Pêche du black bass du bord : comment réussir à les pêcher

Juillet est le mois qui sonne l’ouverture du Bass dans la grande majorité des départements français. Les diables verts comme ils sont bien souvent appelés ont eu le temps de s’accoupler, pondre protéger le nid et ensuite d’escorter les juvéniles, pour enfin les laisser seuls.

Le Bass en France nécessite une réelle prise de conscience par tous les acteurs de la pêche si l’on veut qu’il puisse s’implanter et se développer de façon pérenne. Un dessin venant de Black Bass France permet de voir les différentes étapes du cycle biologique du Bass, imagé pour les enfants il est à la portée de tous ! Les deux mesures les plus importantes pour son implantation sont notamment sa protection pendant sa période de reproduction et le respect des zones de frayères. Quoi qu’il arrive quand le pêcheur a conscience de la présence de Bass sur le secteur avant de pêcher les zones potentielles de nids, il est important de laisser passer  la mi-juillet dans les zones les plus fraiches pour être sûr de ne pas prendre un poisson retardataire. C’est contraignant, mais c’est le prix à payer si l’on veut avoir la chance de voir cette espèce se développer. Nous sommes actuellement bien loin des populations de Bass que nous pouvons rencontrer aux Etats-Unis, Mexique, Portugal, Espagne, Maroc…

Pêcher le black bass depuis la berge
Cycle biologique du Bass imagé pour les 5 à 99 ans !

Une protection indispensable

En France, sous l’impulsion de passionnés parfois regroupés au sein d’association comme Black Bass France, ou comme d’autres nombreux anonymes, des campagnes de soutien aux populations de Bass ont été mises en place au fil des ans. Des moyens modestes, au vu de l’étendue du projet mais qui malgré tout ont permis de démontrer que le Bass se tient et se développe très bien sur notre hexagone, dès lors qu’une vraie législation et une vraie garderie protègent sa période de reproduction. Les implantations ont été testées dans le domaine privé avec accès au plan d’eau limité à très peu de personnes pratiquant la remise à l’eau du poisson et interdiction de sa pêche pendant la période de reproduction . Systématiquement l’implantation des Bass a fonctionné, au bout de trois ans il y avait des géniteurs, des poissons de 30 cm et des juvéniles. Sur des plans d’eau publics de même taille des empoissonnements beaucoup plus massifs ont été effectués avec des quantités importantes de géniteurs. Dès le début de la communication de l’empoissonnement de novembre un afflux de pêcheurs est arrivé au bord de d’eau. Tous les pêcheurs se sont vantés de remettre les poissons à l’eau et petit à petit les prises ont commencé à décroitre, les premiers froids ralentissant l’activité des Bass ces derniers ont connu un petit moment de répit mais dès l’arrivée des températures printanières, une belle équipe de pêcheurs est revenue. Ils se sont appliqués à pêcher méthodiquement toutes les zones de bordures prélevant chaque poisson sur nid, tant est si bien que les plans d’eau n’ont plus abrité qu’un ou deux Bass anecdotiques après une implantation massive. Outre les nombreuses atteintes faites au milieu, l’homme en général est le premier prédateur et le plus dangereux pour les poissons.

Pêcher le black bass depuis la berge
Pêcher c’est aussi le choix de relâcher ses poissons.

Faire ou ne pas faire :

  • Lunettes polarisantes très fortement conseillées
  • Attaque en surface fermez les yeux et attendez de sentir le poisson pour ferrer.
  • Vérifier régulièrement la tête de ligne et refaire le nœud.
  • Poisson vu, ne lancez pas dessus.
  • Quel que soit le leurre, il ne faut jamais poser sur le nez du poisson vous allez le mettre en alerte ou le faire fuir.
  • Ne pas passer la ligne au-dessus de lui, il l’a percevra de suite. Au mieux posez le leurre ¾ arrière par rapport au poisson et laisser le se déplacer.

Pêche du bord en général

Pour la pêche du Bass, une des premières choses c’est d’être mobile, donc inutile de se charger comme une mule. Je sais que c’est plus facile à dire qu’à faire car il faut les leurres qui fonctionnent et puis tous les autres qui servent à se rassurer. C’est pourtant la triste réalité des choses, nous avons beau connaître les endroits où nous allons pêcher, il y a toujours ce surplus de matériel qui correspond à la peur de manquer.
Vient ensuite la nécessité de voir le poisson sans être vu et une bonne paire de lunettes polarisantes est un réel atout. Elle ne vous permettra pas toujours de voir clairement le poisson, mais par eau claire elle sera primordiale au moins, pour voir les obstacles et les caches possibles. Une casquette permettra d’améliorer la vision en coupant les rayons du soleil et protègera la tête de l’insolation.
Choix des cannes et du matériel, des cannes plutôt courtes et maniables seront appréciées pour pêcher dans un enchevêtrement de branches, la pêche étant très souvent à courte distance. Pour prospecter les secteurs encombrés, j’opte souvent pour une canne finesse qui me permettra d’assurer toutes les présentations non plombées ou les montages wacky dans les espaces libres. En seconde canne, j’opte pour une canne casting beaucoup plus puissante en puissance Heavy qui va me permettre de présenter des montages texans, des rubbers jigs dans les arbres et de sortir vainqueur du combat. Parfois je remplace cette canne par une avec action plus regular notamment quand il y a moins d’obstacle et que je recherche les Bass avec les spinnerbaits, les poissons nageurs ou les top-waters dans les zones de nénuphars.
Pas besoin d’épuisette pour les Bass, ils s’attrapent facilement par la gueule, il suffit de glisser le pouce dans la bouche et de serrer la mâchoire inférieure avec l’index. Il n’y a pas de dent et cette prise permet de décrocher le poisson tout en douceur.

Pêcher le black bass depuis la berge
Pour attraper un Bass passez le pouce dans la gueule et serrez avec l’index en dessous.

Stratégie en zone encombrée

Sur les petits plans d’eau ou les rivières françaises qui hébergent du Bass, nous sommes souvent confrontés à des biotopes très verdoyants voire parfois marécageux. Le poisson s’y tient bien car il y est naturellement protégé de l’homme grâce à un accès et une pêche difficile. Le Bass va très rarement évoluer en pleine eau, au contraire il va utiliser chaque feuille de nénuphar, chaque branche, chaque souche chaque racine, pour se dissimuler. Ces postes serviront de poste d’affût aussi bien pour intercepter une libellule, un insecte tombé à l’eau, un batracien, que toute autre proie. Le Bass est un poisson opportuniste et possède un régime alimentaire très varié. S’il peut lui arriver d’être en groupe pour se lancer à l’assaut des bancs de poissons fourrage, dans nos eaux à partir du moment où il y a des structures c’est sur celles-ci que le poisson va se fixer la majeure partie du temps.
Le premier spot c’est la bordure à nos pieds, très régulièrement les berges arborées sont creuses par endroit, les entrelacs de racines, les éboulements de terre constituent de parfaites zones d’attente. Voir sans être vu, le Bass est dans l’ombre de la berge alors que sa proie qui vient du ciel ou du large va se découper sur fond clair. Un gros atout pour réussir son attaque. Côté pêcheur, il va falloir oublier l’approche type « sanglier » qui brise tout sur son passage. Une approche à pas feutrés sera bien plus efficace. Pour imager la chose, imaginez la voisine du dessus qui marche en talons sur du carrelage, c’est tout sauf discret. Alors pour réussir votre approche prenez le temps de regarder où vous marchez, car tout poisson mis en fuite ne pourra plus être pêché avant de longues minutes. A ce petit jeu, rien ne sert d’aller trop vite, de toute façon si le poisson vous remarque, il ne vous restera plus qu’à attendre qu’il vienne se repositionner sur son poste. Approche réussie, vous êtes arrivé à bonne distance pour attaquer la zone, le premier lancer va se faire au ras de la berge. Laissez descendre le leurre tout en surveillant le fil. Un arrêt précoce, un décalage de ligne sont synonymes de l’interception du leurre par un Bass. Prise de contact et ferrage, dans les obstacles, il ne faut pas finasser, le ferrage se doit être puissant et aussi ample que possible en fonction de la végétation environnante, frein serré il ne faut pas hésiter à se servir du moulinet et récupérer très rapidement la ligne. A ce petit jeu, une tresse quatre brins en 40lbs et un fluorocarbone en 40 centièmes seront parfaits pour descendre les montages texans et les rubbers jigs sans craindre l’abrasion. La deuxième zone ensuite à ne pas négliger est la zone d’ombre, notamment par forte chaleur les poissons aiment s’y mettre au repos et profiter des opportunités, en fonction de l’encombrement on pourra y faire évoluer différents leurres.
Un secteur de bordure qui est souvent négligé par les pêcheurs du bord, c’est la grande bande de jussies qui est une plante envahissante introduite par erreur dans nos milieux. En surface cela fait un grand tapis vert avec des fleurs jaunes, mais en dessous  c’est un véritable dédale de chemins entre les racines. Pas forcément évident ce type de poste, mais après y avoir fait plusieurs très jolis sujets, je me suis mis à les pêcher systématiquement avec des résultats très positifs. Pour les pêches funs c’est la grenouille qui récolte la palme du plaisir, même si le ratio poisson pris / touche est faible, le plaisir de voir les attaques en surface vaut son pesant d’or ! L’autre stratégie beaucoup plus efficace est celle qui consiste à utiliser une canne très puissante et de pêcher soit avec des rubbers jigs très lourds avec des imitations d’écrevisse soit avec un montage texan (mini 28g) et un wide gap  extra fort de fer exemple : VMC 7348WG. C’est une pêche de brute qui permet de traverser la jussie et d’aller chercher les poissons dans des secteurs où ils ne voient jamais passer un leurre, résultat garanti. Pour les eaux libres toutes les pêches sont possibles, finesse, poissons nageurs, mais à côté des obstacles ce ne sont pas les plus productives même si parfois elles peuvent réserver de belles surprises.

Pêcher le black bass depuis la berge
Une berge dégagée, les Bass seront sous l’ombre des arbres, dans la bordure, dans les racines ou sous les feuilles de nénuphars en embuscade.
Pêcher le black bass depuis la berge
Blocs rocheux et éboulis sont un vrai terrain d’embuscade pour les Bass.

Astuce en texan ou avec les rubbers  Jigs :

Bien souvent le pêcheur lance et prospecte aussi bien la zone encombrée que la zone libre. Pour gagner en efficacité dès que le leurre sort de la zone encombrée, le pêcheur doit récupérer très rapidement son leurre et lorsque le leurre arrive à ses pieds au lieu de le soulever, il  faut le laisser tomber librement en débrayant le moulinet. Généralement les poissons ne se sont pas intéressés au  leurre qui évoluait doucement dans les obstacles. Mais là, ce leurre qui leur échappe à grande vitesse, ils foncent dessus et s’en saisissent dès qu’il est posé.

Au Bass savoir poser un leurre et ne pas bouger, c’est comme la discrétion, ça rapporte souvent gros !

Stratégie en lac de barrage

Là, c’est une tout autre histoire. La première fois que j’ai rencontré les lacs de barrage en Espagne, j’ai eu la chance de pouvoir les découvrir en bateau. Plus de frondaisons, des zones d’herbiers très rares pour la plupart inaccessibles du bord. Les fortes variations de niveau des lacs font que pour le pêcheur qui va évoluer sur la bordure, il va parfois falloir lancer à longue distance  pour chercher les zones d’herbier. Contrairement au  pêcheur de Bass qui se retrouvait dans les zones encombrées au  milieu d’un enfer vert, le pêcheur en lac de barrage risque d’évoluer dans des secteurs totalement arides et le choix du matériel en sera fortement influencé, notamment avec l’emploi de cannes plus longues. Mais ce n’est pas parce qu’il n’y a pas d’arbre que le Bass va totalement changer de comportement. Il aime les structures plus que tout. L’observation va être votre premier atout. A l’aide de vos lunettes polarisantes, il va falloir localiser les postes de tenue des poissons. Avant de scruter la surface, regardez le relief qui vous entoure, très souvent le même relief continue sous l’eau, visualisez le tombant, la ravine, la pente douce. Votre regard va ensuite se porter sur l’eau et il va falloir imaginer le positionnement des poissons en fonction des changements de structure ou de profondeur. C’est de la logique, lorsque la masse d’eau change de couleur c’est qu’il y a soit un changement de nature du fond comme par exemple une plage et un herbier, soit il  peut aussi s’agir d’une zone profonde avec un haut fond. Les vestiges de constructions sont des lieux très fréquentés tout comme les clôtures à moutons qui descendent dans l’eau, attention à ne pas lancer de l’autre côté car le Bass aurait vite fait de vous jouer un mauvais tour. Les poissons vont se servir de ces zones, comme des structures de confort. Par grand soleil ces derniers vont se positionner dans la zone d’ombre projetée. Si le soleil projette l’ombre à droite de l’obstacle, le poisson se trouvera à droite. Si le soleil est au zénith le poisson se collera à la structure. Dans ces grands lacs, à moins de forte pluie, l’eau est très souvent claire avec peu d’obstacle. Les poissons prennent le temps d’être observateur, il est donc nécessaire de descendre en taille de  tête de ligne avec des fluorocarbones en 23 centièmes maximum pour les montages wacky ou finesse et 30 centièmes maximum  pour les pêches aux leurres durs et métalliques. L’emploi de tresses fines permettra d’augmenter considérablement les distances de lancer. Mais comme toujours avant de chercher loin pêchez dans vos pieds le long de la bordure, un poisson peut se trouver embusquer à tout moment derrière une pierre.

Autre expérience vécue cette fois au Maroc sur un lac de barrage en  période froide et par  niveau bas. J’ai été surpris par la vision quasi lunaire qu’offrait le lac. Une terre rouge cernait le plan d’eau, aucun arbre, pas d’herbier visible. Pas facile d’aborder la pêche, j’ai décidé de prospecter avec deux cannes une finesse et une plus puissante pour couvrir un maximum de techniques afin de voir à quoi réagissaient les poissons. J’ai enregistré quelques touches de petits poissons mais rien de bien conséquent. A force de gratter j’ai réussi à localiser quelques petits herbiers mais rien de concluant. Je me suis ensuite dirigé vers une digue empierrée, mais là pareil rien de bien significatif, si ce n’est une grosse casse à la touche qui m’a laissé songeur, j’ai rarement cassé aussi vite un 30 centièmes… Je mets ça sur le compte d’un morceau de métal ou l’angle vif d’une pierre.  J’ai beau prendre quelques poissons, je suis bien loin de l’efficacité des locaux. Bilan, je regarde et j’essaie de comprendre. Tous les pêcheurs locaux pêchent en se déplaçant très peu, ils pêchent à l’inverse de ce que je fais. Plutôt que de couvrir du terrain pour trouver les quelques poissons actifs, ils restent sur le même poste et relancent systématiquement. C’est assez bizarre comme façon de faire mais ça fonctionne. Je me décide à leur poser la question sur cette stratégie qui me semble totalement étrange. Ces derniers m’expliquent qu’il y a très peu de structures sur le lac à cause de son faible taux de remplissage. Les Bass circulent en bancs et tournent dans les anses, les restants d’herbiers les bloquent quelques minutes sur chaque passage, le temps de rechercher des proies potentielles. Moment dont profitent les pêcheurs pour intercepter leurs adversaires. Le lendemain, j’ai pris un float-tube qui m’a permis de gagner en zone de pêche mais je n’ai pas fait mieux que les pêcheurs du bord paradoxalement, couvrir du terrain n’était donc vraiment pas la solution. Il fallait simplement s’armer de patience et jouer l’interception. Une pêche particulière qui me rappelle celle du brochet en grand lac, attendre sur le poste que les poissons montent en chasse quand les conditions sont difficiles.

Pêcher le black bass depuis la berge
Lac de barrage signifie souvent terrain aride, mais les Bass sont bien là, l’ombre est un endroit propice.

Poisson de pêche sportive, le Bass est un adversaire qui décuple les émotions par ses attaques en surface, ses chandelles, sa pêche visuelle. Il est capable de venir se coller au leurre, de tourner autour, de partir, de revenir, de le prendre et de le souffler avant que vous ayez eu le temps de ferrer. Il va vous rendre fou ! Pêche en finesse ou pêche comme une brute dans le couvert aquatique, il ne vous reste plus qu’à vous adapter à son positionnement pour affronter le diable vert. Mais pour ça il faut le protéger, respecter sa période de reproduction et le remettre à l’eau pour que l’année suivante  il puisse donner naissance à une nouvelle progéniture.

 

 

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