La FNPF au Tour de France, une bonne chose pour la pêche?

Cela faisait quelque temps que je voulais me prononcer sur la récente actualité qui a fait débat : la présence de la FNPF sur le Tour de France pour promouvoir la pêche auprès du grand public. Je ne l’avais pas fait car je ne souhaitais pas jeter de l’huile sur le feu et j’avais aussi besoin de prendre du recul, c’est désormais chose faite.

Pour rappel, la FNPF a annoncé sa présence sur le Tour de France organisé par A.S.O Challenges. Les commentaires ont été nombreux, souvent négatifs et j’ai donc décidé de poser quelques questions à la FNPF qui m’a fait le plaisir de répondre via son président Claude Roustan. A la lecture des réponses, j’ai été comme bon nombre d’entre vous, assez surpris par le côté « je noie le poisson » ou encore « langue de bois » mais finalement les informations qui m’intéressaient le plus était bien là et c’était le principal : le budget de la présence sur le Tour De France est le même que celui des précédentes opérations des années précédentes, à savoir le spot publicitaire sur TF1 et la présence au salon de l’agriculture, tout cela représentant 3% du budget de la FNPF.

Pourquoi la présence sur le Tour de France n’est pas une mauvaise chose ?

J’ai vu dans les nombreux commentaires qu’il était dommage d’être présent dans un sport de dopés. Dommage de voir de tels raccourcis faciles alors que je lutte désespérément contre l’image du pêcheur avec sa bouteille de rouge, assis sur sa glacière à regarder un bouchon pendant des heures. Désolé, je suis un amoureux du Tour de France, de longue date, je ne me souviens d’ailleurs pas en avoir raté un à vrai dire. Le cyclisme est un sport où il y a du dopage, oui, comme beaucoup (ndlr : pour ne pas dire tous) d’autres sports. Il est d’ailleurs maintenant tellement contrôlé que l’on assiste au « dopage mécanique » plutôt que du coureur en lui-même. Le Tour de France est l’une des compétitions les plus retransmises dans le monde et c’est aussi un événement pour les villes et villages qu’il traverse. C’est, à mon sens, plus sain aujourd’hui d’être présent dans le cyclisme que dans le football où les valeurs semblent bien moins présentes, il n’y a qu’à voir les cas Aurier et consors ou le melon de certains joueurs… alors que dans le cyclisme, sport individuel pratiquée en équipe, on semble bien plus humble même s’ils ne sont pas toujours tous très clean. Bref, tout cela pour dire que le Tour de France est une compétition très suivie et son image n’est pas pire que celle du football, alors je dis pourquoi pas. De toute manière, existe-il un sport populaire sans tricheurs? Je ne le pense pas.

Certains ont dit que la présence dans la caravane ne servait à rien. Et bien figurez-vous qu’il vous suffit de vous rendre une seule fois sur les routes du Tour de France pour voir que la caravane est parfois plus attendue que les coureurs eux-mêmes. Il y a les amoureux du sport, et il y a les amoureux de la caravane et ses objets publicitaires en tous genres, qui se jettent à terre pour récupérer le moindre badge ou un morceau de saucisson. Si si, je l’ai vu de mes propres yeux… Là encore, la présence dans la caravane me semble justifiée… à condition de voir ce qui va être distribué aux spectateurs, il faudra que les produits donnent envie d’aller à la pêche pour le grand public. A votre avis, pourquoi de nombreuses marques sont présentes dans la caravane ? C’est qu’il y a un intérêt marketing indéniable à y être.

Troisième point, la présence sur certaines étapes où des animations vont être mises en place. Là c’est clairement à cette place que la FNPF doit se retrouver et je trouve dommage qu’il n’y ait pas plus de présence d’ailleurs, mais cela a un coût et j’imagine que c’est une question de budget. Je pense qu’il n’y a pas mieux que le contact direct avec le grand public pour susciter l’envie, c’est ce que je fais dès que possible de mon côté pour casser l’image du vieux pêcheur alcoolique qui surveille son bouchon toute la matinée.

Pourquoi investir une partie dans la communication est important ?

Certains internautes ont réagi sur le fait que la somme devait être utilisée pour des actions dans les cours d’eau qui se meurent. Sur le fond, ils ont raison, mais la réponse de Claude Roustan à ce sujet est pourtant limpide : 67% du budget de la FNPF y est déjà consacré. Mettre cet argent supplémentaire aurait donc un faible impact sur le terrain (hausse de 4% environ) tout en se privant intégralement des bénéfices de la médiatisation. Une mauvaise opération assurée.

Alors pourquoi est-ce si important ? Un sport ou une activité qui n’est pas visible, c’est une activité qui se meurt dont les effectifs ne sont pas renouvelés et en plus d’un manque de dynamisme, cela n’est jamais un bon signe envoyé aux administrations locales. Alors le sondage montrant la place économique de la pêche en France (2 milliards) était une excellente chose pour cela. Le spot a la télévision également, cela montre que la pêche est une activité qui bouge, qui regroupe du monde et qui a les moyens d’exister, prouvant ainsi sa bonne santé.

Le spot publicitaire ou encore la présence sur le tour de France, ce sont des pêcheurs potentiels qui seront touchés, mais aussi des maires, des chefs d’entreprise, des préfets, bref, des personnes qui un jour auront peut-être à se prononcer sur des décisions qui concerneront la pêche. Quand on voit l’importance que cela peut-avoir d’être influent sur le plan local et politique avec les pêcheurs pro et leur lobbying, il parait évident que la pêche de loisir doit travailler ce point de la meilleure manière possible. Personnellement, j’irais même à augmenter un peu ce budget (lobbying, marketing et publicité) pour donner encore plus d’élan à la pêche, mais heureusement pour vous, ce n’est pas moi qui décide 😉

On est loin de la beauté de la pêche, du loisir, de la nature mais nous vivons dans un monde auquel nous devons malheureusement nous adapter. Ne pas le faire serait une erreur et il faut donc en passer par le marketing et la publicité pour se faire connaitre et montrer l’importance de la pêche de loisir en France.

Pour terminer, je tiens à souligner que les effectifs de pêcheurs sont en hausse ces 2 dernières années, après des années, voir des dizaines d’années de baisse. Alors je n’ai qu’une question : et si l’impact des spots publicitaires sur TF1 en étaient une explication partielle?

ATTENTION

Ni le magazine 1max2peche ni moi-même avons un lien avec la FNPF. En 10 années de presse halieutique, j’ai rencontré une seule fois les 2 personnes en charge de la communication à la FNPF. A part quelques mails dans l’année, ce sont mes seuls contacts avec cet organisme. C’est donc un avis strictement personnel et absolument impartial qui vous est livré là, même si vous ne partagez pas cet avis.

3 commentaires

  1. Bonjour,
    Que cela fait du bien de voir un commentaire positif et d’actualité, il y en a marre des « yaca faucon ».

    merci

  2. Derrière tout ça, il y a une chose qui m’embête un peu : on veut toujours plus de pêcheurs. Est-ce vraiment raisonnable ? Personnellement, je trouve que le nombre de pêcheurs est déjà plus que satisfaisant, en tout cas dans ma région (Isère). Pêcher tranquille le week-end devient une chose très difficile à certains endroits, a part les jours de pluie. Et devoir se farcir 200 bornes pour trouver un lieu sauvage, non merci je n’ai pas les moyens.
    Du coup j’ai même peur que l’effet inverse se produise, trop de monde donc arrêt de la pêche (j’ai déjà fait un arrêt de 2 ans, principalement à cause de ça …). Pour moi la pêche signifie nature et tranquillité. Si c’est pour ce marcher dessus, c’est pas la peine.
    Je veux bien que certaines régions soient en manque de pêcheurs, mais attention de ne pas en faire une généralité, sinon la surpêche nous pend au nez.

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