone que vous souhaitez prospecter. Si l’activité se déroule en surface procédez directement à l’animation, en revanche si cela se passe plus en profondeur, il vous faut laisser descendre votre jig jusqu’à la bonne profondeur, voire au fond si la zone pêchée n’est pas trop encombrée.

Les animations sont plutôt rapides. En effet, étant donné que l’on pratique à l’horizontale et que les leurres sont extrêmement denses, pour rester dans la même couche d’eau il convient de donner au leurre une vitesse de nage importante. Ensuite il faut également imprimer une nage au jig par de plus ou moins grosses tractions sur la canne. Il peut s’agir de petites secousses rapides ou de jerks assez prononcés et donc à fréquence plus lente. Il est conseillé de varier les paterns d’animation pour cibler le plus d’espèces possible ainsi que pour provoquer des attaques sur des poissons méfiants. Ceci dit, vous allez  rapidement constater que certaines animations sont plus « payantes » que d’autres à certaines périodes, à vous de les découvrir afin d’optimiser vos résultats.

La touche peut parfois être discrète mais généralement demeure assez brutale. Il convient d’effectuer un ferrage sec et appuyé afin de s’assurer que l’armement se prenne bien dans la bouche des poissons.

Concernant le combat, si le poisson est piqué en surface, menez le combat normalement sans brutalité. En revanche si les touches ont eu lieu près du fond il convient de travailler le poisson en force afin que celui-ci ne trouve pas refuge dans les enrochements. Pour ce faire maintenez une pression constante et pompez rapidement dès que possible. Mais le point le plus important est de maintenir la canne toujours vers le haut afin d’éviter que votre bannière ne touche le fond et pour obliger le poisson à monter vers la surface. Malgré toutes les précautions il vous arrivera de perdre quelques poissons, mais cela fait partie du jeu. En revanche nous ne pouvons que vous conseiller d’avoir recours à une épuisette à large ouverture équipée d’un filet en nylon pour vous aider à mettre au sec vos captures.

Certaines sessions vous impressionneront car il est possible de faire des pêches plus qu’honorables avec des résultats proches de ce que l’on peut faire en bateau. Il convient tout de même de rester raisonnable sur vos prélèvements et de relâcher quelques poissons si les captures sont nombreuses.

Une pêche durable est une pêche raisonnable et responsable !

Pêche en mer en shore jigging
Il convient de toujours travailler le poisson en maintenant la canne haute

L’armement

Il n’y a pas de grandes nouveautés par rapport au vertical jigging. L’armement se fait toujours en tête du leurre. En revanche on privilégiera un armement double qui aura pour effet de mieux concrétiser les réussites au ferrage. Ceux disponibles dans le commerce sont parfaitement adaptés à cette pratique. De même que pour les animations rapides pour maintenir le leurre en surface, un hameçon simple placé sur l’arrière du leurre ne demeure pas superflu.

Pêche en mer en shore jigging
Voilà un exemple d’armement des leurres

 

3 commentaires

  1. bonjour,
    je ne comprends pas le fait que le shore jigging ne soit pas adapté aux plages de sables…. Habitant sur la côte dans le sud ouest, c’est une technique redoutable sur les prédateurs de cette zone, même si la profondeur est peu importante.

  2. Excellent votre site!
    Belle prises!
    la canne shore jiging sur la 4ieme photo avec « Il arrive parfois de piquer de belles daurades « vous pouvez me donner le model marque et puissance svp?+moulinet si possible?
    Merci d’avance
    Bonne continuation!

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