I have a dream

Quel carpiste peut avouer n’avoir jamais fantasmé devant des photos de grosses carpes ? Moi aussi j’ai longtemps espéré croiser un jour le chemin d’une big one et de pouvoir coucher sur mon matelas de réception un tel trophée. Voici donc l’histoire d’une rencontre que l’on peut souhaiter à tout carpiste et qui marquera ma vie de pêcheur…

Pêche d'une carpe de +30 kilos
Des instants magiques en session

Le début de  l’histoire

Tout commença lors de la dernière session qui nous a conduits, mon ami Lio et moi, sur les berges d’un lac en devenir bien peuplé en miroirs de taille respectable. Une rencontre avec deux jeunes carpistes allait décider de nos futures destinations et de nos sessions pour 2015. Ils nous expliquent où ils pêchent et un endroit retient notre attention puisque peuplé de quelques beaux poissons, tant en termes de poids que d’écaillages et de formes diverses. C’est ainsi que je programme seul une première semaine de pêche mi-avril sur le lac en question, espérant que la pression de pêche ne sera pas trop forte. Mon ami Mathieu me met en contact avec Charly, un pêcheur local et un bon gars qui me donnera des informations primordiales pour la réussite de ma session.

La première surprise à mon arrivée est de trouver des berges vierges de tout carpiste le dimanche alors qu’un collègue y avait dénombré pas moins de vingt toiles le week-end précédent. J’ai donc l’embarras du choix pour le poste et je ne pourrai que m’en prendre à moi-même si je ne trouve pas les poissons. Le « zod » est mis à l’eau, chargé sous un soleil qui fait du bien après des semaines de grisaille et je commence à remonter le lac en direction du secteur espéré sous les regards amusés des promeneurs, ébahis de voir passer une embarcation chargée de toute la logistique qu’une semaine de pêche impose, et surement un peu plus…

Pêche d'une carpe de +30 kilos
Première pépite du lac, une carpe voile…

Le temps des questions

Je choisis un poste en milieu de lac, sur le chemin suivi par les carpes pour se rendre sur les frayères qu’elles ne devraient pas tarder à gagner compte-tenu du réchauffement annoncé. L’installation se fait dans des conditions optimales sur un poste trois étoiles qui me change des berges escarpées que l’on rencontre chez moi. Le fait de pêcher la nuit en toute légalité me permettra également de dormir sur mes deux oreilles, enfin pas trop puisque je suis venu pour enregistrer quelques départs. Tout est prêt à la tombée de la nuit, les lignes tendues, les affaires en ordre sous le parapluie. Les discussions engagées avec les promeneurs dont quelques pêcheurs passant derrière mon campement me procurent des informations complémentaires concernant le cheptel, les techniques employées habituellement… Je sirote mon café en me délectant des superbes paysages qui me font face dans le crépuscule naissant, scrutant le lac pour apercevoir d’éventuelles manifestations de poissons plutôt rares à mon grand étonnement. C’est malheureusement sans surprise que je me lève le lendemain matin après avoir enregistré trois ou quatre runs… de brèmes ! Ces dames étant prêtes à frayer comme en attestent les points couvrant la tête des mâles, me voilà un peu rassuré puisque les carpes suivent traditionnellement quelques jours plus tard.

Les poissons chats les ayant laissées tranquilles, je décide de débâcher mes esches et de repositionner mes cannes de façon à exploiter autrement les spots pêchés, dans un peu plus de profondeur… Les dés sont jetés, j’espère ne pas m’être planté en choisissant un secteur éloigné de la digue où le big fish du lac a été capturé quelques jours auparavant. Mais j’ai pleinement confiance en mes appâts, des billes qui intéresseront immanquablement les carpes qui passeront à proximité, si elles viennent jusqu’à mes cannes.

Pêche d'une carpe de +30 kilos
Joli écaillage, à préserver à tout prix !
Pêche d'une carpe de +30 kilos
Des appâts qui ne me quittent plus.

Quand le lac lève le voile sur ses secrets…

C’est vers 18h30 que j’enregistre le premier vrai départ : ce n’est certes pas un monstre mais les coups de tête que je sens au travers du blank de ma 10 pieds réfutent le pressentiment d’une nouvelle capture de brème. En glissant le poisson dans l’épuisette, je m’aperçois que le lac vient de me livrer un premier petit bijou, une carpe voile d’un peu plus de 8kg. Quel dommage que la queue de cette beauté soit cassée dans sa partie inférieure, de tels poissons demandent des précautions accrues lors des manipulations du fait de leur particularité et de la fragilité de leurs nageoires. J’aurais la confirmation du mauvais état de certains fishs  du lac quand, en pleine discussion avec Charly venu passé quelques instants avec moi, j’enregistre un second départ à la tombée de la nuit sur la même canne et pose sur le matelas de réception une semi-linéaire de toute beauté, mais également à la queue cassée ! Si la blancheur entourant l’ecchymose indique un accident récent mais également un début de guérison, la blessure que présente le poisson est typique d’un accident sur le tapis ou dans l’épuisette et peut être constatée trop souvent sur des lacs très pêchés… Cette capture marquera l’arrivée des poissons sur mes spots puisque j’enregistrerai une moyenne de 6 à 7 départs par jour à partir de ce moment-là ainsi qu’une nette diminution des prises de brèmes occupées à frayer plus en amont sur ma berge.

Pêche d'une carpe de +30 kilos
Une des nombreuses wildies…
Pêche d'une carpe de +30 kilos
La seconde miroir de la session

Un bœuf au milieu des wildies

Les poissons capturés sont essentiellement des communes  calibrées entre 12 et 15 kg, même si une autre miroir d’un poids supérieur me rendra visite. Les départs s’enchaînent régulièrement de jour comme de nuit et mes journées sont rythmées par des séances fréquentes d’amorçage. Pour obliger les poissons à nager à la recherche de mes offrandes, j’éparpille en plusieurs fois quelques kilos de mes fidèles « lobster-crayfish » le long de berge me faisant face où se trouvent mes spots les plus productifs, même si je fais aussi de temps à autre quelques poissons dans mes bottes.

C’est à 9h30 le 3ème jour que j’enregistre un départ que je ne suis pas prêt d’oublier. La canne se cintre immédiatement à sa prise en main et je comprends qu’un beau poisson a engagé le duel. Pas le temps de réfléchir, je bride la bête pour l’empêcher de s’enfoncer dans les branches surplombant l’eau et pour l’amener en pleine eau où le combat se poursuivra dans de bonnes conditions. Le poisson se tient à une cinquantaine de mètres devant moi et tient le fond : pas de coups de têtes violents mais une sensation de puissance… C’est après un bon quart d’heure que j’entrevois un reflet doré furtif avant qu’une queue démesurée ne crève la surface. Peu à peu, le poisson se rapproche du bord et c’est un réel plaisir de pouvoir combattre sans risque sur un poste propre. Je tends le bras pour aller cueillir cette merveille que m’offre le lac, une valeureuse combattante couverte d’écailles dont je ne soupçonne pas encore la masse.

Pêche d'une carpe de +30 kilos
Le rêve devenu réalité

On the moon…

C’est en essayant de soulever le filet de l’épuisette que je comprends que mon vieux record vient de tomber. Je transporte difficilement le poisson court et trapu au matelas de réception et commence une éprouvante séance de pesée : le peson taré au plus juste est suspendu à une énorme branche du frêne apportant un peu d’ombre sur mon poste. J’accroche tant bien que mal le sac de pesée contenant la carpe au crochet de mon vieux Waymaster  dont l’aiguille franchit juste la barre symbolique des trente kilos. Mon cri surprend les promeneurs non loin de là, mais peu importe, on ne vit pas de telles émotions tous les jours ! Pêchant seul et ne voulant pas prendre de risque avec le poisson, je décide de faire la séance photo sur le champ. Je m’apercevrai par la suite que j’aurai pu orienter autrement mon numérique pour avoir des poses sous d’autres angles, pour ne pas avoir d’objets insolites sur les clichés. Mais peu importe, les principaux souvenirs sont dans ma tête et je relâche rapidement cette énorme commune dans son élément.

Le taux d’adrénaline retombant peu à peu, je prends le temps de savourer ces moments magiques durant lesquels tout est réuni pour vous envoyer haut dans le ciel, sans autre substance illicite qu’une poignée de billes colorées et parfumées. Après avoir fait le point sur ce qui vient de m’arriver, j’en profite pour envoyer quelques sms à des personnes qui me sont chères, à ma femme qui me pardonnent mes infidélités halieutiques, à mes potes sans qui la pêche ne serait pas ce qu’elle est, des amitiés solides et un partage sans arrière-pensée. Merci donc à Berny et Fabien qui m’aident avec le partenariat qui me lie à NRGI Baits, à Lio avec qui on refait régulièrement le monde, à Mathieu et à Charly pour les infos qui ont vraiment facilité ma quête, à Marco, à Nico qui m’a mis en relation avec Piet VOGEL, à tous les autres que je n’ai pas la place de citer…

Pêche d'une carpe de +30 kilos
Une des nombreuses visites qui ont aggrémenté ma session…

Une fin de session au ralenti

Suite à ce moment inoubliable, les captures continueront jusqu’à ce qu’un autre carpiste s’installe face à moi et pêche directement mes spots. Compte-tenu de la règlementation en vigueur sur le lac, je suis contraint de déplacer mes cannes. Mes détecteurs resteront muets au cours de la nuit alors que le collègue enchaîne les runs : et oui, les poissons sont là, et amorcés… Qu’importe ! J’ai déjà eu plus qu’espéré et je décide de partir à la découverte du reste du lac en vue d’une prochaine session. Zod chargé, je visite la moindre petite baie à la recherche d’un semblant d’activité. Attiré par deux sauts le long d’une rangée d’arbres immergés, je m’installe pour une dernière nuit, confiant. Peine perdue, je ne serai réveillé qu’à l’aube par la sonnerie de mon portable m’indiquant la fin de session. J’ai joué, gagné la première partie avant que dame carpe ne m’inflige un dernier camouflet, histoire de me rappeler que rien n’est gagné d’avance. C’est ça également la pêche, une taule suivant des moments magiques, mais qu’on est bien au bord de l’eau !

Pêche d'une carpe de +30 kilos
Fin de la séance de musculation, la 30+ va regagner son élément.

Les conditions pour la capture d’un boeuf

On ne croise pas une 30+ tous les jours, tout au moins pas moi, et de nombreuses conditions sont à réunir pour capturer un poisson trophée. Il convient tout d’abord de pêcher des eaux où nagent de tels poissons et avoir des informations précises permet de gagner beaucoup de temps, à moins d’être tenté par un pionnering total. Une approche ciblée permet d’accroître ses chances : secteur à privilégier selon la saison, appâts et amorçage, mais également temps passé au bord de l’eau…

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