L’histoire extraordinaire de la pêche aux leurres

Des histoires de pêches, des dessins de poissons ce n’est pas nouveau, et pourtant à travers les textes imagés par mes aquarelles je vous invite à profiter de mon regard sur la rivière pour redécouvrir l’univers qui peuple l’eau. J’espère secrètement vous faire sourire en prenant conscience de la fragilité de l’environnement et de la chance que nous avons d’aimer la pêche dans cette nature. Pour cela j’utilise un style narratif, un peu de poésie, un humour légèrement caustique,  des pêcheurs malchanceux, des prises records, des insectes moralistes, des animaux ahuris, des poissons rocambolesques … et pour finir des femmes habillées extrêmement près du corps. Allez, voilà c’est partie pour la grande aventure : l’histoire extraordinaire de la pêche aux leurres. On se retrouve tous les deux mois dans un max de pêche.

L'histoire de la pêche aux leurres

Le mystère du commencement

Il y a bien longtemps lors d’un été très chaud, deux jeunes enfants un garçon et une fille se promenaient au bord d’une rivière. Tapis le long de la berge, ils espionnaient l’onde espérant apercevoir ses habitants mystérieux. Allongés dans les joncs à l’ombre protectrice d’un aulne ils attendaient patiemment, en silence, que la magie des eaux s’opère. Observant le vol des myriades d’insectes rasant l’eau, ils furent surpris par un gros poisson qui jaillissant brusquement, vint gober un moucheron imprudent avant de disparaître aussi vite dans les profondeurs sombres et insondables de la rivière. Et alors qu’ils cherchaient à identifier l’auteur du remous, ils aperçurent serrés le long de la berge juste sous les roseaux et les jacinthes d’eau, tout un banc d’alevins apeurés. S’aplatissant à l’extrême, ils avancèrent pour voir le banc de plus prés. C’étaient des alevins de l’année à peine plus grands qu’une brindille, il y avait des ablettes des gardons et même quelques perchettes. Mais les enfants ignoraient tous ces noms, pour eux, c’étaient des poissons un point c’est tout. C’est en penchant sa tête au ras de l’eau que la fillette aperçut à droite du banc, trois poissons immobiles aux nageoires frémissantes qui tentaient d’encercler le banc. Ils mesuraient environ trente centimètres et dressaient une grande nageoire dorsale épineuse. Leurs yeux jaunes, les zébrures sur leurs dos bossus, et leur air féroce lui inspirèrent une crainte. Instinctivement elle recula pour ne pas risquer de tomber à l’eau alors que son compagnon s’avançait à son tour avec la discrétion d’un chat. Mais ce double déplacement furtif suffit à déclencher un mouvement de fuite dans le banc et soudain les zébrées passèrent à l’attaque. En un instant elles fondirent sur le banc qui explosa en une gerbe d’étincelles brillantes. Et devant les enfants l’eau se transforma en une marmite bouillonnante. Comme pour échapper à l’ébullition de petits éclairs blancs sautant à répétition hors de l’eau tentaient de s’éloigner poursuivit par de secs et violents éclats de bulle. La chasse était lancée elle ne s’arrêterait que lorsque les zébrées enfin rassasiées auraient dispersé le banc. Le calme revint enfin, mais les poissons avaient disparu et il ne subsistait sur l’eau aucune trace du drame. Les deux spectateurs appuyés contre la rive les mains posées devant eux respiraient profondément pour calmer les battements de leur cœur et stopper la sueur qui coulait sur leur front. La fraîcheur et le parfum de la ripisylve parvenait à peine à masquer les odeurs brûlantes de l’été qui pénétraient les poumons. Combien de temps étaient-ils restés là dans l’ombre à chuchoter espérant le retour des poissons . Mais en vain, seul une couleuvre à collier avait troublé le calme en passant le long des jacinthes d’eau. Mais l’inoffensif serpent ne s’était pas arrêté et la rivière semblait condamnée à n’appartenir qu’aux libellules pourchassant les insectes au ras du flot. La chaleur diminuait et le soleil commençait à décliner, les deux enfants décidèrent de rentrer. En prenant appui pour se relever, le garçon sentit sous sa paume une légère piqûre. À travers l’herbe écrasée, quelque chose de dur faisait une petite bosse. En écartant les herbes il mit à jour un objet métallique à moitié enterré, c’était un très vieux poisson de pêche en étain dont l’hameçon rouillé avait perdu sont piquant, mais en frottant la palette ils virent briller un éclat. Les deux enfants le regardèrent attendris . Sans doute était-il tombé des poches d’un pécheur avant d’être recouvert au fil des ans par la végétation. Le temps avait fini par éloigner définitivement son propriétaire de la rivière et ce leurre s’était vu perdu à jamais ! !! Le garçon le glissa dans sa poche, ils prirent le chemin du retour. Tout en cheminant les enfants organisaient déjà la journée du lendemain : ils reviendront demain avec du fils à pêche, ils couperont une branche dans le grand bosquet de noisetiers pour faire une canne à pêche et remplaceront l’hameçon rouillé du leurre pour tenter d’attraper une de ces grosses zébrées. Et alors que la pénombre s’étendait sur la rivière, le virus de la pêche et des poissons s’étendait sur deux nouveaux adeptes.

La pêche cette créature mystérieuse qui aliène l’homme

Ainsi est la pêche, un éternel retour aux sources aux multiples versions différentes, qui sont de toute façons… toutes justes ! Une magnifique histoire entre l’eau, les poissons et le pêcheur.

On peut donc sans risque de se tromper raconter éternellement une histoire de pêche, chacun se projettera pour y voir son expérience, ses moments de détente… son propre vécu mais aussi l’histoire les techniques de nos contemporains, le matériel et l’environnement de ces pêcheurs simples êtres vivants qui nous ont précédés, tout en essayant sans cesse d’améliorer, de comprendre d’anticiper sur le poisson. En effet la pêche existe depuis la nuit des temps, et se trouve intimement liée à notre histoire humaine. Or si l’être humain se prend souvent pour un dieu et hélas parfois de manière tellement réaliste qu’on se demanderait si Dieu est aussi orgueilleux et con que cela ! !!  Il en oublie trop souvent qu’il n’est qu’un élément de la terre et pas le seul élément. Ainsi, j’ai voulu, en rappelant notre emplacement dans le règne animal et sur la planète, voyager à travers une série d’histoires qui relatent la place et l’importance des poissons dans l’écosystème dynamique de l’eau. Et finalement la place du pécheur mi-animal, mi poisson et mi autre chose mais complètement libre…. au bord de l’eau. Le seul endroit d’ailleurs ou trois moitiés font un heureux !

Pour raconter et revisiter la pêche, il me fallait trouver un moment particulier. Ayant renoncé au calendrier lunaire réservé aux puristes, je disposais dans le calendrier chrétien (qui se trouve être le même que celui de la poste et des pompiers) d’un vaste choix : entre trois cent soixante-cinq jours (sauf les années bissextiles), cinquante-deux semaines, douze mois ou quatre saisons par an. Or pour le pêcheur toujours en quête, il me semble que lorsque souffle le renouveau du printemps l’eau évoque en nous un espoir de prises miraculeuses et l’avenir s’ouvre alors. J’ai donc choisi un jour remarquable dans notre « douce France » ou chaque pêcheur trouvera la température clémente, la luminosité satisfaisante et la durée du jour suffisante ; on y rajoutera l’hygrométrie de l’air acceptable et pour finir l’oxygénation de l’eau honorable. Tous les dictons vous le confirmeront, les poètes en rajouteront, les people adoreront et nous laisserons accessoirement les déceptions aux politiques. Car même si j’ai pris la liberté d’extrapoler, le mois de Mai est bien le plus beau de tous. Et comme dit le dicton « en mai fait ce qu’il te plaît », le premier mai s’est naturellement imposé dans le calendrier.

L’essentiel n’est pas la pêche mais essentiellement de prendre le temps de pêcher

Quand la bredouille nous guette, on se pose rarement la question essentielle : mais quand donc l’humain à t-il inventé la pêche loisir ? Parce qu’il y a obligatoirement un début. On m’a répondu, et parfois avec condescendance : Ben, dès qu’il y a eu des humains tiens ! !!

Forcément mais pourquoi un loisir, la pêche c’était pour se nourrir ! Et le loisir c’est pour se détendre, se changer les idées, se retrouver, être créatif. De nos jours c’est une évidence mais au tout début, il n’y avait sûrement pas de facture EDF, d’écoparticipation, de pollution, de trente-cinq heures, de banque, de… Président de la république.… Donc la vie quotidienne était un pur moment de loisir, difficile, parfois dangereuse peut-être. Mais pour le chasseur-pécheur-cueilleur chaque jour était un loisir, chaque jour de pêche un jour de détente et réciproquement. Comme l’homme n’avait pas encore dégradé l’environnement, il devait se faire des pêches extraordinaires qui succédaient et précédaient d’autres encore plus miraculeuses. Ce qui fait que le seul point noir concernait les histoires de pêche le soir devant un bon feu de camp qui ne suscitaient pas d’intérêt pour la communauté et devaient par contre être d’une banalité déconcertante. Ainsi au fil des saisons les saumons devenaient de plus en plus gros et les filets de perche servis à point sur une pierre plate faisaient saliver les enfants. Malheureusement nous nous sommes sédentarisés et avons commencés à organiser l’environnement, le mauvais côté de l’humain a pris la nature en main, il s’est civilisé, modernisé, mercantilisé .Les histoires de pêche sont finalement devenues intéressantes et les revues de pêche nous font désormais rêver !!!

Alors pour prendre un peu le temps de vivre et réapprendre à contempler l’eau, je vous propose de raconter et d’illustrer mes histoires sur la pêche.

La curiosité du pêcheur l’incite à observer la rivière … et réciproquement

À travers l’histoire géologique de notre terre je me suis accaparé les événements (et quelques idées de mes contemporains, à qui je promets de ne pas m’enrichir sur leur dos ), avec une facilité déconcertante, digne des grands navigateurs découvrant une île déserte, habitée par une tribu indigène. Et à laquelle le capitaine annonçait : « Ben, salue ton nouveau drapeau garçon …. tu viens de devenir ma propriété ».

Bien que la curiosité à l’égard des poissons nous appelle à la connaissance, il m’a semblé important de ne pas tirer de conclusion hâtive et d’établir des certitudes « à la va vite » sur les découvertes halieutiques. Ainsi de nombreux journalistes-pêcheurs ont coutume de citer Henri Bresson (1924-2010), dit le sorcier de Vesoul comme le créateur de la mouche mondialement connue, nommée: la French Tricolore. Or personne n’a jamais vérifié si Henri Bresson parlait anglais, ou s’il avait fréquenté Harry Potter à l’école des sorciers de Pouldard !!!

Bref, dans mes histoires et dessins, le détail sera souvent plus important que les convictions et croyances parfois erronées de nos historiens.

On y retrouvera nos deux héros du début à des ages avancés et sous des formes imagées au gré mon inspiration, parfois débordante je l’avoue. Ce qui vous laisse de la place pour mesurer à quel point je suis un pêcheur subversif et dangereux pour la communauté. Les aventures et personnages qui constitueront le reste du décor sont tirés d’événements et de documents bien réels. Mais pour éviter les polémiques, les mauvais coucheurs, les procéduriers (on en trouve aussi à la pêche)…et tutti quanti, et pour ne pas fausser l’histoire et amener dans l’esprit de ces « penseurs » gavés de certitudes des doutes qui leur ferait dire : « non mais là, on devrait interdire ce genre de lecture pornographique ». J’ai tout simplement renommé les noms ! Par exemple dans l’épisode ou la petite femelle australopithèque découvre l’utilisation de la canne à pêche celle-ci s’appellera Pamela et non Lucy.

Les procéduriers et l’historique y gagneront ce que Lucy y perdra : Lucy restera donc pour l’éternité une petite idiote imprudente qui se sera noyée à vingt-cinq ans et qu’une poignée de paléontologues mélomanes ont mis trois millions deux cent mille ans à venir secourir des eaux boueuses de la rivière Awash en Éthiopie . Alors que dans les années deux mille, Pamela Anderson au même âge lançait chaque semaine une alerte chez les lifeguards et « rameutait » les secouristes, passionnant du même coup plus d’un milliard de téléspectateurs essoufflés, lorsque après une inoubliable manière de courir au ralenti, elle plongeait dans les eaux turquoise de l’océan pacifique, sur la plage de Malibu en Californie.

Ensuite ma présentation sera suivie d’un résumé des points techniques et acquisition en matière de pêche, puis d’une conclusion qui renverra à la chronologie les êtres et objets tel que l’école nous l’a enseigné. L’intérêt étant finalement de constater que ce sont les choses naturelles et les gens simples qui font l’histoire et notre vie de tous les jours. Ainsi, vous l’avez compris ces écrits et dessins sont un recueil d’observations halieutiques, de découvertes en bio-imitation et de prouesses biotechnologiques qui renvoient d’une simple pichenette, Bill Gates, Apple, Monsanto et la bombe H au rang d’une simple cuillère en bois coincée dans un tiroir de la cuisine. Place qu’ils n’auraient jamais du quitter !!!

L'histoire de la pêche aux leurres

Un commentaire

  1. Fantastique!
    J’attends avec grande impatience le nouvel épisode.
    Un très grand merci à ce grand auteur.

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