Pêcher la carpe en hiver, c’est possible!

Vous voulez pêcher la carpe en hiver malgré le froid qui s’est installé et la nature qui s’est figée? Le même rituel s’est installé : tous les matins, il est nécessaire de gratter les pare-brises avant d’aller travailler. Ces signes ne trompent pas, l’hiver s’est installé. A l’heure où la plupart des pêcheurs ont remisé leur matériel, d’autres bravent les éléments en quête de sensations.

Pêcher la carpe en hiver
Les réveils matinaux deviennent rudes

Il est vrai que certaines régions sont plus favorisées que d’autres. Dans les territoires nord et centre, les plans d’eau peuvent geler plusieurs semaines, alors que dans le sud, certains secteurs de pêche ne descendent ont des températures d’eau qui ne descendent pas en dessous de 8°C. Bien évidemment, les conditions de pêche ne sont donc pas les mêmes et il est possible d’avoir de bons résultats toute l’année dans ces secteurs. Ceci dit, même dans les eaux les plus clémentes, les poissons ont une activité alimentaire assez réduites et parfois tout simplement mise en pause pour une durée indéterminée. Cela n’est pas provoqué par la température de l’eau trop froide mais tout simplement parce que la nourriture naturelle est insuffisante provoquant un jeune forcé du poisson. Nous allons y revenir plus bas. Etudions d’abord cette période froide mais au combien intéressante.

Oui, vous avez bien lu, intéressante ! L’hiver est une saison rude pour le pêcheur : les conditions climatiques ne sont pas les plus clémentes pour se livrer aux activités extérieures : le froid et la météo ne sont pas ce qu’il y a de plus agréable comparé au reste de l’année. C’est pour cela qu’une très grande majorité de pêcheurs mais aussi d’usagers des berges ont rangé leur matériel dans l’attente des beaux jours. Ceci représente une aubaine pour les amateurs de paix et tranquillité qui voient leurs terrains de jeu désertés par leurs homologues. Le choix des postes se trouve alors vaste, les possibilités d’amorçages sans entrevoir de « crabes » sont ainsi multiples. Enfin, les poissons ayant fait leur graisses hivernale sont au plus haut de leur masse et affichent des poids conséquents. Tout ce qui vient d’être évoqué motive quelques passionnés qui voient dans l’hiver une saison propice pour traquer des poissons trophées et battre ainsi des records. C’est également la période de challenge ou parfois le simple fait de capturer du poisson, peu importe le poids, suffit à réussir une session. Ce n’est pas parce que les eaux sont froides qu’il n’est pas possible de prendre du poisson, contrairement à ce que beaucoup de monde pense. Il y a certaines choses à comprendre afin d’aborder au mieux cette saison, c’est ce que nous allons vous expliquer à présent.

Pêcher la carpe en hiver
Une belle boule hivernale

Le fonctionnement de biotope en hiver :

La nature a été généreuse cet automne : un bon nombre d’arbre fruitiers ont versés leur offrandes sur les berges de nos terrains de jeu, faisant le bonheur de la gente aquatique en pleine période d’engraissement. La météo, avec les vents et les précipitations ont également déversés un bon nombre de petits animaux et insectes terrestres dans l’onde.

A présent, la nourriture naturelle se fait rare. La plupart de ce qui est tombé dans l’eau a été consommé. La microfaune, quant à elle, vie au ralentie, à cause des températures froides. De ce fait, elle ne se montre que très peu. Il en résulte une disponibilité alimentaire réduite.

Pêcher la carpe en hiver
Le montage est en place, il n’y a plus qu’à attendre la fonte des glaces

L’influence de la température :

Il est également important de rappeler que la température joue un rôle important dans l’activité métabolique des poissons. Cela a donc une influence directe sur l’alimentation. Sur de nombreuses littératures il est spécifié que la carpe ne s’alimente que très peu en dessous de 8°C et cesse toute prise d’aliments en dessous de 6°C tout simplement parce que le système digestif n’est plus fonctionnel. De ce fait, et nous y reviendront plus loin, il est conseillé d’utiliser des esches ultra digestes.

Alors, si on arrive sur les berges, que l’on place un thermomètre dans l’eau et que ce dernier affiche une température de 5°C, doit-on retourner chez soi ?

Nous vous répondrons tout simplement : pas forcément !

Heureusement que la nature est bien faite. Dans le cas des eaux stagnantes, la température que nous allons prendre est celle en surface et en bordure. Elle ne correspondra pas nécessairement à celle que l’on pourrait mesurer en pleine eau, voir au fond. En effet, certains plans d’eau possèdent un relief suffisamment varié pour détenir des couches d’eau différentes, et donc de diverses températures. Certains sont même alimentés par des résurgences pouvant libérer de l’eau tiède. Il faut comprendre que la majorité des poissons vont se placer dans les nappes d’eau les plus clémentes, et ce, que ce soit en hiver ou en plein été. Si une zone est plus tempérée, elle abritera forcément nourriture naturelle et poisson.

Dans le cas des eaux courantes, il faut garder à l’esprit que les poissons doivent lutter contre le déplacement de l’eau, ce qui représente une dépense énergétique qui doit forcément être comblée. Il est donc impératif aux poissons de s’alimenter dès qu’ils le peuvent, ce qui représente une aubaine pour nous. Ceci étant dit, il convient tout de même de trouver des zones de confort qui seront sollicitées par les poissons.

Quelques conseils pour votre confort :

Les conditions hivernales ne sont pas les plus agréables à pratiquer. Pêcher avec des basses températures ne s’improvise pas et nécessite un matériel adapté, notamment en cas de pêche de nuit. Il est donc impératif d’avoir recours à de bons vêtements, abri ainsi que duvet d’excellente qualité. Mais ceci n’est pas tout, il est très important de s’hydrater régulièrement car respirer de l’air frais favorise la déshydratation. Boire régulièrement des boissons chaudes est également recommandé ainsi que de consommer des féculents et autres aliments fournissant de l’énergie afin de permettre à votre organisme de lutter efficacement contre le froid.

L’influence de la météo :

Pêcher la carpe en hiver ne se résume pas seulement à cela. Il faut également comprendre que ces zones de confort ou d’alimentation peuvent également se déplacer voir se créer grâce à la météo.

En effet, nous avons tous remarqué par exemple que les berges peu profondes exposées au soleil ont tendance à se réchauffer plus vite en fin de journée que les autres. Ceci peut paraitre anodin, car il ne s’agit que de de variation de 1 à 2°C, mais cela peut suffire à déclencher une activité alimentaire. Par expérience personnelle, j’ai pu remarquer que ce type de poste peu profond est surtout productif de nuit, aux heures les plus froides.

A noter également que le vent fort, peut également déclencher quelques touches si l’on pratique sur les berges exposées. Dans le cas présent, le brassage ainsi provoqué soulevé des particules mettant à découvert de la nourriture naturelle qui ne manquera pas de satisfaire les besoins des poissons. Ceci étant dit, si ces vents sont glacials, ils ne sont pas forcément bénéfiques et peuvent tout simplement rendre vos détecteurs muets pour plusieurs jours.

Enfin, les périodes dépressionnaires sont souvent plus douces que les anticyclones. Pour peu que le vent et/ou la pluie soient de la partie, il y a fort à parier que les poissons vont rentrer en activité alimentaire. Ce sont ses conditions qui sont les plus conseillées et qui sortent de leur torpeur les gros individus.

Pêcher la carpe en hiver
Du vent et de la pluie, que du bonheur !
Pêcher la carpe en hiver
Après la pluie, les gros poissons

Quelles sont les esches les plus adaptées pour pêcher la carpe en hiver ?

L’appât roi : la bouillette

Si votre choix se porte vers des appâts du commerce, choisissez ceux adaptés à la pêche hivernale. Certains ont même la mention « winterisé », c’est-à-dire qu’ils ont une faible teneur en acide gras et n’utilisent que des farines carnées hydrolysées. Ceci dit, si vous ne comptez utiliser qu’une très faible quantité de billes, la plupart peuvent convenir.

En ce qui concerne les bouillettes artisanales, lorsque les températures descendent en dessous de 12°C, les acides gras ont tendance à se figer et donc devenir difficiles à digérer par le poisson. Ceci peut être plus ou moins corrigés par l’utilisation d’émulsifiant mais en dessous de 8°C ce dernier devient insuffisant. C’est pour cela que pour pêcher la carpe en hiver, il est déconseillé d’utiliser des aliments trop gras. L’usage des farines de poissons dans les appâts peut être également plus ou moins contesté. En effet, les farines complètes sont les moins digestes et par température froide, elles deviennent impossibles à être assimilées. Ceci étant dit, les farines de type LT et protéolysat demeurent encore digestes. Il est néanmoins recommandé de diminuer les dosages par sécurité.

Certains ingrédients favorisent la digestion, c’est le cas de la levure de bière qui est un atout intéressant et favorise le transit intestinal évitant ainsi que les aliments ne stagnent trop longtemps dans le tube digestif (cf. la rubrique « ingrédient de ce numéro).

Enfin, les bouillettes et dumble flottants sont plus que jamais utiles ainsi que tout ce qui est susceptible d’augmenter l’attraction de vos esches.

Les graines, trop souvent oubliées :

Coté graines, toutes ces particules peuvent être utilisées pour pêcher la carpe en hiver. Mais, chènevis, tiger-nut, bird-food divers ne sont donc pas à négliger avec tout de même une mention pour le maïs doux : sa digestion ne pose aucun soucis, il fournit de l’énergie rapide et sa couleur jaune rend cette graine repérable facilement. Bien évidemment les poissons blancs ne pourront y résister c’est pour cela que les faux grains de maïs sont donc conseillés.

Pêcher la carpe en hiver
Après la pluie, les gros poissons

Place à l’action de pêche :

La stratégie à adopter pour pêcher la carpe en hiver est à l’opposé de celle utilisée en automne. A présent, il convient d’oublier les amorçages massifs pour laisser place aux amorçages au spot voir des pêches en « single ». En effet, les périodes d’alimentation en hiver sont relativement courtes. Vous pourrez constater que vous obtiendrez vos touches pendant des fourchettes horaires assez précises et brèves, ceci durant les périodes météo stables. Il convient donc ne pas disperser trop d’appâts si vous voulez obtenir des résultats sous peine de gaver le poisson. Quelques appâts présentés juste autour du piège suffisent à stimuler l’appétit du poisson. Le plus important étant de placer précisément vos montages. En revanche, il ne faut pas hésiter à réamorcer en cas de tirée ou de doute. En effet, le fait de ne présenter qu’une faible quantité d’appât rend l’amorçage facilement nettoyable et donc inefficace. En revanche, une pop-up ou une esche boosté peuvent suffire à elles même, ne nécessitant ainsi pas forcement d’amorçage.

Pêcher la carpe en hiver
Des conditions à rester chez soi… il faut être motiver pour pêcher la carpe en hiver!

Derniers conseils pour pêcher la carpe en hiver:

Concernant la manipulation des poissons en hiver, prenez garde au froid ! Si vous devez placer vos captures dans des sacs de concertations, utilisez des versions coulantes afin de placer vos captures dans des couches d’eau suffisamment profondes. Cela afin d’éviter des chocs thermiques qui risquent d’affaiblir l’organisme des poissons, pouvant provoquer des pathologies printanières. De même que en période de gelées, évitez de maintenir vos captures trop longtemps hors de l’eau et arrosez-les le plus régulièrement possible. Une nageoire qui gèle est une nageoire qui risque de nécroser, il en est de même pour la peau. Ne posez pas vos captures sur un tapis gelé, mouillez ce dernier d’abord afin d’éliminer la glace. Ces précautions paraissent anodines, mais peuvent tout simplement éviter la mort des sujets fragiles qui survient bien souvent au printemps.

3 commentaires

  1. Bonjour,
    Article assez complet, mais j’ai quelques avis divergents, des appâts gras marchent très bien, les postes de pêches en rivière doivent être choisis avec soin, pas forcément ceux exposés au soleil qui sont les plus productifs et enfin des montages coulissants ou coulissants avec butée 15/20 cm derrière le plomb sont plus adaptés.
    Cdlt

  2. Re bonjour,
    J’ai oublié un ou deux avis, l’un concerne les appâts, j’opte systématiquement pour de la pâte d’enrobage sur mes bouillettes et j’utilise à 99 % de ‘amorce pour les pêches en eau froides et j’amorce comme pour la pêche au coup, juste un amorçage sur une zone restreinte.
    Voilà, bien évidement dans mes deux interventions, ce ne sont que mes points de vues, cela vaut ce que ça vaut, ce n’est juste que ma façon de faire, rien de plus, quoi qu’il en soit je trouve cet article très complet .

    Cdlt

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