Evadez vous ! Découvrez la pêche en Laponie

En 2023, si vous partiez pêcher en Laponie ? L’idée ne vous a jamais traversé l’esprit, car c’est une destination assez peu connue. La plupart d’entre nous savent qu’il s’agit du pays du père Noël et des rennes, mais pour la pêche c’est plus confidentiel. Beaucoup pensent qu’il n’y a que des truites et des saumons. C’est un peu réducteur et l’on y trouve une très belle population de brochets et de perches. C’est une région fabuleuse et fantastique. La Laponie se situe au nord de l’Europe, elle est sur 4 pays : le nord de la Suède, de la Finlande, de la Norvège et la presqu’île Russe de Kola.

Pêche en Laponie

Si l’hiver les températures sont rudes et la région recouverte par les glaces, le printemps fait rapidement tout disparaître pour laisser la place à une végétation luxuriante et dévoiler des milliers de lacs ainsi que des rivières magnifiques qui vous permettront de pêcher la truite et l’ombre aux leurres.  Les brochets et les perches sont également représentés en grande quantité dans les grandes rivières ou les lacs. La saison d’alimentation est courte et intense et c’est vers eux que nous nous tournerons.

Organisation d’un voyage pêche en Laponie

Un voyage cela se construit souvent minimum un an à l’avance, déjà ne serait-ce que pour la constitution du groupe de pêcheurs. Pour la pêche en bateau, le plus simple est de se retrouver à deux par bateau, c’est plus confortable et plus sécuritaire. Il faut alors savoir qui pilotera le bateau. Il est important de savoir que les lacs lapons sont extrêmement rocheux, si le conducteur du bateau est important, son binôme à l’avant est prépondérant. Il devra s’assurer visuellement de la possibilité de passer ou pas. Il annoncera les rochers affleurant pour lever le moteur thermique ou électrique et se servira de la rame pour guider le bateau.

Dans le même temps que la constitution du groupe, il faudra se renseigner sur les différents camps de pêche, là ce ne sera pas une mince affaire, il faudra regarder les différentes prestations offertes, contacter les organisateurs et ne pas hésiter à utiliser le bouche-à-oreille pour avoir le ressenti des pêcheurs qui y sont allés. L’idéal est de bénéficier sur chaque bateau, d’un moteur thermique, d’un moteur électrique et d’un sondeur. C’est à mon avis le minima pour pêcher serein sur le bateau. Une fois les différentes prestations étudiées, la destination choisie, il faut se lancer dans les réservations du séjour. La période de pêche étant assez courte et le nombre de camps en Laponie étant réduits, il faudra bloquer le séjour au plus tard en septembre pour l’année suivante. Plus le groupe est important, plus il faudra s’y prendre tôt. Lors de la constitution du groupe, il est important que le groupe ait le même objectif. Cela peut-être de faire du 100 % pêche, ou mi-pêche mi-fiesta, mais il faut que tout le monde le sache pour éviter tout malentendu, toute frustration et que chacun passe un bon séjour. Une fois tout ça mis à plat il faudra réserver l’aérien entre décembre et janvier pour le mois de juin. L’idéal reste de n’utiliser qu’une compagnie, en cas de retard ça ne posera pas de soucis au niveau des escales. Si vous passez par plusieurs compagnies, en cas de retard sur un vol vous risquez de rater le second vol, le vol suivant sera alors à votre charge financièrement avec tous les désagréments que cela peut causer. Pour éviter ces soucis n’hésitez pas à prendre de la marge lors des escales, quand tout se passe bien c’est superflu, lorsque ça coince on s’en mord les doigts. Une fois l’aérien bloqué, deux possibilités soit le camp vient vous chercher à l’aéroport et vous conduit sur le site. L’organisation vous gérera au quotidien entre les différents sites de pêche. Soit, autre possibilité vous êtes autonomes, une fois que vous avez les dates et heures des vols, réservez votre véhicule, j’en connais qui ont attendu les dernières semaines et se sont retrouvés sans véhicule de disponible, les flottes ne sont pas extensibles…

Pêche en Laponie
Une récupération rapide du leurre dans 1,50m d’eau, blocage, un ferrage de bourrin avec la Poison Adrena 169 XH, un poisson de rêve qui affiche 126 cm.

On veut souvent économiser côté véhicule, par exemple pour un groupe de 8 certains vont se satisfaire d’un fourgon 9 personnes. C’est moins cher certes, mais attention cela signifie que vous n’aurez qu’un véhicule pour vous déplacer pendant tout le séjour. Vous n’aurez qu’un véhicule pour aller à la pêche le matin, tout le monde devra partir et rentrer en même temps. Obligation de dépose à droite à gauche des binômes de pêche en fonction des bateaux disponibles sur les différents sites de pêche. On y pense rarement au moment des réservations, mais il est bien d’avoir au moins 2 ou 3 véhicules pour un groupe de 8. En juin, il fait jour tout le temps alors il serait dommage de se brider. Pour un véhicule de plus, les binômes gagnent énormément en liberté et tout le monde est satisfait.  Une fois tout ça fait, il ne reste plus qu’à patienter jusqu’à la date du départ.

Faites vos valises !

Les derniers jours approchent, c’est le moment de se pencher sur la valise, on passera rapidement sur le vestimentaire. Il faut pouvoir parer à une journée de pluie, au temps froid comme à 30 degrés. Le temps change très vite et les prévisions météo très aléatoires. L’idéal est d’avoir du vêtement technique qui ne prend pas trop de place. Pour la pêche du bord une paire de waders est nécessaire, en bateau un pantalon de pêche étanche et une paire de chaussures de randonnée étanches seront parfaits. Mi-juin, les moustiques se réveillent, ils sont très actifs. Il faut absolument prévoir du répulsif. On trouve facilement les filets de protection pour la tête sur Decathlon pour 4€ prix de départ.  Pour ceux qui pêcheront du bord c’est un plus pour la sérénité. En bateau pas de soucis, ils ne sont quasiment pas présents sur l’eau, sauf dans les anses et rivières.

Prendre ses cannes ou pas ?

On se pose souvent la question. En transport aérien avec certaines compagnie les équipements de pêche comme les cannes monobrins entraînent un surcoût conséquent. Mais on apprécie de pêcher avec son matériel. L’utilisation de cannes 2 brins permet d’utiliser des tubes de transport de taille réduite, il suffit alors de prendre un bagage supplémentaire à 30€ ce qui est tout à fait raisonnable.
La Shimano Poison Adrena 169XH en 2 brins casting permettra de passer jusqu’à 170g et la Shimano Sustain Spinning 711 MHMFC 14-42 g permettra de pêcher le brochet avec des leurres plus légers ou la perche. Pour les moulinets le Shimano Calcutta Conquest 301 et le Shimano Sustain 3000 HG feront parfaitement le job. Une récupération rapide est souvent la solution pour déclencher les touches franches, les brochets sont habitués aux salmonidés.

Pêche en Laponie
Pour être serein rien de mieux que de partir avec son matériel.


La valise est limitée à 23 kg, plus le bagage cabine pour lequel vous bénéficiez de 8kg et d’un petit bagage à main. Pour ces deux derniers, il ne faudra pas d’hameçons, pas de liquide, les moulinets avec du fil, c’est au bon vouloir de la compagnie, il peut être risqué de prendre les moulinets en cabine. C’est l’heure de se pencher sur la sélection à emmener et de faire les boites. Dans l’ordre avant de penser leurres, il faut penser logistique. La trousse à pharmacie, strips, antiseptique, doliprane, anti douleur, anti-inflammatoire, compresses, bandes, pansements, pince à épiler pour retirer les échardes, coalgan pour stopper les saignements. Même si ça ne fait pas la pêche cela permettra de régler les petits problèmes. Pour le petit matériel pêche, il vous faut par pêcheur : une lime pour affûter les hameçons, il y a régulièrement des contacts avec les pierres et afin de garder un bon piquant la lime est nécessaire. Une pince à bec long, une pince à anneaux brisés, une pince pour couper les hameçons. La pince pour couper les hameçons cela peut permettre de simplifier le décrochage d’un poisson, ou en cas d’accident avec un pêcheur de ressortir l’hameçon. On aurait pu dire un pour deux pêcheurs, mais en cas de perte cela signifie que le bateau n’aura plus rien pour décrocher les poissons ou couper un hameçon mal placé. On va donc éviter. Pour le brochet et la perche, ce ne sera pas une pêche finesse, malgré tout pour que les leurres de petite taille nagent, on prendra des bas de lignes titane, qui permettront à la fois de pêcher la perche et de se protéger des dents tranchantes des brochets. Pour le brochet on aura le choix entre un fluorocarbone en 0,80 minimum ou un bas de ligne titane. Une tête de ligne est vivement conseillée pour protéger les tresses de l’abrasion des rochers.

Pêche en Laponie
Les perches l’une derrière l’autre, en fonction de l’activité il faut les rechercher soit en 18-20g si peu actives soit en 12g si actives, ici le Shimano Bt Spin a fait la différence.

Gestion des boîtes de leurres

Généralement la pêche ne s’effectue pas dans les secteurs profonds, bien au contraire, il faut parfois oublier toutes nos habitudes. En fonction de l’évolution de la végétation, les brochets vont évoluer relativement près du bord, ainsi à la belle saison il n’est pas rare de retrouver les poissons métrés dans 20cm d’eau. Pour la taille des leurres, les brochets ne sont pas focalisés sur les très grosses proies sauf quand ils sont sur les brochets eux-mêmes ! En règle générale des leurres entre 11 cm et 23 cm suffisent largement à couvrir la plage d’alimentation. Il y a peu de perte de leurres en pêche pour ainsi dire pas. Les rares pertes surviennent lors de casses au lancer alors inutile de se surcharger. Pour les leurres souples le plus simple est de les prendre non montés, de prévoir des montages à vis adaptés pour des leurres de 15 à 23 cm que l’on retrouve dans différentes marques comme Spro réf 58206, Bkk réf 63220. L’avantage est de pouvoir changer le lest du leurre à tout moment. A la touche le leurre est expulsé par le brochet, il est ainsi préservé des dents tranchantes et dure plus longtemps. Quelques plombs poires de 5 à 20 grammes compléteront les montages en fonction des besoins. Dans les leurres souples, le Pig shad 23 cm reste une valeur sûre.

Pêche en Laponie
Combat tout en puissance sur ce joli poisson qui cintre la Shimano Sustain 711 MHMFC.

Pour les leurres durs, il faut prévoir avec billes et sans billes. Parmi les incontournables, il y a le Buster Jerk pour les jours de vent, les Salmo Sliders flottants et coulants en taille 10, le BBZ junior en slow sinking. L’avantage des leurres flottants est de pouvoir être lestés pour pêcher plus creux. Dans les zones peu profondes dès que ça bloque dans un caillou, il suffit de laisser un peu de mou à la façon d’un cranck et le leurre se libère.

Prévoir aussi une ou deux grenouilles, spinnerbaits et chatterbaits pour les pêches dans les bordures de joncs. Un peu de leurres à palette, minnows et lames pour les perches compléteront très bien la boite. Pour les coloris rien d’exceptionnel, le Parrot, le coloris gardon et le marron fonctionnent très bien. L’alimentation des brochets sur place est constituée de poissons blancs, d’Artic Char (jetez un œil sur google et vous comprendrez pourquoi il ne faut pas négliger l’orange), de truites et d’ombres. Côté bagagerie, c’est toujours compliqué de prévoir les bakkans et autres, des simples sacs de courses renforcés feront parfaitement l’affaire ça ne pèse rien et ne tient pas de place. Il faut savoir rester sobre dans le choix du matériel pour ne pas exploser les 23kg autorisés par bagage.

Quand on ne trouve pas les gros brochets de 90 plus sur les bordures, il est aussi possible de se faire plaisir en jouant avec les perches. Du moins pas qu’avec les perches, car les concentrations de perches de plus de 30 cm sont souvent suivies par des brochets de belle taille. A force d’enchaîner les perches les brochets ne restent pas indifférents et c’est souvent lorsqu’il n’y a plus de touche de perches, que l’on prend une grosse sacoche avec un invité surprise qui est passé à table lui aussi. L’excitation se communique dans l’eau, il faut juste espérer que le brochet se déclenchera sur votre leurre, pas sur une perche que vous venez de prendre ! A ce petit jeu, il est bien rare de prendre un poisson de moins de 90 cm.

Pêche en Laponie
Au milieu des perches le poisson surprise qui est venu s’inviter !

La Laponie est une région grisante pour les pêcheurs à partir de juin, les jours s’enchaînent sans nuit, la nature est somptueuse et tout pousse en accéléré. Elle nous fait complètement oublier la réalité du quotidien. Loin de toute civilisation, les routes en terre nous conduisent à des lacs perdus dans les forêts nordiques de pins, de bouleaux et d’épicéas. Nous croisons parfois un troupeau de rennes, un lièvre arctique, un grand tétras, plus rarement un élan et encore moins souvent un autre véhicule. Sur les berges des lacs nous retrouvons régulièrement des fumoirs et des installations en bois pour faire sécher le poisson ou la viande. Ici les gens vivent en autonomie. La pêche, la chasse, la cueillette et l’élevage de rennes font partie de leur quotidien. Une vie compliquée que nous n’entrevoyons qu’à la belle saison. C’est en croisant les voitures locales avec leurs feux additionnels longue portée, que nous nous rappelons qu’il y a aussi cette longue période de nuit. Peu importe la pêche et la météo, les paysages vous marqueront par leur beauté, les couleurs sont exceptionnelles et la pureté de l’air inégalé. Il sera dur de revenir après avoir vécu un rêve éveillé !

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