Davantage de PCB dans nos rivières… une bonne nouvelle!?

Derrière ce titre légèrement provocateur, il faut tout d’abord se réjouir d’une première chose : les pollutions aux PCB sont de plus en plus nombreuses, surtout du fait qu’il y ait de plus en plus de contrôles. D’ici quelques temps, il ne devrait plus exister de sites contaminés non-répertoriés et les populations seront donc plus ou moins protégées contre le futur mal du siècle comme ce fut le cas avec l’amiante.

 

Une utilisation à outrance

Le PCB a été très largement utilisé dans de nombreuses applications entre les années 1930 et 1980 : peinture antirouille, textiles, asphaltes, caoutchoucs mais aussi radiateurs à bain d’huile et transformateurs électriques par exemple. Le pyralène (son petit nom commun) s’est répandu dans les terres et rivières, et les poissons le consomme en remuant le fond. Résultat : le pyralène se retrouve stocké dans les zones graisseuses des poissons pendant de nombreuses années, et il en est de même pour l’homme. Cette substance est dangereuse pour l’homme, et principalement chez les femmes enceintes qui peuvent transmettre ce produit chimique au foetus ce qui va entraîner un retard moteur et mental du futur nourrisson. Pour l’homme, des problèmes de thyroïdes et de fertilité peuvent survenir, et ce n’est peut être pas tout!

pollution-pcb-carte-franceCette année, ce sont pas moins de 550 sites terrestres pollués qui ont été recensés  contre 437 l’année précédente. Comme est-ce possible si le PCB est interdit depuis les années 1980? Avec la hausse des recherches dans un premier temps, mais également avec la hausse des pillages de cuivre dans les transformateurs, ensuite abandonnés. Ces transformateurs contiennent de grandes quantités de PCB, qui va pénétrer profondément dans le sol puis s’écouler jusqu’à l’eau avec les années. Les petites éléments qui contiennent du PCB sont également au fond de nos décharges, et avec le temps, l’érosion, les alluvions, tout cela arrive petit à petit dans nos rivières et attend sagement dans le fond de nos rivières et des mers.

 

La Saône, exemple de l’incohérence

La Saône est un bel exemple de rivière polluée et de raisonnements farfelus! Certaines espèces sont interdites à la consommation, notamment les espèces qui se nourrissent sur le fond comme la brème, la carpe et autres cyprins. Si l’homme ne peut manger ces poissons « contaminés », il a cependant le droit de prélever et manger des brochets « qui eux vivent dans les couches supérieures d’eau ». Et à votre avis, ils mangent quoi les brochets et les sandres? Des frites? Des poissons qui sont pollués au PCB pardi! Et pourquoi ne pas interdire le prélèvement de tous les poissons en Saône, par tous, et d‘instaurer un no-kill général et obligatoire? Le PCB pourrait-il être une bonne nouvelle en servant d’alibi à une pêche en no-kill obligatoire? Le sujet mérite une grande réflexion!

 

[alert type= »blue »]Je n’ai ni les compétences, ni la maîtrise du dossier pour pouvoir affirmer que les poissons carnassiers vivant dans les couches supérieures sont, ou ne sont pas, victimes de pollutions aux PCB. Mais quand on sait que certains lots de la Saône sont toujours autorisés aux pêcheurs professionnels, j’ai vraiment l’impression d’une énorme incohérence dans cette décision. La consommation de poissons pris par des amateurs est plus dangereuses que celles faites par les professionnels? Que nous est-il servi dans les restaurants quand un filet de sandre ou une friture est commandée? J’ai vraiment du mal à croire que seul une catégorie de poissons soient concernés, et je me demande encore si cette décision partielle n’est là que pour faire plaisir aux pêcheurs professionnels… en laissant une part de risque pour ce qui se retrouve dans nos assiettes.[/alert]

 

Lire un article complet sur Le Figaro : 

pollution-pcb

 

3 commentaires

  1. Ce qui surprend, c’est que les médias se font très peu écho de ces interdictions. Ainsi, pour la Saône, elle est en place depuis plusieurs années, mais on en entend plus parler. De ce fait, certains pêcheurs, peuvent penser, par erreur, qu’elle est levée et tout danger écarté.

  2. Pour la Saône, je ne comprend effectivement pas leur décision… Le pcb se retrouve dans les poissons prédateurs par bioaccumulation, et c’est d’ailleurs ceux qui sont au bout de la chaîne (et les plus gros) qui sont les plus contaminés. Au Québec, il y a un guide de consommation du poisson, basé principalement sur la présence de mercure dans la chair des poissons. Il est par exemple déconseillé de manger régulièrement des poissons prédateurs comme les dorés, brochets, musky qui sont tout au bout de la chaîne alimentaire piscicole. On devrait carrément interdire de manger les gros sujets tant qu’à moi!

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