Pêche à la carpe en automne
Jérémie Boutin

Pêche à la carpe : comment pêcher un automne de sécheresse ?

La pêche de la carpe peut s’avérer compliquée dans certaines conditions, notamment en période de sécheresse. Il est alors indispensable d’adapter son approche.

La situation actuelle de la France et de bien d’autres pays européens est particulièrement préoccupante. La saison estivale a débuté dans certaines régions, notamment dans le sud de la France, depuis le mois de mai avec des températures déjà largement supérieures à la normale. Par chance, le printemps a été plutôt humide dans certaines régions et cela a permis de limiter les dégâts. Mais l’été particulièrement sec que nous avons connu a laissé des traces, surtout dans le sud et au bord de la Méditerranée. Les innombrables incendies ont laissé des hectares de nature dans un état désolant et les nombreux cours d’eau à sec, leurs habitants pourrir au soleil. Chacun d’entre nous espérait alors voir arriver la moindre dépression pointer le bout de son nez. Nous étions tous prêts à troquer un peu de soleil contre quelques gros cumulus gorgés d’eau, mais rien. Même les redoutés épisodes cévenols, à l’origine de nombreux dégâts, n’étaient pas au rendez-vous.

 

Le niveau de nos cours d’eau diminue, et la sécheresse s’installe …

L’automne est à présent là depuis quelques semaines et avec lui quelques pluies de saison. Mais l’absence prolongée de précipitations a eu un impact direct sur la qualité de l’eau, le comportement des poissons, et sur la pêche en général. La carpe, comme les autres poissons n’est pas en reste et subit également les effets de cette sécheresse. Le niveau des plans d’eau est au plus bas, tandis que la température est encore assez élevée. Le niveau de prolifération du phytoplancton et des algues est ralenti mais les herbiers sont encore présents et l’activité alimentaire des carpes plutôt limitée. On se retrouve donc dans une période de l’année où se mêlent des conditions estivales avec des températures très variables. Pour tirer son épingle du jeu dans de telles conditions, il va falloir user de patience et d’observation. A cette époque de l’année, les journées sont encore belles mais les nuits sont fraiches. Il n’est pas rare qu’une averse vienne jouer les troubles fête et le changement de pression, couplé à l’arrivée du vent est une opportunité à saisir. Ce contraste est particulièrement propice au réveil alimentaire des poissons et il est important de concentrer ses efforts à ces moments précis. Le lever du jour et coucher du soleil sont connus par tout carpiste (et pêcheur) comme des moments à privilégier, mais c’est d’autant plus vrai dans ces conditions.

Pêche à la carpe en automne
Les herbiers sont encore omniprésents.

Optimiser son temps de pêche

Sur des pêches rapides, il sera indispensable de préparer sa session au préalable par une période d’observation, suivie d’un amorçage stratégique. Malgré le rafraichissement relatif de l’eau, les poissons rentrent en phase d’alimentation sur de courtes périodes et sont encore amorphes le reste de la journée. Ils sont donc peu enclins à parcourir le monde pour se nourrir. Il est alors impératif de repérer les zones d’alimentations potentielles. Elles sont bien souvent, à cette époque de l’année, situées assez proches de leur zone dite de confort. Un tronc immergé, une branche ou encore une cassure sont ainsi des zones à privilégier en priorité pour réaliser votre amorçage. Ce dernier se voudra plutôt léger mais fréquent afin de conditionner les poissons actifs et d’inciter les autres à se nourrir, en créant une concurrence alimentaire. Sur de plus longues sessions, votre stratégie sera sensiblement la même, mais la nuit restera votre meilleure fenêtre de tir. La température sera alors davantage de saison et les poissons auront tendance à se nourrir sur une période plus longue. Encore faut-il savoir où ! Vous pourrez ainsi exploiter les heures les chaudes de la journée pour rechercher ces zones et mettre toutes les chances de votre côté la nuit. Vous devrez alors adapter votre amorçage en conséquence. Un amorçage léger risque d’être vite balayé par les blancs ou les nuisibles sur une période aussi longue et vos détecteurs risquent fort de rester muets. Mais un amorçage plus massif ne sera pas nécessairement la clé pour autant. Il ne faut pas oublier que l’eau est encore relativement chaude pour cette époque de l’année, et que l’alimentation et la digestion demandent de l’oxygène. Il est ainsi préférable d’opter pour un amorçage raisonné et bien placé.

 

Etre observateur et opportuniste

Si l’on doit résumer, la pêche de la carpe dans ces conditions est avant tout une question d’observation et d’anticipation. Il est important de recueillir un maximum d’informations sur les conditions météo à venir pour prévoir vos sessions et savoir saisir la moindre opportunité. De la plus petite averse à la grosse tempête orageuse, ces changements éveillent l’activité alimentaire des poissons et permettent de réussir vos sessions, à condition de les avoir soigneusement préparées.

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