Carpes et silures, pourquoi choisir ? Pêchez les 2 !

Depuis quelques années, avec le développement des populations de silures, nous rencontrons de plus en plus souvent silurus glanis sur nos coups amoureusement préparés pour Dame Carpe. Maudits par certains puristes (au même titre que les esturgeons), il représente malgré tout un intérêt de tout premier ordre pour le pêcheur sachant apprécier sa capture à sa juste valeur. Cependant, la puissance de celui-ci à bien souvent raison d’un matériel trop léger et inadapté à sa capture. Malgré tout, avec un peu de préparation, il est tout à fait possible de triompher d’un de ces géants pour peu que l’on se prépare correctement et que finalement que nous préméditions sa rencontre. Je vous invite donc à me suivre dans mes pêches que l’on pourrait qualifier d’hybrides…

 

Une mésaventure qui a tout déclenché

Pêcheur de carpes autant que pêcheur de silures, je partage mon temps à la traque de l’un ou l’autre de ces deux poissons. C’est lors d’une pêche en 2012 que l’idée de traquer ces deux espèces conjointement m’est venue. Avide de pêches en secteurs peu ou pas exploités et inconnus, j’avais mis en place un ALT près de chez moi afin de tenter la capture de carpes vierges. Le jour J de la récolte était arrivé et c’est avec plaisir que j’enregistrais de nombreuses et belles captures de carpes. Tout se passait plutôt bien jusqu’aux alentours de 2h du matin lorsque j’enregistrais une touche plutôt atypique sur une de mes cannes à carpe. Le scion encaissait de sévères coups de tête mais pas de départ. Je pris la canne en main et après un ferrage assez vigoureux, j’ai bien failli me faire arracher la canne des mains. Le poisson avait décidé de partir vers l’aval en direction d’un entrelacs de bois morts. Je n’avais d’autres choix que de tout bloquer, confiant en ma ligne et ma canne qui avait déjà tourné de puissantes  communes de Loire ou de grands transmontanus sans broncher. La suite a été beaucoup moins glorieuse. La canne à pris une courbure extrême et sans crier gare et sans même infléchir la course du poisson, celle-ci s’est lamentablement rompue sous la pression. Le poisson, toujours accroché à la ligne, a continué pour finalement exploser mon bas de ligne constitué de tresse armadillo 45 lbs. C’était la première fois que celle-ci rendait l’âme sur un poisson. Autant déçu que surpris, je restais planté sur place ne réalisant pas trop ce qui venait d’arriver. J’étais totalement anéanti par cet événement que je n’avais jusqu’alors jamais ne serait-ce qu’envisagé. La session s’est terminée avec quelques carpes très combatives mais cet événement me hantait, je n’avais qu’une idée, revenir et provoquer une nouvelle rencontre avec ce que je pensais être un silure de belle taille.

 

Rêver
Rêver

Une canne à la hauteur

Cette partie de pêche se déroulant en octobre, j’avais l’hiver pour mettre toutes les chances de mon côté. Tout d’abord, il me fallait trouver une canne capable de contrer les silures dans cet environnement très encombré. Je ne pouvais décemment pas utiliser mes cannes pour mes pêches au cassant ni même me doter de cannes carpes surpuissantes qui, j’en reste persuadé, prendraient trop de mauvais coups, fatals pour ces dernières à termes. Je me suis donc tourné vers les cannes leurres destinées aux pêches de ces géants. Les actions de la plupart d’entre elles pouvaient convenir mais je me heurtais à un problème de longueur avec des outils qui plafonnaient à 2m70. Pêchant très souvent seul, je ne pourrai peut être pas prendre les commandes de mon pneumatique tout en contrôlant un glane furieux qui se dirige vers les arbres immergés. De plus, je ne souhaitais pas prendre le risque d’abîmer les éventuelles carpes qui pourraient s’intéresser à mes appâts. Un cahier des charges dur à tenir et ce n’est qu’après moultes visites sur les sites internet des principaux distributeurs de matériel que j’ai finalement retenu une canne qui semblait convenir à mes attentes. Je dirais même qu’elle était la seule. D’ailleurs, elle avait été développée pour cette utilisation particulière. J’optais donc pour 2 cannes Hybrids Big Carp en 11 pieds 4,5 lbs. Les retours d’utilisateurs étant bons, je m’équipe rapidement, confiant pour la suite des opérations.

 

 

Ne rien laisser au hasard

Je conserverai mes moulinets habituels que je sais robustes à savoir des okuma salina 55. Par contre je les équipe de tresse beaucoup plus forte. Mon choix se porte sur de la Powerpro 80 lbs, ce qui constitue un minimum dans la configuration que je vais aborder. Le montage quant à lui sera d’une simplicité exemplaire. Un clip plomb recevra un lest de 140g, un émerillon de 100 lbs, un bas de ligne kevlar power leader  50 kgs pour assurer une bonne résistance à l’abrasion mais conserver la souplesse nécessaire si je souhaite piquer quelques carpes. L’hameçon sera un TT big carp n° 1. Voilà pour l’essentiel des modifications apportées pour affronter le Léviathan qui m’avait mis une correction. Simplicité et robustesse seront les bases de ma démarche.

 

De belles carpes au rendez-vous
De belles carpes au rendez-vous

 

La stratégie d’amorçage

Me voilà correctement armé, mais un choix cornélien s’offre à moi. Vais-je proposer le même appât que j’utilisais lors de ma déconvenue ? Vais-je tenter d’intéresser plus particulièrement les silures plutôt que les carpes ? La présence de très belles carpes sur ce secteur m’encourage à tenter de courir deux lièvres à la fois. Jusque-là, je préférais me focaliser sur une espèce précise mais pour cette pêche, une exception sera de mise. Je regarde du côté des pellets mais leur temps de dissolution et leur propension à attirer brèmes et autres blancs indélicats me dissuade dans ce choix. Pourtant leur attraction auprès de nos moustachus n’est plus à démontrer. Un appât très fortement carné pour séduire ce prédateur me semble le plus adapté malgré tout. Malheureusement, l’époque où je roulais mes propres appâts est révolue car mon rôle de père m’oblige à partager mon temps de pêche avec ma petite famille (sans regret!). Je dois donc me tourner vers des appâts ready made. En cherchant une canne pour contrer les rushs des silures supposés se tenir embusqués sur mon secteur de pêche, j’étais tombé sur un appât qui semblait prometteur. A mi-chemin entre le pellet et la bouillette, il allie les avantage de diffusion et d’attraction rapide de l’un tout en proposant la structure résistante de l’autre. Je testerais donc celui-ci sur ma première pêche. Si je n’avais pas les résultats escomptés, je pourrais toujours revenir aux grands classiques. Me voici donc quelques temps après en possession de 7,5 kgs d’Hybrids big carp et de leur boost associé. Durant 2 jours, je dispenserai 2,5 kg d’appâts sur le poste afin de familiariser les poissons du secteur, que ce soit carpes ou silures.

 

 

Une nouvelle generation d'appats
Une nouvelle génération d’appâts

La mise en place de la stratégie

Ma pêche se déroulera sur un week-end du samedi au dimanche. Je me rends donc sur place le mardi précédent afin de procéder à la première séance d’accoutumance. Tout est calme sur le secteur, pas même un blanc ne crève la surface. La configuration du poste est la suivante : Côté amont de mon installation, un banc de nénuphars occupe une large courbe le long de ma berge. Côté aval, de très nombreux arbres morts immergés jonchent les bords de la rivière. Seule la zone devant moi avec une largeur d’environ 50 mètres reste dégagée. J’avais choisi cette zone pour ses qualités d’interception entre deux secteurs très intéressants. Par contre, le revers de la médaille était qu’aucune concession ne pouvait être faite lors des combats. Mes hybrids partent alors rejoindre les environs des arbres morts que je sais, en d’autres lieux, être des repères de tout premier choix pour les glanes. Le jeudi, mon amorçage se veut plus large mais face à moi afin d’inciter les éventuels silures à sortir de leurs branchages, attirés par les effluves de mes appâts. Je ne dispense pas plus d’appâts car le caractère très affirmé des hybrids (l’odeur et le goût sont très marqués) me semble largement suffisant pour créer une émulation auprès de ceux-ci.

 

 

En toute simplicité
En toute simplicité

Action !

Samedi matin arrive enfin après une nuit de travail interminable ! Le matériel, réduit à son minimum vital, est chargé dans la voiture et je prends la route, rempli d’espoirs pour ce nouveau challenge. Le doute fait place à la détermination et c’est gonflé à bloc que j’aborde enfin l’aval du secteur où je vais opérer durant 24h. Le pneumatique est rapidement gonflé. Le chargement effectué, je pars en quête de mon Graal d’un weekend. Le temps est maussade et la nature semble être assoupie. Une atmosphère des grands rendez-vous, lourde et pesante, se fait ressentir. Vous n’êtes plus spectateur de la nature, les rôles sont inversés, un duel se prépare, une rencontre du troisième type se profile…

Les gestes sont précis, presque automatiques, les piques sont solidement plantés, détecteurs roc xrs installés en mode silencieux, seule la centrale me retranscrira les indices de touches dans la plus grande confidentialité. Le bedchair en mode chaise, je m’installe pour parfaire mes montages que je teste de toutes mes forces. Rien ne rompt, j’esche mes lignes, je les déposes une à une, déterminé et froid tel un sportif abordant une épreuve d’importance. Tout est maintenant en place, les pions sont disposés sur l’échiquier, l’attente peut commencer.

 

 

Un bon début

Midi arrive rapidement et aucune touche ne s’est encore produite. Je me remémore tout le cheminement qui m’a conduit ici au bord de l’eau avec une stratégie toute nouvelle pour moi. A priori, rien ne semble avoir été sous-estimé ou oublié, la réussite devrait être au rendez-vous. Un peu de patience, tout vient à point à qui sait attendre. Je me restaure un peu et après un bon café, je commence à m’assoupir doucement car cela fait déjà 24h que je n’ai pas fermé l’œil. Le bruissement du vent dans les frondaisons des arbres m’emmène petit à petit vers le monde des songes quand tout à coup ma centrale retentit. Je saisi prestement mon hybride qui est cintrée par un poisson qui semble de fort beau gabarit. Le combat ne s’éternise pas et je ramène sans ménagement une splendide carpe qui dépasse bien les 15 kg. Je replace celle-ci à l’identique. L’attente reprend, confiant en ma stratégie. L’après-midi avance doucement lorsqu’une seconde touche me permet de capturer une nouvelle carpe d’une dizaine de kilos. Jusqu’à la nuit tombée, ce seront 3 autres carpes qui me rendront visite, toutes dans la fourchette 10-15 kg. Je suis d’ors et déjà ravi de cette réussite qui me conforte dans l’efficacité de mes appâts. Je suis malgré tout sur ma faim car aucun silure n’a encore montré le bout de ses moustaches.

 

En corps a corps
En corps a corps

 

The winner is…

Les quelques poissons blancs qui batifolaient en surface à la recherche de quelques éphémères sont maintenant partis vers d’autres lieux. Est-ce le signe de la présence du grand prédateur tant espéré ? Je me plais à imaginer que sous le miroir de la rivière, mon visiteur tant attendu est là, tapi, prêt à engloutir mes friandises disposées çà et là en son honneur, telles des offrandes à un Dieu des eaux vives. C’est avec ces pensées que je m’endors sous un ciel scintillant de mille diamants. La nuit est déjà bien avancée lorsque ma centrale vibre au plus qu’elle ne peut. Le frein de mes moulinets étant bloqué, je me précipite tandis que le poisson bloqué dans sa fuite, claque violemment de la queue en surface. Cela ne me trompe pas et je sais qu’il s’agit d’un silure, qui d’ailleurs, semble de belle taille.

Je saisis prestement la canne. Un bras de fer s’engage où deux lutteurs se rendent coup pour coup. Le silure use de tout son poids et de toute sa puissance pour se réfugier dans les arbres immergés situés en aval mais la canne fait parfaitement son travail et quelques minutes plus tard, il se rend finalement après m’avoir gratifié d’un demi-tour qui me trempe jusqu’aux os. Je le saisis par la mâchoire et le hisse avec peine sur la berge. Je m’assieds auprès de lui, tout tremblant encore par la décharge d’adrénaline. Je le regarde, vaincu mais splendide dans sa défaite d’un jour. Ma mission est accomplie, je viens de capturer mon premier silure aux appâts hybrids. Je ne prendrai plus rien jusqu’au petit matin, ce qui est bien compréhensible au regard du dérangement occasionné par le combat.

 

Sublime recompense!
Sublime recompense!

Après cette pêche, j’ai revu en grande partie ma façon de vivre mes pêches. Comme je vous l’avais écrit au début de cet article, je me rendais auparavant au bord de l’eau dans le but de capturer telle ou telle espèce de poisson. Bien sûr, lors de certaines sessions je me focalise sur la carpe ou sur le silure selon les lieux. Cependant, dès que je le peux, je m’efforce de les traquer conjointement car je dispose d’un matériel adapté à cette technique spécifique. Nul doute que la pêche simultanée de ces deux poissons est promise à un bel avenir car, outre les émotions qu’elle véhicule, elle nous permet de vivre deux passions conjointement. Essayez-vous aux pêches hybrides, vous n’en reviendrez pas indemnes !

Un commentaire

  1. bonjour

    je m appelle bruno et je suis client de longues dates a BIG CARP et connais JOHN depuis pratiquement le debut de l evolution de la gamme; je vais prochainement m attaquer au silure dans un etang 1 hect ( avec ilots) pour 4 jours.
    je vais pecher avec les OILY HYBRIDS, BIGFISH PELLETS, FROLIC tout ca avec la BAIT SAUCE . je vais preparer ca dans 2 seaux BIG CAT la veille avec la BAIT SAUCE.
    j ai l intention de balancer le 1er seau de 2,5kg au debut de ma session sur 10m carre, sachant que dans l etang on peche beaucoup avec des pellet carp!!!!.
    et peut etre plus sur la zone de peche qui sera pratiquement en bordure (3m) .
    es ce mon approche serait bonne ???
    n hesitez pas me rectifier si pour la quantite n est pas suffisante ( session du 11sept au 15 sept) et de plus ne pechant pas ( sauf rien dans la journee) les nuits

    d avance merci

    cdt
    BRUNO

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