Confidence sans tabous d’un champion de France de pêche à la mouche

Jean Benoit Angely, pêcheur à la mouche de talent
Depuis 10 ans Jean Benoît évolue dans le haut de la compétition nationale

Bonjour Jean Benoît, merci de m’accueillir dans ton gîte sur les bords de l’Agout. Permets-moi de te féliciter pour ton titre individuel de champion de France l’année passée. Aujourd’hui, j’aimerais que tu expliques à nos lecteurs ce qui fait vraiment la différence entre un pêcheur de loisirs et un pêcheur de compétition. Bien entendu si tu pouvais me livrer quelques confidences, quelques astuces, cela pourrait toujours (me) servir… Si tu veux bien te présenter.

 

J’ai 37 ans, marié, une petite fille. Je suis guide de pêche professionnelle breveté et je possède un gîte de 25 lits me permettant d’accueillir dans de bonnes conditions ma clientèle, essentiellement des groupes, des stagiaires et des moucheurs en vacances car la région est formidable pour le tourisme-pêche.

Je pêche à la mouche depuis plus de 20 ans et la compétition m’a permis d’évoluer car elle m’incite à me remettre en question en permanence. Elle m’oblige à me confronter avec d’autres pêcheurs sur des parcours que je ne connais pas. Ceci me contraint à voir les choses autrement et dans des conditions différentes à chaque sortie. Ceci permet de progresser énormément.

LA PROGRESSION PAR LA COMPETITION

C’est cela qui fait la différence entre un pêcheur amateur et un pêcheur de compétition ?

Pour être plus clair, disons qu’un pêcheur est souvent très bon dans sa rivière, car il la connaît par cœur, mais il sait rarement s’adapter ailleurs. D’ailleurs pourquoi le ferait-il puisqu’il a généralement de très bons résultats ? La réponse est évidente : il connaît chaque pierre, chaque méandre, chaque poste. Il sait quand et où pêcher et quelle mouche utiliser (et n’en changera pas) mais il pêchera les mêmes endroits puisqu’il a ses postes, des postes qu’il prospecte ici où là suivant l’heure de la pêche.

A force de peigner sa rivière il saura immanquablement où sont les truites et cela sans se tromper.

Éventuellement si le temps n’est pas favorable, il reportera sa sortie au lendemain évitant ainsi l’échec.

Ce pêcheur ne se pose pas de question. Il ne se demande pas comment transposer ses connaissances sur un autre parcours et il ne cherchera pas à comprendre pourquoi la truite est sur tel poste à tel moment de l’année et pourquoi elle est sur tel autre à un autre moment. Pourquoi la pêche est différente lorsque l’eau est plus froide ou plus tempérée, si elle préfère le courant plutôt au calme à tel moment ou à tel autre…

La différence, c’est qu’un compétiteur doit prendre du poisson sur un parcours défini et quelles que soient les conditions météo ou l’état de la rivière. Le problème c’est que ce que l’on sait sur une rivière n’est pas toujours transposable sur une autre rivière qui a pourtant les mêmes similitudes.

C’est ce mélange des expériences qui permet de progresser. Et si l’on progresse on devient encore meilleur sur sa rivière car avec une nouvelle approche on s’aperçoit que l’on pêchait bien, mais pas efficacement tous les jours…

En oubliant les idées reçues on voit sa rivière autrement et la compétition aide à cela.

Jean Benoit Angely, pêcheur à la mouche de talent
Les compétiteurs recherchent les gros poissons pour gagner des points

La progression est inévitable par la compétition ou bien elle nivelle les pêcheurs ?

La compétition oblige à progresser puisque le pêcheur n’a ni le choix du jour, de l’heure, du parcours et de la météo. Le jour « J » il faut faire avec, puisque cela est prévu souvent un an à l’avance. La seule chose que l’on sait c’est le pays, la région, … les rivières et le jour de cette compétition, qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige il faudra s’adapter.

Ce qui est amusant, c’est que dans ces conditions, les pêcheurs locaux sont étonnés que l’on ne prenne pas autant de poissons qu’eux !

Ils vous disent « vous n’avez fait que 3 poissons ? Moi lorsque je pêche ici j’en fais au moins une vingtaine » … Sauf que ces pêcheurs locaux ils y vont quand les conditions sont optimales et cela fait bien évidemment la différence. Je ne suis pas certain que s’ils étaient dans les mêmes conditions difficiles que nous ils feraient une seule truite !

Ils ne prennent aucun risque, ainsi ils sont certains de ne jamais se tromper…

SAVOIR NE PAS ECOUTER LES AUTRES

Lorsque tu prépares une compétition, est-ce-que tu prends en compte les renseignements des pêcheurs locaux. Est-ce utile, nécessaire ?

C’est délicat… Le pêcheur local a une vision très particulière de sa rivière. Il peut donc donner des informations qui ne sont pas adaptées à la situation comme je te le disais précédemment. Par contre il peut avoir de bons renseignements sur un endroit précis parce que les conditions sont telles qu’il y aura beaucoup de poissons postés. Mais ces indications sont faussées parce qu’il va toujours pêcher cet endroit et qu’il sait que « là il fera du poisson ». Par contre il négligera plusieurs spots, estimant qu’ils sont improductifs, alors qu’au contraire il y a de beaux poissons en postes, mais qui sont difficilement prenables et qui peuvent faire la différence au moment de comptabiliser les points.

Est-ce que tu écoutes les renseignements donnés par les pêcheurs locaux pour le choix de la mouche. Ceci est souvent important, non ?

Non pas vraiment, peut-être est-ce le contraire !

Comme il utilise toujours la même mouche, même si elle marche moins bien, il n’en utilisera jamais une autre de peur de faire bredouille, ou moins de poissons…

Ceci se vérifie très souvent dans les compétitions qui se déroulent en France, où les compétiteurs locaux ne sont pas généralement dans les premiers cars ils n’ont pas cherché à faire différemment ce jour là. Les « pêcheurs invités » eux font preuve d’imagination et se place souvent mieux sur les podiums.

 

Jean Benoit Angely, pêcheur à la mouche de talent
Sur un même parcours il ne faut rien négliger et tenter plusieurs techniques

L’ART DE LA MOUCHE

Que penses-tu de la notion de « l’art de la mouche » ?

Ne penses-tu pas qu’il s’agit plutôt du montage des mouches artificielles qui pourrait être considéré comme « un art » plutôt que la simple gestuelle ? Je dis cela car je sais que tu es un expert, que tu montes tes mouches et que tu en fais commerce.

Il me semble que « l’art de la pêche à la mouche » est une notion dépassée. Elle se justifiait lorsque les pécheurs n’avaient à leur disposition que du matériel rarement adapté permettant de fouetter correctement et de déposer leur mouche sur l’eau en toute discrétion. Les cannes étaient lourdes et les soies tapaient l’eau alors qu’aujourd’hui nous avons des matériels performants.

Concernant le choix de la mouche en compétition, nous n’avons nul besoin d’être des entomologistes et de savoir combien de pattes possèdent telle ou telle mouche, si son corps doit être brun ou roux ou ses ailes blanches ou grises.

Tout cela est inutile. En compétition tout est simplifié au maximum et nous possédons des mouches faciles à monter et qui sont très efficaces. Certains moucheurs en voyant ma boîte m’ont regardé avec perplexité, se demandant si je ne me moquais pas d’eux tellement mes boîtes sont basiques et les mouches toutes semblables. En réalité, seules les dimensions de l’hameçon et le poids de la mouche déterminent mon choix.

 

MOUCHE EXACTE OU MOUCHE INCITATIVE

Tu veux dire que tu préfères monter une mouche « d’ensemble » plutôt qu’une mouche « exacte » ?

Ce que je veux dire c’est que si je dois monter, pour exemple, une mouche sèche, je simplifierai au maximum en privilégiant une mouche qui flottera bien avec un gros pompon orangé pour bien la visualiser et pêchera vite plutôt qu’une belle mouche artistiquement belle mais qui sera inefficace…

Ceci est identique pour la gestuelle. Pas de faux lancers, pas de jolies arabesques dans les airs : il faut que la mouche soit sur ou dans l’eau le plus longtemps possible et qu’elle incite le poisson à « prendre ».

Jean Benoit Angely, pêcheur à la mouche de talent
J’ai une nette préférence pour la perdigone que j’utilise souvent en compétition

 

Tu mets un grand coup de pied dans les idées reçues !

Bien souvent le moucheur recherche la mouche « exacte » et toi tu me dis qu’elle doit être surtout « incitative ».

Ce que je veux te dire, c’est que sur mon site internet beaucoup de pêcheurs veulent une mouche avec telles et telles caractéristiques. Je dois vérifier que telle couleur corresponde bien à tel insecte et parfois une demi-teinte suffit pour que « le client » n’y trouve pas son compte…

Au final, il faut bien comprendre qu’il vaut mieux avoir une bonne présentation, une bonne dérive, plutôt qu’une bonne mouche !

C’est pourquoi je te disais tout à l’heure qu’une mouche sèche « vulgaris » ce que j’appelle communément un « pompon » est plus efficace qu’une petite mouche bien imitée, bien montée, car elle sera plus visible, donc plus efficace dans la coulée. L’important c’est que la mouche passe à la bonne vitesse, naturellement, dans le champ de vision du poisson.

Après, bien sûr, sur des poissons difficiles cela peut changer la donne, mais en compétition on doit avant tout être efficace pendant une durée déterminée, donc nous n’avons pas le temps de nous perdre en conjonctures sur le choix de la mouche. On lance on pose, on lance on pose etc.

Au final, sur une partie de pêche si l’on compare les résultats de celui qui pêche avec une mouche imitative et celui qui pêche avec une mouche incitative, il est à peu près certain que c’est ce dernier qui fera le plus de poissons !

Il faut inciter le poisson à prendre la mouche qui passe plutôt que de croire que dame fario va la reluquer dans tous les sens pour savoir si c’est une vraie mouche… ou pas !

Jean Benoit Angely, pêcheur à la mouche de talent
La boite à mouches de Jean Benoît semble basique, mais toutes les nymphes sont calculées au dixième de gramme près

Tu éclaires l’activité d’une autre manière et ta vision est très surprenante après tous ces siècles qui ont vu des auteurs célèbres magnifier « la mouche exacte ». Bon, dès que je serais rentré dans mes Cévennes je vais bazarder mes boîtes à mouches et les manuels qui vont avec !…

Tu serais surpris de la perception qu’ont les internautes qui commandent en ligne sur le choix de la mouche « philosophale » puisque je vends des mouches à des « moucheurs » mais aussi à des « tocqueurs ». Je peux t’assurer que tous les pêcheurs au toc recherchent avant tout des mouches qui doivent être les plus imitatives possibles, même si elles sont inefficaces…

Ils évitent les casques d’or, les gros tags oranges. Ils préfèrent des casques noirs et des petites patates bien visibles. Cet assez drôle car moi, c’est certainement la dernière nymphe que j’utiliserais en compétition.

Ils me téléphonent pour me commander une patraque de telle couleur, de telle taille et quand je leur réponds qu’une « faisant tail » avec un beau tag orange derrière la bille serait plus prenante ils ne comprennent pas.

L’important est de donner envie au poisson de prendre la mouche qui passe plutôt que de croire que dame fario va la reluquer dans tous les sens pour savoir si c’est une vraie mouche, si elle a la bonne couleur, s’il elle a des pattes… ou pas !

 

L’APPROCHE DE LA RIVIERE

Oublions la compétition. Imaginons que tu es en vacances. Puisque tu as le choix, quel genre de rivière vas-tu choisir ?

Certainement une grande rivière, large et avec du courant. Faire une petite rivière avec des truites de 20 ou 25cm, cela ne m’intéresse plus. Alors que la Dordogne, l’Ariège ou l’Aude, voilà le genre de parcours que j’aime où j’ai plus de chance de taper un gros poisson. Ce sont des rivières où il y a de gros salmonidés, des truites et des ombres. Et là je me régale. Vraiment.

 

Jean Benoit Angely, pêcheur à la mouche de talent
Contrairement à ma région, en vacances je préfère les rivières larges

Comment abordes-tu le parcours ?

D’abord une phase d’observation.

Et puis comme dans toutes les rivières de France j’observerais qu’il n’y a pas beaucoup de gobages !

Donc, je vais l’attaquer en nymphe en choisissant un large courant sur une centaine de mètres. Au début je pêcherai dans mes pieds, dans moins de 20 cm d’eau puis je ferais le profond au large ; mais il m’arrive aussi de traverser, de me placer au milieu de la rivière et de pêcher les bordures en peignant du plus lointain au plus près. Les deux méthodes sont aussi efficaces l’une que l’autre.

 

Imaginons que tu fasses le parcours et que la pêche n’est pas celle escomptée. Tu déménages ou tu changes de technique ?

Si je ne fais pas les poissons que j’avais envisagé, mon instinct de compétiteur reprendra le dessus et je chercherai à comprendre pourquoi cela ne marche pas plutôt que de me dire qu’il n’y a pas de poissons ! Par exemple j’utiliserai une soie plus légère pour éviter de faire un « ventre » et mieux diriger ma dérive.

Donc je recommencerai ce même parcours en pêchant autrement

POUR FAIRE PÊCHE IL FAUT ENERVER LES POISSONS

 

Tu veux dire que tu pêches une nouvelle fois dans tes traces ! Encore un concept qui tombe. C’est le second en moins d’une heure. Pourtant tous les moucheurs détestent qu’un autre pêcheur passe devant eux. Ils disent que cela fait bouger le poisson et qu’il se tanque.

Faux. C’est parfois le contraire en grande rivière. Surtout quant il y a des ombres. Un pêcheur qui pêche en amont « gratte » le fond et de ce fait, il provoque une traînée nourricière dans la rivière. Ceci est bien connu des pêcheurs de goujons. C’est la même chose pour les salmonidés. En remuant le fond on fait remonter des particules, des gammares, des portes-bois etc.… Ceci réveille l’appétit des poissons et il ne faut pas craindre cela, au contraire, il faut s’en servir.

Donc, lorsque j’aurai pêché en totalité le parcours une fois, je recommencerai une ou deux ou trois fois encore en pêchant différemment, en nymphe, en noyée, en sèche, au streamer. Je ne m’interdis rien, je pêche !

Jean Benoit Angely, pêcheur à la mouche de talent
Pour prendre des poissons il est inutile de faire des arabesques dans les airs, la mouche doit être sur l’eau

 

Comment analyses-tu objectivement une partie de pêche. A partir de combien de truites ou d’ombres estimes-tu que la pêche est bonne ?

Nous revenons à la question du début. Quelle est la différence entre un pêcheur de loisirs et un pêcheur de compétition. Un pêcheur de loisir saura se satisfaire de 4 ou 5 truites. Comme pêcheur de compétition je me demanderai pourquoi je n’en ai pas fait plus ! La question est « ai-je fait ce qu’il fallait pour faire réagir les poissons » et elle se pose surtout si je n’ai pas touché de poisson. Là effectivement il faudra que je comprenne. Peut-être aussi faudra-t-il tout simplement les énerver.

 

Les énerver ! Comment ?

Très simple, je vais par exemple utiliser un gros streamer, ou animer mes nymphes passer et repasser sur les postes d’alimentation pour réveiller les truites et ensuite j’utiliserai une mouche normale ou une dérive plus naturelle. L’éveil des poissons fera le reste. Peut-être me faudra-t-il aussi me concentrer sur ma gestuelle et travailler davantage ma dérive ou modifier ma mouche.

 

Le choix de la mouche ? Tu viens de me dire que ceci était secondaire !

Lorsque je parle du choix de la mouche, je veux surtout parler de la structure de la mouche et de son poids, pas forcement de son apparence. Je suis devenu très pointu sur le choix des matériaux… J’ai fait l’acquisition d’une balance électronique pour peser mes nymphes au milligramme près !…

 

Peux-tu pour terminer cette rencontre me confier qu’elle est « la mouche incitative » que tu préfères pour pêcher la truite ?

J’utilise environ 5 mouches dans l’année, déclinées en diverses tailles et en divers poids. Mais ma préférée est la perdigone “noir à cul orange”. Il s’agit de nymphes lisses qui coulent plus vite qu’une nymphe classique. Cela me permet de pêcher avec des nymphes plus petites et plus profondément. Elle est montée sur un hameçon sans ardillon BR103, avec une bille tungstène rainurée cuivre. Si je ne devais pêcher qu’avec une seule mouche ce serait celle-là ! Bref, tu l’as compris, toute mon attention est sur les matériaux que j’utilise qu’il s’agisse du fil ou de la mouche et non pas sur la technique.

La technique vient avec la pratique, mais si l’apprenti utilise de mauvais outils, il ne fera jamais un bon ouvrier. C’est exactement la même chose pour la pêche à la mouche !

 

Et si on parlait un peu de ton titre de « champion de France » Tu t’y attendais ? D’ailleurs cela fait combien de temps que tu es en équipe de France ?

Ma première sélection en équipe de France date de 2005. Donc cela fait 10 ans que j’évolue dans le haut de la compétition (avec Sébastien Delcor, Gregoire Juglaret, Julien Daguillianes et Jean Guillaume Mathieu) nous gravitons tous au plus haut niveau. Bien sûr je ne m’attendais pas à décrocher ce titre cette fois-ci, même si c’est toujours le but ultime.

Jean Benoit Angely, pêcheur à la mouche de talent
Médaille d’argent pour la France aux championnats d’Europe en 2015 en italie

Comment expliques-tu cette performance cette fois-ci ?

Je crois que ce sont en partie mes tests sur les hameçons qui m’ont donné les clefs de la réussite. J’en suis arrivé à tenir des statistiques sur les décrochés par rapport à la marque, la taille et à la forme de l’hameçon. Depuis cinq ans, je tiens à jour ces statistiques et j’en ai déduit que certains hameçons permettent de décrocher moins d’un poisson sur cent et ce simple quotient peut faire la différence un jour où la pêche est difficile. Souvent entre le premier et le second cela se joue à un poisson. Cela fait râler, car bien souvent ce poisson on l’avait au bout et il s’est décroché.

Donc j’ai travaillé sur ce sujet. Pourquoi j’ai décroché, pourquoi j’ai un refus etc. J’en suis arrivé à la conclusion que ce n’était pas à cause de la mouche mais au poids de la nymphe ou au diamètre du fil.

J’ai beaucoup progressé et pêcher avec un fil en fluorocarbone de 10/°° ne me fait plus peur.

 

Quel fil utilises-tu ?

Principalement le fil « Seaguar Yuki Neox  » Il s’agit d’un fil japonais de 3ème génération réalisé avec un procédé spécial de revêtement au fluor « fluorine process » qui le rend vraiment invisible dans l’eau, plus qu’un fluorocarbone traditionnel. Il possède une exceptionnelle résistance aux nœuds, il est plus souple et possède une grande résistance à l’abrasion et aux UV. De plus il est sans mémoire. J’ai découvert ce fil dans le milieu de la compétition en Espagne et depuis certains compétiteurs français l’utilisent aussi (*).

J’insiste sur le diamètre du fil. Ce n’est pas « l’ombre » du fil qui gênera la pêche, mais bien son diamètre. Plus le fil est épais, moins la dérive est bonne. Si tu fais passer une petite nymphe avec un nylon de 8mm et avec un fil de 10mm, la présentation n’est pas la même, la poussée de l’eau n’est pas la même. Même si cette différence est infime, il est fort possible qu’avec le 10/°° tu passes au-dessus des poissons au lieu de rouler sur le fond.

Jean Benoit Angely, pêcheur à la mouche de talent
Petit cours de lecture de rivière

Peux-tu pour terminer cette rencontre me confier qu’elle est « la mouche » que tu préfères pour pêcher la truite ?

J’utilise environ 5 mouches dans l’année, déclinées en diverses tailles et en divers poids. Mais ma préféré est la perdigone “noir à cul orange” et ce contraste de couleurs est très intéressant.

Les Perigones sont des nymphes lisses « incitatives » qui coulent plus vite qu’une nymphe classique. Cela me permet de pêcher avec des nymphes plus petites et plus profondément. Cela fait des mouches extrêmement efficaces aussi bien pour le pêcheur de loisir que pour le pêcheur de compétition. Elle est montée sur un hameçon sans ardillon BR103, avec une bille tungstène rainurée cuivre, ou or. Si je ne devais pêcher qu’avec une seule mouche ce serait celle-là ! J’ajoute que cette mouche est celle du moment et dans deux ou trois ans elle deviendra peut être inefficace. Pourquoi ? Cela je ne sais pas l’expliquer, peut être parce que cette mouche sera trop utilisée,  mais il faudra trouver autre chose, une autre mouche. Ceci explique pourquoi je ne monte pas des centaines de modèles mais que je m’adapte à la fluctuation des circonstances afin de trouver la mouche la plus efficace suivant la saison.

 

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