Montage leurre souple : l’armement en question

Le montage d’un leurre souple n’est pas si compliqué mais son efficacité dépendra d’un élément essentiel : L’armement est une pièce maîtresse d’un shad, mal positionné il réduit considérablement  l’optimisation du ferrage, il peut aussi nuire à la nage du leurre, même le déséquilibrer et le rendre peu attractif.

Il existe bon nombre de façons de monter et d’utiliser un leurre souple. L’équation entre le grammage de la tête plombée, les caractéristiques de la hampe et de la courbe de l’hameçon et les propriétés du shad, sont essentielles. Toutefois si l’attractivité est obtenue, force est de constater qu’il faut aussi que l’armement joue son rôle et permette la prise. Qu’importe d’ailleurs que pour des raisons éthiques, la culture du catch and release, vous procédiez à l’écrasement des ardillons ou utilisiez des hameçons doubles en place des triples car in fine, l’objectif est bien d’assurer la prise. Le positionnement de l’armement est donc primordial.

Montage traditionnel d’un leurre souple

Quand on monte un leurre souple sur une tête plombée, et je ne parle pas là des montages Texan ou Carolina dans cet écrit, le besoin d’ajouter un triple semble une évidence pour éviter les ratés au ferrage. Sans transformer votre leurre en hérisson de pointes piquantes, on ajoute couramment un hameçon triple appelé « voleur » ou stinger en anglais. Cet apport n’a qu’un objectif : sécuriser la prise. Il y a plusieurs montages possibles, soit de positionner le triple en position ventrale ou dorsale. Deux écoles s’affrontent sur les réseaux sociaux, certains ne jurant que par l’apport d’un triple ventral et d’autres assurant qu’un triple dorsal est plus efficient. Je dirai ici que cela dépend essentiellement des circonstances et de l’utilisation du shad. Pour exemple, on arme un leurre souple pour la verticale le plus souvent sur le dos pour éviter que le triple ne s’accroche ou amasse les débris de végétaux du fond, et en ventral sur un shad quand on pêche en linéaire, il permet l’utilisation de triples plus importants et l’armement est plus efficace sur des attaques de bas en haut ce qui, pour le brochet, est assez régulier.

Montage leurre souple et armement
armement ventral en transperçant le leurre

L’armement dorsal d’un leurre souple

Deux techniques ont fait leurs preuves : la première est une empile en fluorocarbone ou en acier, qui est sleevée pour réaliser une petite boucle que l’on enfile sur la courbe de l’hameçon en s’assurant que cette boucle ne soit pas trop grande et à peine suffisante pour passer l’ardillon. Le triple à l’autre extrémité (noué ou sleevé également) est piqué dans le dos du leurre. Ce système a des avantages : d’une part il n’abîme pas le leurre car le triple se désolidarise du leurre lors du ferrage et d’autre part, on peut changer à foison l’empile en fonction du grammage utilisé.

La deuxième solution consiste à faire une empile toujours avec une boucle en extrémité, mais cette fois-ci on la raccorde avec l’œillet de la tête plombée. L’avantage est de pouvoir changer de leurre (couleur, forme dimension) sans changer la tête plombée, mais elle rend le leurre un peu plus rigide que le montage précédent. Par contre, la solidité est plus importante et c’est un montage régulièrement utilisé pour la pêche du brochet au-dessus des herbiers. On utilise aussi bien du fluorocarbone que de la tresse acier souple selon que l’on s’adresse au brochet ou au sandre.

Montage leurre souple et armement
armement dorsal

Armement ventral d’un leurre souple

Moins utilisé pour la pêche du sandre notamment en verticale, cet armement est destiné essentiellement au brochet. L’empile a le triple à une extrémité, elle traverse avec une aiguille à locher le leurre afin de ressortir celle-ci soit au niveau de la courbure de l’hameçon de la tête plombée, soit derrière la tête. Dans les deux cas elle est nouée par une triple clé, mais peut être également sleevée. Ce montage est plus discret, il a l’avantage de placer le triple soit sous l’hameçon de la tête plombée ou légèrement décalé vers l’arrière. Son défaut majeur : le leurre « prend cher » quelquefois lors des attaques de brochets car il est pratiquement coupé en deux par l’empile. Ayant pas mal abîmé de leurres avec cette solution qui me permet d’assurer bon nombre de prises, j’ai opté pour des têtes plombées possédant deux œillets, l’un au-dessus pour le raccord avec l’émerillon, l’autre en dessous permettant, comme pour un montage dorsal de raccorder l’empile mais cette fois-ci par le bas. L’avantage est certain car on ne déchire jamais le leurre, on peut toujours recoller aujourd’hui avec des colles spéciales efficaces, mais au prix où sont les leurres souples dans la catégorie XXL, je préfère éviter de déchiqueter mon leurre dans la gueule d’un brochet. C’est probablement à peine plus visible puisque l’empile court le long du leurre, mais je n’ai pas remarqué de différence fondamentale avec  la technique précédente qui transperce le shad. Le triple se désolidarise assez facilement du leurre, l’empile fixée sur la tête plombée est résistante et cela fait presque mon bonheur ! Je dirai simplement que cette solution n’est pas forcément adaptée à toutes les morphologies des leurres car elle contraint un peu plus la nage en raison de sa rigidité, ce qui peut être un obstacle pour les shads très souples dont le rolling est important.

Montage leurre souple et armement
armement ventral en attachant l’empile sur l’œillet de la tête plombée

Position du triple ventral sur un leurre souple

Si certains pêcheurs placent leur triple pratiquement à la verticale de la courbure de l’hameçon de la tête plombée, certains le placent beaucoup plus en arrière justifiant cette position en raison des attaques de « queue ». Je ne le fais pas estimant que le plus souvent l’attaque des carnassiers se fait en tête et que s’ils viennent taper mon leurre en queue, c’est que l’animation, sa couleur ou sa forme ne conviennent pas. Je pars d’un principe assez simple : quand un brochet chasse un poisson c’est pour le casse-croûte, et c’est sur la tête qu’il focalise son attaque pour en assurer le maintien. S’il chipote, il faut que je revoie mon montage car cela ne convient pas. Si les touches sont fulgurantes mais inférrables, j’ajoute un ou deux anneaux brisés avant le triple et souvent cela suffit.

Soigner son armement est peut-être aussi important que de posséder le leurre du moment, car manquer la plupart des touches est particulièrement frustrant. Nous prenons pourtant beaucoup de soin à équilibrer nos leurres et à les rendre attractifs et possédons dans nos boîtes différents modèles avec des plombées différentes. Certes, il est toujours possible de prendre du broc avec uniquement l’hameçon de la tête plombée, il y a des moments de frénésie alimentaire qui permet d’assurer toutes les prises, mais c’est loin d’être notre quotidien, enfin en ce qui me concerne. Dès lors, louper les quelques touches de la journée parce que l’on a négligé de positionner son triple est quand même ballot !

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