Comment bien pêcher les barrages à la traque des carnassiers

S’il y a bien un poste qui me passionne et sur lequel je passe des heures et des heures à le peigner c’est bel et bien l’aval d’un barrage ! Mais attention, c’est un poste typique qui demande qu’on le connaisse pour mieux le pêcher.

Pêcher le carnassier près des barrages

Un monde de courants…

Le barrage, c’est avant tout une rupture, une rupture dans la monotonie de nos rivières. Habitué à pêcher les berges et autres postes ces infrastructures remettent tout en question, car le facteur dominant ici, ce sont les courants. Pour les comprendre, un petit montage photo va  nous aider à diviser ce poste en plusieurs zones :

Pêcher le carnassier près des barrages

 

La zone 1

Elle est la plus grande et la plus calme, et se subdivise en deux parties :

 La principale, notée « 1A » est une zone de continuité des courants vers l’aval.

Généralement, le fond y est uniforme et composé de graviers. En barque, c’est le territoire de toutes les pêches au lancer. Les pêches en plombée sont moins faciles à réaliser par les mouvements de l’embarcation.

Du bord, toutes les techniques au lancer ont également leur place. Simplement, je privilégie en aval de ces structures les leurres vibreurs à billes, comme le Rattlin de chez Rapala ou plus lourd avec le Gunki Kaiju 115S. Ils se font repérer de loin dans cet environnement bruyant et agité, quelque soit la couleur d’ailleurs.

Cette zone donne généralement sur des zones d’herbiers et de nénuphars collés à la berge. Dégainez les spinnerbaits et autres LS montés sur hameçons texans. L’été les leurres de surface et les LS non plombés y sont adaptés. D’ailleurs de beaux chevesnes y traînent, c’est le moment de les attaquer au LS non plombé et twitché sèchement. Ou bien encore à la mouche avec les fameux « Red Tag » et le soir avec des sedges.

La zone « 1B » quant à elle, est une zone de retour vers l’écluse.

Les courants y sont plus forts sans y être déraisonnables. En barque, je m’installe en limite des zones 2 et 4 pour l’attaquer en faisant attention à ne jamais pêcher les 50 mètres de la réserve. Je peins cette zone classiquement au LS (de beaux barbeaux sont présents), et au vibreur. Peignez toutes les couches d’eau, car les sandres peuvent monter selon le fourrage présent.

La limite entre la zone 1A et 1B est aussi marquée par la présence de fosses. La dandine d’ondulantes ou de gros LS peut rapporter du silure.

Simplement, sur cette zone, veillez principalement à garder la ligne parallèle aux courants et ne pas pêcher la réserve.

 

La zone 2

 

Pêcher le carnassier près des barrages

C’est à l’intérieur de cette zone qu’arrive l’interdiction de pêche des 50 mètres en aval de l’écluse.

Les courants y sont soutenus et mieux ne vaut pas y être en barque ! J’attaque cette zone depuis la zone 4 avec des lancers lointains. Le fonds de la zone 2 est assez plat et seules quelques pierres éparses y sont présentes : c’est la zone d’entrée des différents bateaux.

Depuis le bord, impossible d’y pêcher parallèle aux courants. Mais rien n’y empêche les prises bien entendu. Veillez simplement à laisser le courant faire travailler votre leurre comme on le ferait à la truite. Lancez ¾ amont, le courant faisant travailler votre leurre tout seul.

Parfois cette zone est coupée en deux par des palplanches. Elles empêchent le courant  d’y passer, aidant ainsi la circulation fluviale. Un poste en or massif ! Les carnassiers se collent à elles et profitent d’une fosse à l’extrême aval de celles-ci. La verticale permet d’y faire de bons scores que ce soit au silure ou au sandre.

Du bord une plombée permet de savoir quelle espèce est présente. Au lancer, même par forte profondeur, pêchez cette fosse à toutes les hauteurs d’eau, les carnassiers s’y tiennent embusqués derrière les bancs de vifs.

La zone 3

Pêcher le carnassier près des barrages

Interdite à toute pêche, cette dernière se décompose en deux parties, distincte l’une de l’autre par la vitesse différente des courants selon l’ouverture ou non des épines du barrage. Elles alimentent en courant la zone 4.

 

La zone 4

 

Pêcher le carnassier près des barrages

 

Cette zone peut se déplacer en fonction de la force des courants. Elle est caractérisée par des courants circulaires dus à la différence de vitesse des courants des zones 5 et 1. Assez difficile à attaquer du bord, cette dernière offre de bonnes possibilités aux LS. Souvent attaqués à la descente, ces derniers doivent être contrôlés dès leur entrée dans l’eau. En barque, c’est le paradis ! Je m’y laisse dériver et tourner en laissant les moteurs débrayés au cas où… la zone 5 n’est pas loin !

Ainsi, en barque je laisse ma ligne à vif à l’avant du bateau et pêche à la verticale au grès du courant qui me fait couvrir un large terrain. Cette zone est souvent faite d’un haut fond composé de graviers et rochers de quelques dizaines de centimètres de diamètre. Tous les carnassiers sont présents : sandres, perches et, plus haut, brochets peuplent principalement cette zone. Et attention aux surprises avec un moustachu.

 

La zone 5

Pêcher le carnassier près des barrages

Battue par de forts courants, cette dernière n’est pêchable que dans sa partie terminale du fait de la réserve des 50 mètres. Les bordures sont généralement composées de gros blocs de roche que l’on retrouve sous l’eau. Je les pêche principalement au « toc ».

Je monte en effet un leurre souple sur une plombée de 15-20gr, lance une dizaine de mètres devant moi et laisse descendre avec ma ligne pincée entre l’index et le pouce. J’imprime quelques coups de scion au moindre choc. Cette attention à l’égard de la ligne évite tout accroc et un contrôle total de l’action de pêche. Je descends ainsi le courant selon sa propre vitesse, la ligne perpendiculaire à celui-ci, comme le ferait classiquement un pêcheur au toc selon les conditions. Je ressens ainsi tous les chocs de la plombée contre les roches parsemant le fond et peux donc aller chercher les sandres dans leur cache.

Dans cette zone, pour peindre la partie la plus proche de la zone 4, j’utilise de gros poissons nageurs billés, comme l’excellent Storm Doombell Shad-O ou encore une fois de gros vibreurs billés. Les leurres ont ici besoin, et plus qu’ailleurs en aval de barrage, d’être bruyants pour être repérés.

La partie finale en aval est très bonne pour le sandre qui y trouve des courants plus calmes et de nombreux obstacles. Les leurres souples dont les hameçons sont cachés et les poissons nageurs grands plongeurs ont ici toute leur place. J’utilise par nostalgie l’ancien Rapala « Down Deep Rattlin Fat Rap », qui y permet de bonnes prospections sans trop de risques d’accrocs. J’y enlève simplement le triple ventral et je remplace celui de queue par un hameçon simple (Decoy, Smith proposent, entre autres marques, des simples adaptés aux leurres durs). Sébile propose également le « D&S Crank », grand plongeur muni d’un simple dont la pointe est protégée par le corps du leurre lui même. Simplement, sachez qu’un toc doit vous amener à relâcher la bannière pour que le leurre remonte : attention aux attaques à ce moment là.

En barque, l’important est d’être à la limite de la zone 5 et de la zone 1B. Cela permet d’attaquer la limite des forts courants et la zone 1B plus calme. Le travail des LS est difficile car le courant important les emporte. Optez alors classiquement pour les ondulantes, poissons nageurs et cuillères tournantes. Mais prenez toujours garde aux forts courants de cette dernière zone qui a tôt fait de vous emmener bien en aval.

Ainsi, l’aval d’un barrage vous demande une attention constante par rapport aux courants et l’utilisation de leurres et trajectoires adaptés pour vous aider à mieux comprendre et pêcher ce superbe poste à carnassiers.

 

Sur les ouvrages appartenant au domaine privé, c’est l’article R 436-71 du Code de l’Environnement qui définit les modalités. Ainsi la pêche est-elle autorisée en amont de l’ouvrage au moyen de 4 lignes maximum. De plus, sur une distance de 50 mètres en aval de l’ouvrage, il est possible de pêcher au moyen d’une seule ligne.

Pour les ouvrages appartenant au domaine public, les règles sont plus restrictives. Dans ces cas précis la pêche est strictement interdite en amont et en aval de tous les ouvrages. Pour le canal et ses réservoirs, la distance d’interdiction est de 50 mètres.

Dans tous les cas, il est important de savoir que toute pêche est interdite dans les pertuis, vannages et passages d’eau à l’intérieur des bâtiments (article R 436-71 du Code de l’Environnement).

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