Pêche au Madaï Jig en finesse en mer
Un frein réglé au quart de la puissance de votre ligne vous permet de combattre de très beaux sparidés comme cette magnifique daurade royale.

Pêche en mer au Madaï Jig, pêchez plus fin pour réussir vos pêches!

Avec l’utilisation de lignes beaucoup plus fines pour toutes vos pêches au madaï, redécouvrez une technique particulièrement subtile et optimisez de manière considérable vos résultats.

La pêche au madaï jig se nomme également bay jigging. Une appellation qui fait référence à l’origine même de cette technique créée dans la baie d’Osaka à Kobé par le guide de pêche M. Izumi. Mais comme bien souvent avec les techniques japonaises, son adaptation aux eaux françaises ne s’est pas toujours passée avec intelligence. Il est ainsi fréquent dans l’hexagone de voir certains la pratiquer avec des tresses en PE # 2.0 (20 / 100) ou plus. Mais quel est l’intérêt d’utiliser de tels diamètres ? Au Japon, il est ainsi courant de pêcher avec des lignes en PE # 1.0 ou en PE # 0.8 pour cette technique. Certains pêcheurs nippons descendent même en PE # 0.6 pour la pratique du bay jigging ! Et ici encore, les pêcheurs français devraient s’inspirer de leurs homologues nippons tant l’utilisation de lignes fines offre de multiples avantages pour la pêche au madaï.

Pêche au Madaï Jig en finesse en mer
Avec une tresse PE #1 ou même 0.8, il est possible rester beaucoup plus longtemps à la verticale, même par près de 100 m de fond.

Une technique à redécouvrir

Comme chacun le sait, le madaï jig est un leurre qui doit impérativement se manier à la verticale. L’animation la plus connue consiste à taper le fond en « bottom taping » avec une amplitude d’un ou deux mètres afin de figurer un petit poulpe passant d’un rocher à l’autre. A l’usage, ce maniement sous la canne n’est pas le plus productif et engendre beaucoup d’accrochages. On lui préférera une récupération lente au moulinet dès l’impact sur le fond. Cette animation comparable à la technique de l’ascenseur pour le shad est celle qui est privilégiée au japon. Elle consiste à ramener régulièrement le madaï au moulinet en effectuant quelques stops jusqu’à la zone de décompression du poisson benthique, le forçant ainsi à attaquer. Cette récupération sur plusieurs dizaines de mètres peut être répétée de nombreuses fois sans avoir à sortir le madaï. Mais, au fur et à mesure, l’angle de la ligne causé par la dérive augmente. Ainsi, avec une tresse de trop fort diamètre, ce phénomène s’accentue considérablement. De même, vous devez libérer progressivement toujours plus de fil à chaque descente afin d’atteindre le fond. La pression de l’eau sur la ligne vous donne alors l’impression que le leurre s’alourdit jusqu’à ne plus avoir aucune sensation au niveau de la canne. Vous n’êtes plus à la verticale et vous pêchez donc mal.

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Même un beau chapon tel que celui-ci peut être sorti avec une PE # 0.8 !

Revenir à la verticale

L’intérêt d’utiliser une tresse ultra fine est ici évident. En effet, celle-ci fend mieux les courants et vous permet de rester plus longtemps à la verticale malgré la dérive. Il sera bien sûr nécessaire d’adapter le poids du madaï aux profondeurs rencontrées ou à la vitesse du bateau. Mais avec une ligne d’un diamètre inférieur à de la PE # 1.0, vous avez l’assurance de rester plus longtemps à l’aplomb pour une bonne animation. Vous êtes beaucoup plus en contact avec votre leurre et ressentez ainsi la moindre touche, ce qui est particulièrement important pour cette technique très sensible. De même, la présence d’un angle dans votre fil ferait trainer le madaï sur le substrat lorsque vous partez du fond, ce qui représente un risque d’accrochages élevé en milieux encombrés. Ce besoin de verticalité est également indispensable pour un maniement attractif de votre leurre. Une ligne présentant un angle trop prononcé vous oblige à ne faire que tracter le madaï sans pouvoir effectuer des relâchers ou tout autre type d’animation. Et vous constaterez vite à l’usage que seules des tresses fines permettent de rester à l’aplomb de son leurre.

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En permettant de ressentir les touches à la descente, un ensemble casting est un avantage pour pêcher au madaï !
Pêche au Madaï Jig en finesse en mer
Un beau labre pris en PE # 0.6 (12 lb) au Salty rubber.

Plus de touches

Tout le monde s’accordera à dire que la finesse permet d’enregistrer plus de touches. C’est d’autant plus vrai dans les eaux cristallines et avec des techniques où le leurre est manié très lentement comme en bay jigging. Une tresse en PE # 1.0 ou 0.8 est ainsi bien plus discrète. Associée à un bas de ligne de 6/7 m conçu dans un bon fluorocarbone de 35 à 30/100, vous constaterez que le nombre de vos prises augmentera considérablement. Dans des fonds inférieurs à 40 m, certains pourront même essayer de descendre jusqu’à du 28 ou 26/100 (voire moins) avec de le PE # 0.6. En fait, les résultats très décevants de beaucoup de pêcheurs français avec cette technique sont liés à l’utilisation de lignes beaucoup trop fortes. Peut-être l’idée qu’il faut une tresse suffisamment puissante pour arracher le madaï jig du fond en cas d’accroches ? Car à part cette justification, il y a peu de raisons de pêcher avec des tresses de 30 ou 40 lb ! Certains prétexteront qu’il est toujours possible de tomber sur un spécimen et que de telles lignes permettront d’éviter de casser. Pourtant, à bien y regarder, la moyenne des prises au madaï en France ne dépasse quasiment jamais la barre des 10 kg. Le constat est d’ailleurs similaire au japon où les poissons recherchés (ex : taïs) ont un poids moyen rarement supérieur à 5 kg. Equivalents nippons de nos pagres français, ces red seabream sont ainsi couramment pêchés au Japon avec des puissances de lignes bien inférieures à celles utilisées dans l’hexagone.

Ainsi, avec les tresses modernes en 8 brins, une bonne PE # 1.0 offre une résistance de 20 lb et une PE # 0.8 prés de 16 lb. C’est en fait considérable ! Avec un frein réglé au quart de cette puissance, il est en effet possible de combattre de très beaux poissons. Pour information, le record du monde IGFA du plus gros tarpon pris en 16 lb est un spécimen de 105.2 kg. Ça devrait donner matière à réflexion ! Certains pourraient ainsi apprendre qu’un frein n’a pas à être réglé au maximum de sa force comme le font les compétiteurs américains pour droper rapidement un poisson dans le bateau. Ils pourraient même découvrir de cette manière le plaisir du combat sur ligne fine avec un matériel correspondant aux prédateurs recherchés.

Pêche au Madaï Jig en finesse en mer
Pêcher plus fin permet de multiplier les prises, surtout avec les sparidés méfiants comme cette dorade grise.

Un matériel adapté

Comme pour toute technique de pêche, tout votre matériel devra néanmoins être coordonné.  Une canne dotée d’une pointe douce pour une meilleure perception des touches et dont le blank ploie progressivement jusqu’au talon lors du combat permettra l’utilisation de ces lignes fines sur de beaux poissons. La Saltiga Bay Jigging Daiwa reste ainsi une référence. Il sera néanmoins possible d’utiliser une canne slow jigging light à l’action assez parabolique en combat. Un moulinet casting est également un avantage pour pêcher plus light car il possède un frein ultra précis et particulièrement progressif. Comme nous l’avons mentionné, un réglage au quart de la puissance de la ligne permettra de combattre de très beaux spécimens. En 16 lb, une résistance de 4 lb (2 kg) à la sortie de la canne enregistrée à l’aide d’un simple peson sera suffisante pour la plupart des espèces benthiques. Ce n’est qu’une fois le poisson épuisé que sa puissance sera progressivement augmentée. A y réfléchir, les espèces régulièrement pêchées au madaï ne nécessitent pas de lignes surpuissantes ! Il est de toute façon extrêmement rare de toucher des pélagiques comme la sériole avec ce type de leurre. De son coté, le pageot possède une redoutable défense et combat jusqu’au bateau. Néanmoins, le record de France n’est que de 1.760 kg et, à l’instar d’autres sparidés comme la dorade grise ou le sar, un individu de plus de 2 kg fait figure de spécimen. Le rouget grondin peut dépasser les 4 kg, néanmoins son combat est facilement gérable sur ligne fine. Dans les espèces atteignant des poids identiques, ne parlons même pas du chapon ou du Saint-Pierre dont la défense est presque inexistante. Parmi les espèces benthiques les plus puissantes, seuls les dentis ou les pagres représenteront un risque de casses sur lignes fines. Mais avec un matériel de qualité et une bonne maitrise de votre puissance de freinage, il est possible de combattre de très beaux poissons. Nous connaissons ainsi un pêcheur qui sort chaque année un grand nombre de dentis dont des sujets de 5 à 8.6 kg en n’utilisant exclusivement que du 10 lb. De notre coté, c’est avec cette puissance de ligne que nous avons réussi à prendre un pagre de 5.5 kg. De quoi prouver s’il en était besoin qu’un ensemble 16 lb bien coordonné peut vous permettre de faire de magnifiques prises !

Pêche au Madaï Jig en finesse en mer
Le chapon est une espèce qui n’oppose qu’une faible résistance lors du combat.

Il faut avouer qu’il était encore difficile il y a peu de trouver sur le marché Français des tresses 8 brins de dernière génération en PE # 1.0 ou en # PE # 0.8 en bobine de 300 m. De telles longueurs sont en effet indispensables pour la pêche au madaï dans des profondeurs pouvant atteindre près de 100 m. Ainsi, entre les coupes liées au nœud de raccord ou les rushs d’un beau sparidé lors du combat, une bobine de 135 m à peine vous ferait pêcher à la limite de votre backing. Néanmoins, grâce à la prise de conscience récente d’un nombre croissant de pêcheurs français sur les avantages des lignes fines pour certaines techniques (ex : slow jigging, tenya, etc.), les marques sont aujourd’hui de plus en plus nombreuses à proposer de tels diamètres en forts conditionnements. Désormais, il est même possible de trouver des bobines de PE # 0.6 en 300 m comme avec la J Braid X 8 Daiwa !

Pêche au Madaï Jig en finesse en mer
Régulièrement touché au madaï, le pageot dépasse rarement les 2 kg et peut être pêché avec des lignes très fines.
Pêche au Madaï Jig en finesse en mer
Le chapon est une prise courante au madaï et ne nécessite pas de lignes fortes.

Une technique à redécouvrir

Un grand nombre d’articles ont été écrits en France sur la pêche au madaï mais peu ont mis l’accent sur l’importance de la ligne. Pourtant, les magazines japonais montrent bien combien le bay jigging doit se pratiquer en light tackle. En utilisant des tresses ou des bas de lignes au diamètre trop important, beaucoup de pêcheurs français sont en fait complètement passés à coté de cette technique. Ils ne pêchaient pas à proprement parler au madaï. Ainsi, il ne viendrait jamais à l’idée d’un pêcheur de truites d’utiliser un nylon de 40 / 100 pour traquer ce farouche salmonidé. En passant à des lignes beaucoup plus fines, vous constaterez que le confort de pêche ainsi que le nombre de vos prises augmenteront de manière considérable. Pour l’avoir vécu personnellement, vous aurez tout simplement l’impression de redécouvrir la technique du madaï !

 

Sélection de tresses

Voici une sélection de tresses multicolores disponibles en très faibles diamètres conditionnées dans des bobines de 300 m :

Pêche au Madaï Jig en finesse en mer
J-Braid X 8 Daiwa : PE # 0.6 (9 lb) / PE # 0.8 (13 lb) / PE # 1.0 (18 lb).
Pêche au Madaï Jig en finesse en mer
Superbraid 8 X Yo-Zuri : PE # 1.0 (20 lb).
Pêche au Madaï Jig en finesse en mer
Super Jig Man G-Soul YGK : PE # 0.6 (14 lb) / PE # 0.8 (16 lb) / PE # 1.0 (20 lb).

 

Pêche au Madaï Jig en finesse en mer
En réduisant le diamètre de la tresse, il est possible de proposer de plus petits madaïs à profondeur équivalente !

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