L’importance du repérage quand on pêche la carpe

Pour réussir sa session, rien de mieux qu’une bonne préparation. Cela passe évidemment par le matériel, mais trop de pêcheurs oublient l’importance du repérage. Pourtant, un bon repérage, c’est déjà le début de la réussite.

De nombreux lacs en France sont des retenues artificielles. Ils ont vu le jour à la suite de la construction d’un barrage et servent pour la plupart du temps à créer des réserves d’eau utilisées pour la consommation humaine ou pour l’irrigation. Que ce soit au printemps lors de la fonte des neiges, ou bien en été lorsque le pompage est intensif, le niveau des lacs varie. Lorsque le niveau baisse, certaines zones (appelées zones de marnage) se découvrent et laissent apparaître de véritables trésors près desquels il sera possible de déposer un montage lorsque l’eau regagnera sa côte normale. Souches, arbres morts, éboulis de pierres, différences de substrat et autres hauts fonds sont autant de trésors qu’il est primordial de repérer pour optimiser ses pêches futures. Mais, contrairement aux idées reçues, même à sec, le fond des lacs est très difficile à décrypter.

 

Un GPS, un carnet, une photo…. Et ce qui ressemble à un bon spot !
Un GPS, un carnet, une photo…. Et ce qui ressemble à un bon spot !

Repérage, une des clés de la réussite

Les technologies modernes comme les échosondeurs 3D nous donnent une interprétation assez correcte du fond, mais l’erreur est possible et la précision n’est pas garantie. Lorsque l’on a vu le fond à sec, on a déjà une bien meilleure représentation de l’obstacle que l’on veut pêcher, de la zone que l’on veut amorcer, et de la géographie du terrain. Nous le répétons régulièrement dans nos articles : meilleure est cette représentation, meilleure est votre pêche. La baisse du niveau de l’eau a plusieurs avantages. Elle permet en premier lieu de repérer de façon précise ces fameux spots, mais également d’essayer de s’imaginer le trajet des poissons passant par ces différentes zones d’alimentation. Tout ce qui peut ressembler à une zone d’alimentation est bon à repérer. De la petite souche à la plus grosse cassure, tout peut être utile à localiser. Mais il est également nécessaire de repérer les différences de substrat entre ces spots. En y regardant de plus près, on s’apercevra que certains sont complètement stériles, en raison du substrat. À l’inverse, d’autres contiennent une multitude d’anodontes, de microcorbicules ou autres petites moules, mortes à cause de la baisse trop rapide du niveau. Ces différentes espèces de mollusques préfèrent certains substrats et comme tout le monde le sait, elles sont très appréciées des carpes. Localiser les zones où ces bivalves prolifèrent est, vous l’aurez compris, essentiel.

Un bon repérage, vraiment efficace, n’est pas si évident que ça à réaliser. Les zones intéressantes sont parfois minuscules et il est facile de passer à côté sans même les voir. Il faut donc bien s’appliquer. Aussi, quand l’eau est au plus bas, les herbiers meurent en masse et les petites trouées ou encore les couloirs dans lesquels les carpes circulent deviennent indétectables. Donc le repérage visuel « à marée basse » ne règle pas tous les problèmes.

Percer les secrets du fond d’un lac de visu, c’est un vrai boulot, parfois fastidieux. Mon frère et moi dédions des journées entières exclusivement à la recherche de spots intéressants lorsque le niveau d’eau est bas. Nous confrontons ce que nous voyons avec ce que nous savons déjà sur l’endroit, nous essayons de déterminer le trajet des poissons, les zones où les carpes ont le plus de chance de se nourrir. Mais même si notre repérage à marée basse a été bon, lorsque le niveau d’eau remonte, les repères changent et l’on est facilement perdu. Je pense que le GPS est un outil indispensable pour faire le travail efficacement. Simple d’utilisation, il est devenu essentiel dans la panoplie de carpistes qui pêchent en grand lac. Mais la seule utilisation d’un GPS ne suffit pas. Prendre une photo de la zone repérée est plus que recommandé. Nous sommes également équipés d’un carnet ou l’on note toutes les informations relatives au spot que l’on souhaite référencer…

 

J’aurais dû mettre des bottes !
J’aurais dû mettre des bottes !

Repérage, mode d’emploi

Voilà comment mon frère et moi procédons : Tout d’abord, nous arrêtons notre choix sur une zone du lac à prospecter. Vouloir couvrir une très grande surface à la recherche du hot spot indiscutable est une erreur. Le repérage doit être précis, méthodique et nous impose de ne pas nous précipiter. Une fois cette zone choisie, nous la partageons en secteurs dans lequel nous ratissons tout. Nous prenons en photo une vue d’ensemble du secteur d’un point précis, souvent le poste d’où l’on s’imagine pêcher quand le niveau aura remonté. Après avoir trouvé un spot intéressant, nous posons le GPS dessus. Nous avons remarqué que la géolocalisation est plus précise si on laisse le temps au GPS de faire une bonne acquisition des données satellite. Pendant ce temps, nous prenons une photo précise du spot. Quand on est deux à bosser, il est intéressant qu’une des deux personnes se mette à côté de la structure que l’on veut photographier. Plus tard, en revisionnant les photos, on aura ainsi une échelle nous indiquant la hauteur d’une souche, d’un muret ou d’une cassure. Nous enregistrons ensuite le point GPS. Après avoir nommé ce point, nous consignons dans le carnet toutes les informations relatives à ce nouveau spot. Par exemple, si on a localisé une belle souche, nous écrivons sa hauteur, sa largeur, si elle possède ou non des ramifications où le fil pourrait se coincer lors d’un combat… Il nous arrive même d’aménager le spot en enlevant par exemple un caillou qui pourrait nuire à la présentation du montage. Nous notons également le type de substrat entourant l’obstacle, de quel côté nous pensons qu’il est meilleur de le pêcher. Bref, nous consignons tout ce qui nous passe par la tête concernant ce spot.

Depuis peu, nous informatisons toutes nos données. Nous utilisons une carte GPS sur laquelle nous notons tous les points intéressants. Et à chaque point correspond une ou plusieurs photos. Sur chaque photo, nous notons le nom du spot, les coordonnées (longitude et latitude), les informations relatives au spot. En procédant de la sorte, quand on arrive sur un poste, on sait déjà où l’on va déposer les montages, et on peut parfaitement visualiser chaque spot afin d’atteindre un haut niveau de précision. Quel intérêt ? L’intérêt, c’est que si avec un tel niveau de précision, au bout de 36 heures, il n’y a pas eu de touches, rien ne sert d’insister, et il vaut mieux changer de poste. Et si l’on procède de cette manière d’un poste à l’autre, on finit par localiser très vite les poissons, en exploitant au mieux l’activité.

 

Quand on pêche au bon spot, les résultats ne se font pas attendre !
Quand on pêche au bon spot, les résultats ne se font pas attendre !

Conclusion

Je pense que de nombreux pêcheurs seront d’accord avec nous sur ce point : la pêche de la carpe est une pêche difficile et capricieuse. C’est pour cette raison qu’il est nécessaire de mettre un maximum de chances de son côté pour réussir. Dans la pêche, tout est important ! Du choix de l’hameçon à la stratégie d’amorçage, de la météo à la taille de la bouillette, tout peux influencer le bon déroulement d’une session. Mais savoir précisément où l’on pêche, cibler avec précision des hot spots d’alimentation est une des clés réelle du succès. Et pour s’assurer de pêcher correctement, quand c’est possible, il n’y a rien de tel qu’un bon petit repérage dans les règles de l’art. Passer une ou deux journées à prendre des points GPS est un investissement et que l’on ne récolte pas tout de suite les fruits de ses efforts. Mais quelques mois plus tard, quand l’eau a remonté de quelques mètres et que l’on a sur son écran d’ordinateur portable les photos du poste à sec, avec tous les spots et toutes les explications sur chaque spot, je peux vous garantir que les bons résultats ne sont pas loin !

Durant cette session, nous avons joint l’utile à l’agréable. Nous avons pêché le lac à son niveau le plus bas, ce qui nous a permis d’effectuer le repérage entre les départs !
Durant cette session, nous avons joint l’utile à l’agréable. Nous avons pêché le lac à son niveau le plus bas, ce qui nous a permis d’effectuer le repérage entre les départs !

 

Un commentaire

  1. Merci pour cet article très enrichissant,

    Par contre totalement largué sur les technologies employées et la multitudes de produits sur le marché, est-ce que quequ’un saurait me renseigner sur quel type de gps employer pour l’enregistrement de waypoints (antenne…), voir lien ci possible.

    cordialement

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