Pêche en mer à la volée au leurre slug et au leurre finess

En mer, il est fréquent de devoir pêcher sur des fonds sans postes marqués. En permettant de prospecter ces grandes étendues d’eau rapidement, la pêche à la volée avec des finess ou des slugs est alors une solution d’une rare efficacité.

Pêche en mer à la volée
Un beau bar fait au Slug Go Lunker City avec la technique de la volée.

Matériel pour la pêche à la volée

Cette technique demandant un maniement constant, il sera recommandé d’utiliser un matériel léger. Une canne volontairement courte d’une longueur de 1,80 à 2,10 m et d’une puissance de 10 / 30 g sera ainsi parfaite. Pour les pêches les plus lights, une canne 5/20 g pourra même être employée. On lui associera un moulinet en taille 2500 à 3000 garni de tresse de 8 à 13 /100 (#PE 08 à 1) qui permettra de meilleures distances de lancer avec ces leurres souples faiblement lestés. Cette finesse offrira également l’avantage de mieux fendre l’eau pour un maniement plus direct et alertera moins le prédateur. Toujours dans un souci de discrétion, le bas de ligne sera constitué de fluorocarbone de 20 à 25/100. Avec de tels diamètres, votre moulinet devra être réglé assez doux afin de libérer du fil facilement. En effet, l’animation étant rapide, le choc d’une attaque peut à lui seul provoquer une casse retentissante sur un frein trop serré.

Pêche en mer à la volée
Ce bar très gras n’a pas résisté à un Fin’s Fish monté sur une tête Lipweight.

Pour la pêche à la volée, des leurres souples spécifiques seront utilisés. Le finess est une imitation de poisson au profil fusiforme ayant des flancs étroits et possédant une queue simple ou bifide.  Plus épais, le slug possède également une silhouette longiligne évoquant les proies habituellement consommées par les prédateurs marins. Mais contrairement à d’autres leurres souples ayant un appendice vibratoire, les finess ou les slugs employés avec cette technique doivent se manier pour être attractifs. Afin de pouvoir effectuer de puissants jerks, ces derniers sont associés à des têtes nageuses ayant un profil pyramidal avec un museau pointu ou une face concave ressemblant à une bavette. Pour cette technique spécifique, des leurres d’une taille comprise entre 8 et 12 cm seront privilégiés.

Exemples de matériel

Pêche en mer à la volée
Avec l’animation énergique lors de la pêche à la volée, un peu de colle cyanoacrylate au niveau de la tête plombée est vivement conseillé pour éviter que le leurre souple ne glisse sur la hampe de l’hameçon.
Pêche en mer à la volée
Tête plombée nageuse Lipweight Storm.
Pêche en mer à la volée
Tête plombée nageuse Lipweight Storm.
Pêche en mer à la volée
Tête plombée nageuse Skud Flashmer.
Pêche en mer à la volée
Tête plombée nageuse Lightning Head Illex.
Pêche en mer à la volée
Tête plombée nageuse Vibr’action Flashmer.
Pêche en mer à la volée
Tête plombée texane VJ 36 Decoy.

 

 

Pêche en mer à la volée
Une tête plombée nageuse telle celle-ci permet de faire jerker le finess.

Une animation à la volée « punchy »

Le maniement pour la pêche à la volée est relativement rapide. Grâce à la tête plombée nageuse qui leur est associée, finess et slugs effectuent de vifs écarts latéraux lors des twitchs qui sont accentués par leur corps souple se déformant à chaque changement de direction. A la moindre impulsion du poignet, le leurre jerk en évoquant une proie affolée qui cherche à fuir un carnassier. Une forme de walking the dog sous l’eau comparable à celle des jerkbaits – ce qui leur a d’ailleurs valu l’appellation de soft jerkbaits par leur créateur originel Herb Reed. Cette animation s’effectue à un rythme élevé et chaque twitch doit être assez sec pour que le leurre fasse un vif écart sur le côté. Afin que celui-ci effectue une plus large embardée latérale, il est recommandé de bien rendre la main entre chaque tirée. En fait, c’est en modifiant constamment la cadence de vos twitchs ainsi que l’amplitude des jerks de votre leurre que vous le rendrez plus vivant.

 

Cette technique étant généralement utilisée dans de faibles fonds inférieurs à 5/6 m, les têtes nageuses seront choisies dans des poids compris entre 5 et 15 g – 7 à 10 g étant le grammage le plus courant. Plus celle-ci sera légère, plus votre leurre planera entre chaque jerk, ce qui peut faire la différence sur des poissons difficiles. Certains montent d’ailleurs le leurre souple le dos vers le bas afin que celui-ci coule encore plus lentement à chaque arrêt. En ayant une vitesse de descente ralentie, il imite ainsi un poissonnet en train de mourir, ce qui constitue une proie facile pour un carnassier. Pour des animations plus rapides tout en restant dans la même couche d’eau ou si vous souhaitez pêcher plus profond, une tête un peu plus lourde sera conseillée afin d’éviter que le leurre ne monte en surface. Mais dans tous les cas, utilisez toujours les plus faibles possibles pour que votre finess ou votre slug soit attractif.

Pêche en mer à la volée
Combat…
Pêche en mer à la volée
…et prise d’un bar au finess Flash J de Fish Arrow.

Choisir la matière de votre leurre

Tout autant que pour le poids de votre tête plombée, le choix de la texture du finess ou du slug conditionnera votre stratégie de pêche tout autant que votre animation. Ainsi, il est recommandé d’utiliser des leurres dont la matière est dense et réactive pour les pêches les plus rapides ou en présence de courants puissants. Le Fin’s Fish et le Slug Go Lunker City sont en l’occurrence des incontournables qui supportent parfaitement des récupérations élevées. Particulièrement réactifs, ils possèdent un « rebond » lors du jerk qui renvoie de puissantes vibrations attractives. Avec un maniement énergique, un leurre très souple nage  mal car son corps ploie trop facilement lors du jerk. Pire, il est fréquent qu’il se pique sur la pointe de l’hameçon à force de trop se contorsionner. A l’inverse, pour des pêches plus lentes destinées à des poissons peu actifs, un leurre à la texture tendre sera privilégié car les twitchs sont moins appuyés. En réagissant à la moindre sollicitation, il permettra donc d’avoir une plus grande mobilité à des vitesses réduites. En effet, un finess ou un slug trop ferme ne bougera presque pas lors d’animations fines et sera ainsi d’une efficacité réduite. Posséder des leurres de textures  différentes offrira donc l’avantage de pouvoir vous adapter aux conditions rencontrées ou à l’humeur des poissons.

Pêche en mer à la volée
Une tête plombée texane permet de pêcher au finess dans les fonds encombrés.

 

Exemples d’associations de leurres et têtes plombées

Pêche en mer à la volée
Illustration de la nage d’un finess en pêche à la volée.
Pêche en mer à la volée
Fin’s Fish monté sur une tête Skud.
Pêche en mer à la volée
Slug Go monté sur une tête Skud.
Pêche en mer à la volée
Shad Assassin monté sur une tête Vibr’action.
Pêche en mer à la volée
Fin’s Fish monté sur une tête Vibr’action.

Une forme de power fishing

Cette technique s’avère extrêmement efficace avec une bonne dérive car elle permet alors de couvrir rapidement de très vastes étendues d’eau sans reliefs marqués. C’est ainsi le cas des longues plages de sable, des étangs salins, des estuaires, des parcs conchylicoles (huitres, moules), de plateaux rocheux, de hauts fonds, etc. Dans ces secteurs de passage où le prédateur peut se situer n’importe où, ce power fishing permet de prospecter de larges zones méticuleusement à la recherche de poissons actifs. Le principe est en fait de se baser bien plus sur l’agressivité naturelle des carnassiers que sur leur quête alimentaire. Cette imitation rapide effectuant de vives embardées latérales évoque la fuite désespérée d’une proie, ce qui a le don de déclencher les attaques reflexes des prédateurs. Contrairement aux pêches à gratter s’adressant à des poissons moins actifs, cette technique rapide n’offre aucun temps de décision au carnassier et le force à attaquer s’il ne veut pas voir sa proie s’échapper. Ce reflexe instinctif est particulièrement marqué chez le bar et la pêche à la volée est ainsi très efficace sur cette espèce. Signalons d’ailleurs que cette technique de prospection rapide est également parfaite en pleine eau pour les pélagiques véloces tels que les pélamides.

 

En estuaires ou en étang salins, les zones parsemées d’herbiers sont excellentes pour cette technique. Les bars y attendent en embuscade une proie imprudente et ont l’habitude d’attaques éclairs dans ces espaces parfois réduits. Lorsque l’eau est très claire sur les grandes plages de sable offrant de faibles profondeurs ou en estuaire, un maniement un peu plus rapide sera conseillé. Il conviendra également de réduire le diamètre de son bas de ligne et de l’allonger pour une plus grande discrétion. Les fonds sableux ne présentant aucun risque, il est donc possible de combattre de très beaux bars avec un frein parfaitement réglé en 24 – voire 22/100 – sans grands risques. Inversement, les pêches dans les parcs à coquillages ou sur les plateaux rocheux nécessiteront des diamètres plus élevés. Un bon 28/100 permettra ainsi de mieux brider un poisson afin qu’il ne coupe pas la ligne sur un poteau ou sur une roche. Notez que dans les zones encombrées d’algues telles que les estuaires ou encore sur les plateaux parsemés de roches, il sera possible d’utiliser des têtes plombées nageuses possédant un hameçon texan comme l’excellente VJ36 Decoy. Le leurre étant manié assez rapidement, vous constaterez que le poisson se ferre alors généralement de lui-même lors d’un twitch. Nous vous conseillons néanmoins d’assurer votre prise par un ferrage appuyé afin d’éviter les décrochages intempestifs.

Pêche en mer à la volée
Cette tête Skud Flashmer associé à un Fin’s Fish forme un combo parfait pour les pêches à la volée rapides.

Une technique complémentaire

Cette technique est particulièrement efficace quand l’eau est cristalline et que les poissons ont une grande visibilité. C’est souvent le cas en Méditerranée ou encore lors de pêches d’été. La vitesse de récupération relativement élevée et la finesse de la ligne ne laisse pas le temps au prédateur de repérer le piège qui lui est tendu. En jouant sur l’attaque reflexe, la pêche à la volée permet donc de tirer son épingle du jeu même avec des conditions très difficiles telles qu’une mer lisse comme un lac ou sous un fort soleil. Beaucoup de bons pêcheurs l’ont compris et l’utilisent en complément d’autres techniques lorsque celles-ci ne fonctionnent pas. Ainsi par exemple dans les pêches en traction quand les bars ne réagissent pas aux trop fortes vibrations d’un shad. C’est également le cas avec des poissons qui ne veulent pas percer la pellicule de surface et qui ne font que suivre lors de pêches au stickbait. La qualité d’un pêcheur se constate sur sa capacité à maitriser plusieurs techniques et à utiliser la bonne en fonction des conditions. Et à l’usage, vous constaterez que la pêche à la volée peut être un véritable sauve bredouille !

 

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