Comment devenir un pêcheur sponsorisé à la pêche à la carpe ?

On nous demande souvent « Comment avez-vous fait pour être sponsorisés ? » C’est un des sujets qui intéresse le plus les carpistes. Il est donc temps d’en parler, sans langue de bois. Voici selon nous comment espérer être sponsorisé.

Ah le sponsoring ! Quelle histoire. J’ai l’impression que, de nos jours, les gens cherchent plus à être sponsorisés qu’à prendre des carpes ! Sur les réseaux sociaux, une question sur deux porte sur ce sujet. C’est pour cette raison que j’ai décidé d’y consacrer un article. Comme si la récompense ultime, le Graal du pêcheur était de porter une casquette estampillée de je ne sais quelle marque. Le forum de Montluçon nous a permis de voir l’importance des marques pour certains. Il y a des pêcheurs qui vivent leur passion exclusivement à travers les marques. C’est impressionnant. Mais au fond, ça change quoi d’être « sponso » ? Voici ce que ça a changé pour nous et comment, à notre avis, on peut réussir à susciter l’intérêt d’une marque.

Comment devenir un carpiste sponsorisé ?
Les bouillettes gratuites ne changent pas radicalement notre pêche. Nous roulions des quantités équivalentes avant d’être sponsorisés.

Qu’est-ce que les sponsors ont apporté à notre pêche ?

Soyons clair, être sponsorisé apporte un confort indéniable. La pêche de la carpe est une pratique qui coûte excessivement cher. Aujourd’hui, nous avons des possibilités d’amorçage conséquentes, des bouillettes qui correspondent parfaitement à nos attentes et à notre type de pêche. Il est vrai que nous ne sommes jamais à court de plombs ni d’hameçons et que nous dormons sur un bed chair confortable. Mais clairement ça n’a pas changé radicalement notre pêche. Certaines années, nous attrapons moins de carpes que les années ou nous n’étions pas sponsorisés. Avoir à disposition de grosses quantités d’appâts permet, évidemment, de mettre en place certaines stratégies qui rapportent du poisson. Je pense notamment aux préamorçages, ou même aux amorçages massifs. Mais nous mettons en place ces stratégies relativement rarement. Ces grosses quantités de bouillettes nous aident dans 15 à 20 % de nos sorties. Il en est de même pour le matériel. La qualité du biwy, du rod pod ou des détecteurs n’entre aucunement en compte dans la prise de poissons. Je pense qu’il est nécessaire de toujours garder à l’esprit que le matériel ne fait pas le pêcheur. J’ai gardé mes Wildies pendant 20 ans et aujourd’hui elles sont encore assez solides pour sortir n’importe quelle carpe de la planète. Mais attention, j’avoue également que pêcher avec des cannes neuves est un vrai plaisir. Outre le côté financier, le côté humain est très important.

Les gens croient qu’il suffit de prendre deux carpes de 30 kg dans une saison pour intégrer une équipe. C’est complètement faux !

Être sponsorisé permet d’avoir d’une part du matériel, mais également et surtout de faire partie d’une équipe, de rencontrer des pêcheurs. Intégrer une équipe soudée permet d’avancer dans la pêche, d’avoir connaissance de nouveaux plans d’eau, de nouvelles techniques. Lorsque l’équipe est composée de pêcheurs ayant l’envie d’avancer ensemble, le gain de temps est considérable et les échanges entre les pêcheurs sont très constructifs. Prenons un exemple : il y a certaines techniques que mon frère et moi n’employions jamais comme la pêche au zig-rig ou la pêche à la pop up. L’échange avec d’autres carpistes de nos équipes nous a permis de revoir notre jugement et donc de s’ouvrir à ces nouvelles possibilités qui rapportent du poisson.

Comment devenir un carpiste sponsorisé ?
Rien ne sert de courir après les sponsors ! Il vaut mieux courir après les carpes !
Comment devenir un carpiste sponsorisé ?
Le bon matériel reste le bon matériel ! Mais il ne sert à rien pour attraper des carpes.

Vrai ou faux sponsoring

Comme je le disais plus haut, j’ai l’impression que tout le monde veut être absolument sponsorisé. Chacun veut être dans une « team » et pour cela est prêt à accepter n’importe quel partenariat foireux. Combien de carpistes appartiennent à une équipe et ont, en échange de leurs photos, 30% de réduction sur le kilo de bouillettes ? En gros, ils touchent le kilo de billes à 6,5 euros au lieu de 10 euros. Pour moi, on frôle l’escroquerie. Je suis sûr que les marques gagnent de l’argent sur ce qu’ils vendent à leurs consultants et, en plus, bénéficient de la pub que leur font ces derniers. C’est tout bénef pour certaines marques qui usent et abusent de ce système. Tout le monde est content, les marques ont de la publicité gratuite et les pêcheurs ont l’impression d’exister à travers une équipe. Pour moi, ceci est très éloigné d’un vrai contrat de sponsoring.

Fort heureusement, elles ne sont pas toutes comme ça. Certaines marques offrent de la gratuité à leurs consultants, même s’il ne s’agit pas de centaines de kilos de bouillettes. Donner 30 ou 40 kg de billes par an à un pêcheur en échange de photos est un juste retour des choses. Cela commence à ressembler à un vrai partenariat. Lorsque l’on voit les choses sous cet angle, on se rend compte que ceux qui ont un vrai contrat de sponsoring ne sont pas si nombreux.

 

Comment devenir un carpiste sponsorisé ?
Les sponsors représentent un confort matériel, mais ne remplacent en rien la magie du bord de l’eau.

Pour ceux qui souhaitent être sponsorisés

À chaque fois qu’un carpiste nous demande comment il pourrait être sponsorisé, nous lui répondons systématiquement la même chose. Les marques s’intéressent à un pêcheur pour plusieurs raisons. La première est sa personnalité ; ce que le pêcheur dégage. Les marques cherchent tout d’abord à savoir si il a bonne réputation, s’il se comporte bien au bord de l’eau, s’il est respectueux des autres pêcheurs et des poissons. Le pêcheur représentera la marque au bord de l’eau. Son attitude doit être irréprochable. Un carpiste qui laisse ses détritus sur les berges ou qui est en conflit permanent avec les autres n’a que peu de chances d’intégrer une équipe. En résumé, les marques cherchent surtout à savoir si la personne n’a pas de casserole qui pourrait nuire à leur image.

Ensuite, elles regardent son « niveau » ou « degré » de médiatisation. Grâce à internet, il est maintenant facile d’avoir un rayonnement assez large. Ainsi, il faut se démarquer des autres de façon à attirer les regards. Bien sûr, les marques s’intéressent aussi à la qualité du pêcheur. Il n’est pas nécessaire d’attraper des carpes record à chaque sortie pour avoir une chance, loin de là. Ce critère était valable il y a 15 ans, c’est de moins en moins le cas aujourd’hui. Ce que je veux dire par « qualité de pêcheur », c’est la motivation, l’adaptabilité, la force de la passion du carpiste.

Autre critère important, la perspective d’évolution et de travail avec le pêcheur. Est-ce que celui-ci est sérieux, est-ce qu’il va s’investir dans la marque, et surtout est-ce qu’il va être fidèle ? Dans le monde du sponsoring, changer de firme tous les ans est vraiment mal vu. Les marques et plus précisément les grosses marques cherchent des gens fiables avec lesquels elles vont pouvoir construire un partenariat sur le long terme. À la manière d’un patron qui cherche un employé qui restera longtemps et évoluera au sein de son entreprise, les marques de pêche veulent travailler avec des gens fidèles.

Les marques cherchent tout d’abord à savoir si il a bonne réputation, s’il se comporte bien au bord de l’eau, s’il est respectueux des autres pêcheurs et des poissons.

Elles cherchent des gens fidèles, mais également des gens fiables et « stables ». Des gens qui ont vraiment la pêche dans la peau et qui ne vont pas arrêter d’aller au bord de l’eau au bout de 2 ou 3 saisons. Les gens croient qu’il suffit de prendre deux carpes de 30 kg dans une saison pour intégrer une équipe. C’est complètement faux, pour les marques de qualité tout du moins. La régularité dans les résultats et dans l’envie d’aller à la pêche est très appréciée.

Ah oui j’oubliais, inutile de démarcher ! Les marques savent très bien contacter les pêcheurs qui les intéressent. Lors du tournage du dernier DVD Fox, le coordinateur média de la marque me disait qu’il recevait, certaines journées, entre 20 et 30 candidatures spontanées pour des contrats de sponsoring. Ça fait donc des milliers de demandes par an. C’est ahurissant ! Dans le cas de Fox, toute demande est rédhibitoire. En clair, un carpiste qui contacte Fox pour être sponsorisé n’a que peu de chances d’être retenu. La marque repère les pêcheurs d’elle même, en fonction de ses besoins du moment.

En clair pour être sponsorisé il faut : un bon Facebook ou Instagram alimenté avec des photos originales et de qualité, prendre de temps en temps des gros poissons, être surmotivé et avoir une « personnalité » en tant que pêcheur. Savoir écrire est un vrai plus. Les marques demandent souvent des petits récits de session à poster sur leur site internet. Rien de bien sorcier, mais faire 5 fautes d’orthographe par mot n’est jamais très bien vu.

Soigner la qualité de ses photos est impératif pour intéresser une marque. Les photos sont en quelque sorte la vitrine du pêcheur et c’est ce que vont remarquer les marques en premier. Attention, pas besoin d’être Yann Arthus Bertrand pour intégrer une équipe, mais une photo bien cadrée et bien exposée fait toujours bon effet.

Comment devenir un carpiste sponsorisé ?

Conclusion

Si j’avais un seul conseil à donner pour être sponsorisé ce serait celui-ci : plutôt que chercher à avoir un sponsor, il vaut mieux chercher à attraper des carpes ! De plus, il faut rester soi-même et ne pas courir en permanence derrière le sponsoring. Lorsque l’on cherche trop à être sponso, on en oublie la pêche et clairement c’est la pire chose à faire. Quiconque veut travailler avec une marque doit d’abord apprendre à pêcher et non l’inverse. Quelqu’un de motivé aura forcement tôt ou tard de bons résultats. Sa motivation se ressentira à travers ses photos, ses récits, ses attitudes et les marques sont très douées pour repérer ce genre de comportement !

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