Pêche du sandre hivernale en fleuve, réussir par tous les temps

Pêcher le sandre en fleuve au cœur de l’hiver ne s’improvise pas et demande de l’organisation, de la maîtrise et beaucoup de mental pour affronter les pires conditions… mais le jeu en vaut la chandelle. Voyons comment faire de belles pêches dans de telles conditions. Equipement, sécurité, postes de prospection, pattern, voilà les éléments de base pour pratiquer cette pêche où le hasard n’est pas permis, et encore moins les erreurs.

Les postes de pêche du sandre en fleuve

Il est nécessaire d’avoir un échosondeur pour pratiquer la pêche en verticale mais ce n’est pas forcément la saison où la technologie est importante. Avoir la vision « Down » permet de différencier plus facilement les éléments et la bathymétrie est utile une fois les profondeurs de pêche trouvées mais ce n’est qu’un plus. Les forts courants visibles à la surface vont vous permettre de lire facilement la rivière ou le fleuve pour trouver les zones plus calmes où peuvent se tenir les carnassiers. Oui, c’est essentiellement les zones calmes que vous pêcherez. Intérieurs et extérieurs de virages, palplanches, petits ports, arrivée d’eau sont les postes les plus évidents. C’est à cette saison que le sens de l’eau est le plus important car il faudra arriver à deviner les veines de courant et trouver les remous et amortis où se trouvent bien souvent les poissons en embuscade. Pour cela, rappelez-vous par exemple la descente de l’Ardèche en canoé où vous étiez à chaque fois propulsé contre la berge intérieure en sortie de virage… et oui, un virage va créer 2 contre-courants, un à l’extérieur mais aussi un à l’intérieur, les 2 sont donc à pêcher ! Avec un peu d’habitude, vous les localiserez de plus en plus facilement, plus le courant est fort, plus c’est lisible à la surface de l’eau.

Pêche du sandre en fleuve en hiver
Un petit amorti se forme juste derrière les palplanches, à prospecter
Pêche du sandre en fleuve en hiver
Un poste évident à l’abri du courant

Pattern

Lorsque vous abordez un poste, vous pouvez dans un premier temps essayer de faire un peu de linéaire pour voir s’il y a des poissons un peu actifs. Une tête football convient parfaitement mais rien ne vous empêche d’utiliser une tête effilée pour moins tirer dans votre canne en fonction du courant présent. Si rien ne semble bouger dans les premières minutes, il est alors temps de passer en verticale, autant que vous le puissiez. Les têtes type Vertic’Head sont parfaites dans ces conditions puisque très hydrodynamiques, cela vous évite d’utiliser des têtes très plombées ou d’avoir vos leurres qui surfent 20 mètres plus bas. Une tête de 17g environ convient parfaitement pour un fleuve en crue si les zones exploitées sont bien amorties. Côté animation, on se contentera du minimum en laissant travailler le courant avec le leurre positionné 20cm au-dessus du fond. Le contact sera pris de temps en temps avec le fond pour vérifier que le leurre est bien positionné et certains s’autorisent un petit à-coup dans le poignet visant à faire tressaillir, désaxer pour être précis, le leurre. Rien de très compliqué en soit mais il faudra être très vigilant et en alerte pour ferrer car les poissons peuvent se montrer très tatillons !

Pêche du sandre en fleuve en hiver
Alterner entre linéaire et verticale est une bonne solution

Côté leurres, il est possible d’alterner entre des leurres finesses, des shads ou même des grubs, que ce soit en linéaire ou en verticale. Une taille de 5 pouces passe partout et convient bien à cette pêche. En période de crue, les finesses ont l’avantage d’être moins soumis au courant et permettent de pêcher plus facilement en verticale alors que les shads ont tendance à vous emmener loin derrière le bateau, ce qui n’est pas forcément une mauvaise chose d’ailleurs à partir du moment où vous arrivez à maintenir votre leurre à 20cm du fond. Pensez également aux queues en virgule qui peuvent être un excellent compromis pour cette pêche avec des vibrations différentes.

Pêche du sandre en fleuve en hiver
Le choix est vaste… mais quelques classiques sortent du lot

 

3 combos utilisés par Jérôme Chapus pour pêcher le sandre en fleuve

  1. linéaire sandre : canne casting Abu Garcia Veracity 7′ puissance M, moulinet Abu Garcia Revo Premier, tresse Spider Wire Ultracast Invisibraid 17/100, bas de ligne fluoro Trilène 28/100, leurre Ripple Shad 11cm sur TP Deep Jig 10 g
  2. verticale lourde : canne spinning Pulse XCD 6′ puissance M, moulinet Penn Battle 2500, tresse Berkley Black Velvet 10/100, bas de ligne fluoro Trilène 30/100, leurre Ripple Minnow 15cm sur TP Foot Head 21 g
  3. verticale light : canne spinning Rocksweeper 6′ puissance ML, moulinet Revo SX 20, tresse Berkley Black Velvet 10/100, bas de ligne fluoro Trilène 25/100, leurre Flex Grass Pig Chartreuse sur TP Deep Jig 14 g

Dérive

La première chose importante est d’estimer la profondeur probable de la tenue des sandres. Plusieurs bons pêcheurs pensent qu’ils se tiennent surtout à la profondeur où il y a une luminosité spécifique leur permettant de se camoufler facilement. Pour la trouver, rien de plus simple, on regarde à combien de centimètres disparait notre leurre et on multiplie par 8 et 10 ce qui donne une profondeur approximative de tenue des sandres. Si vous avez la chance d’avoir la bathymétrie sur votre sondeur, c’est très pratique puisque vous allez pouvoir suivre cette profondeur au maximum. Bien entendu, au début de la pêche, il est important de varier un peu les profondeurs pour trouver les poissons mais une fois trouvé, c’est un bon indice pour le reste de la pêche.

Concernant la vitesse de l’embarcation, il faudra s’adapter au courant en allant même très lentement et pratiquement à l’arrêt parfois. C’est en pêchant que vous vous rendrez le plus facilement compte si la vitesse est bonne ou pas, si vous n’arrivez pas à toucher le fond, c’est que vous allez trop vite.

Un dernier point concerne le sens de la dérive. Là encore, il n’y a pas de règles et il faudra essayer de descendre et de remonter le courant car les poissons sont parfois positionnés d’une certaine manière qui les fait prendre seulement dans un sens.

Pêche du sandre en fleuve en hiver
Un petit sandre pris en remontant, comme tous les poissons du jour
Pêche du sandre en fleuve en hiver
Même les brochets s’y mettent!

Sécurité et confort avant tout

Si vous pratiquez seul, le port du gilet auto-gonflant est vital, les drames sont bien trop nombreux et nous rappellent chaque année que la pratique de la pêche en hiver est dangereuse. Pour ceux pratiquant en équipe, le gilet reste tout de même conseillé car on ne peut jamais prévoir le pire, comme une avarie, un retournement du bateau, etc. Et avec des températures en dessous de 8°c, vous n’avez que quelques minutes pour retrouver le sec avant de succomber à l’hypothermie. Sur le bateau, veillez également à avoir le nécessaire légal, des batteries chargées pour le moteur électrique et un moteur thermique sur lequel vous pouvez compter.

Côté habillement, une combinaison étanche pour affronter le froid et l’humidité, notamment lors des déplacements au moteur thermique. Sous la combinaison, rien ne vaut une combinaison de ski, avec éventuellement des sous-couches thermiques que l’on retrouve dans les magasins de sport. Ainsi, vous pouvez faire des mouvements amples, vous n’avez pas froid et vous pouvez pêcher dans de bonnes conditions. Côté chaussants, les bottes en néoprène font le job mais le must sont les bottes de la marque Sorel. Côté gant, c’est à vous de voir selon votre ressenti, mais pour pratiquer en verticale, il faut bien souvent sacrifier une main. Sur la tête du classique, un bonnet, un tour de cou chaud pour vous réchauffer le visage en le remontant et un masque de ski pour affronter les déplacements. Vous voilà paré !

Bottes de pêche pour rester au chaud quand on pêche en hiver
Parfait pour rester les pieds au chaud

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