Les associations animalistes auront-elles la peau des pêcheurs français ?

On voit fleurir en ce moment de multiples demandes et volontés d’un débat public entre des pêcheurs et les associations animalistes – et non écologistes – dont émanent les récentes propositions (actuellement non mises en place, rappelons-le) d’interdiction de pêche au vif et d’utilisation d’hameçon avec ardillon.

Le débat est essentiel dans une démocratie et la pêche n’a aucune raison d’échapper aux questionnements récents de la société. Cependant, il nous semble important de rappeler les méthodes employées jusque ici par les associations animalistes pour faire « avancer la cause animale », appliquée au monde halieutique. Vous trouverez à la fin de cette publication l’ensemble des sources utilisées dans le texte, numérotées.

Premières bandrilles plantées en 2018

Le lancement d’une campagne d’affichage dans le métro parisien et sur les réseaux sociaux, par l’association « Paris Animaux Zoopolis », demandant l’interdiction de la pêche à Paris. Aucune structure (AAPPMA/Fédération) n’a préalablement été contactée par l’association, jusqu’alors méconnue. Le principal argument étant que la consommation du poisson étant interdite à Paris, la pêche est alors « inutile ».

Sur ces affiches (sur lesquelles on voit pêle-mêle des truites, des ides mélanotes, des poissons marins, etc…), on peut voir plusieurs références scientifiques arguant le traumatisme important causé par la pêche, et que l’existence d’une souffrance consciente (concept déjà flou) chez les poissons est un consensus scientifique. Or, il s’avère que non seulement certains de ces travaux n’ont rien à voir avec le sujet évoqué, mais qu’une rapide vérification de la bibliographie montre que le sujet ne fait pas consensus et le débat reste ouvert actuellement.

Cette campagne est d’ailleurs accompagnée d’un vœu porté à la mairie de Paris par la voix de Danielle Simonnet, députée « Parti de Gauche », et qui fut la cible de nombreuses insultes de la part de pêcheurs.

Lors des délibérations du conseil de Paris (qui aboutira au rejet de cette demande), Mme Simonnet évoquera que même s’il elle fut à l’écoute des « défenseurs de la pêche no-kill », elle maintenait sa position car « nombre de poissons meurent quelques jours après avoir été pêchés ». Notons aussi que la moitié de son temps de parole fut consacré à décrire les insultes qu’elle avait reçu dans cette vidéo.

Aucune source n’est donnée pour la mortalité après remise à l’eau. La review la plus complète à ce jour (Bartholomew & Bonshack, 2005) mentionne une valeur « médiane » de mortalité à 11% (rang : 0-95%), incluant 274 cas d’études. Notons que cette review a déjà 15 ans, se base sur des travaux plus anciens et qu’elle inclut des techniques n’ayant pas pour vocation la remise à l’eau du poisson (dispositifs passifs, pêche en grande profondeur, etc).

Votre serviteur avait par ailleurs essayé « d’argumenter » sous la vidéo de la campagne en question. La photo de cette publication est une capture d’écran de la « réponse » reçue. J’ai par ailleurs été banni de la page de Zoopolis.

Page Zoopolis

Le coup de bambou de 2021 !

Des vœux sont formulés et retenus par les mairies de Paris et Grenoble, demandant l’interdiction de la pêche au vif et de l’utilisation d’hameçon avec ardillon. Un élu animaliste de Montpellier, Mr Eddine Ariztegui, a récemment déclaré qu’il formulerait un vœu similaire en mars prochain au conseil de ladite ville. À Bordeaux, la mairie a brutalement conditionné le renouvellement du droit de pêche sur le lac de la commune (interdiction de la pêche au vif, des empoissonnements, et exclusion définitive des possibilités de pratiquer en float-tube).

Ces vœux ont été formulés, encore une fois, sans aucune concertation avec les structures représentatives des pêcheurs, qui n’en ont eu vent qu’à la lecture des programmes des conseils municipaux concernés (soit moins d’une semaine avant leur délibération). Notons cependant que Mr Ariztegui dit travailler « avec une association de pêche qui est constructive pour interdire cette pratique à Montpellier. » en se gardant bien de dire laquelle… https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/herault/montpellier/montpellier-apres-l-arret-de-la-chasse-vers-une-interdiction-de-la-peche-au-vif-1960726.html

Zoopolis et la pêche

Un fois ces vœux adoptés par les Mairies concernées, Paris Animaux Zoopolis s’est empressé de communiquer sur les réseaux sociaux que les interdictions évoquées étaient effectives , relayé par certains journaux (le titre de l’article du Parisien a été changé depuis). L’Association 30 millions d’amis associe même la pêche au vif à l’utilisation de « grenouilles, canetons, rats » . Enfin, Mr, élu de Montpellier, explique bien que « l’activité de pêche même dite de No-Kill génère de grandes souffrances, donc nous ne sommes pas favorables à la pêche en générale. » .

Article du parisien

On passera rapidement sur le fait que convaincre les animalistes via des arguments techniques est vain, étant donné que leur démarche est uniquement basée sur un ressenti subjectif et consiste à généraliser un rapport au vivant qui leur est propre.

Mais au regard de tous ces faits, est il vraisemblable, pour vous, qu’il existe la moindre bienveillance de cette mouvance politique à l’égard du monde halieutique ?

Pensez vous réellement sincères les demandes de débats publics formulées auprès d’inconnus que l’on souhaiterait donner comme « représentatifs des pêcheurs de France » ? Quand on voit la diversité d’avis et de pratique parmi les 1,4 millions de pêcheurs que nous sommes, comment un ou deux d’entre nous pourrions représenter fidèlement tous les praticiens de notre pays ?

Pourquoi ces questionnements de société sur la pêche de loisir n’ont pas pris la forme d’un débat public avec les instances officielles que sont les Fédérations Départementales et la Fédération Nationale ? En effet, « quel dommage ! »

6 commentaires

  1. Les Français vont toujours en dehors de leur pays pour aller péché sur sur les pays frontalier.
    La pêche est un loisir, et mon une recherche, pour manger, cela ce passait encor en début de 1900, et 1940.
    aujourd’hui cela n’existe plus. A ces chère parisien, je parle de ceux qui n’on jamais été a la pêche, ceux qui écrive des connerie à longueur d’année. Imaginer vous qu’on vous retire votre litron de pinard, et votre baquette, que fériée vous ?.
    c’est la même chose pour le pêcheur qui ne pourrais plus aller à la pêche, si on commence a tous interdire.
    Il faut respecter le poisson , en écrasent l’ardions, en ne prenant pas le poisson en main mon mouillé , en ne le laissant hors de son élément trop longtemps, et surtouts, bien le remettre à l’eau sans le jeter d’une hauteur.
    Alor les parisien faut revoir votre copie, n’oublier pas que la pêche rapporte de l’emplois, et des milliard dans les caisse de l’état

  2. Cette campagne dans le métro était l’Everest d’une méconnaissance totale de la chose halieutique ! De surcroît ces personnes sont en droit de questionner mais en aucun cas d’imposer leur dogme d’anthropomorphisme délirant qui fait l’impasse sur le premier facteur de mortalité de la faune piscicole, la pollution visible ou invisible (dans l’immense majorité des cas remarquée par les pêcheurs) et le mode de vie (hein !)
    Bref, ils feraient mieux de concentrer leurs efforts dessus ainsi que sur le pillage des océans (ou sur les personnes ne respectant pas la réglementation de pêche, qu’ils doivent bien sûr maîtriser à n’en point douter).

  3. un jour il n’y aura plus de pecheur , alors il n’y aura plus de poissons

    a moins de prélever un impot pour réparer les dégâts

    qui nettoie les rivieres?
    qui recreé des gravieres?
    qui repare les rivieres ?
    qui luttent pour la continuité des cours d’eau?

    sans rivieres saines pas de poissons

    Zoopolis que faites vous pour les rivieres?

  4. Quand on ne sait pas comment se faire remarquer, on fait des conneries, ça marche toujours!
    Je suppose aussi que ces braves gens, afin de préserver tous les animaux de la planète (encore une fois en France, pourquoi ne penser qu’aux parisiens ?) ils n’utilisent pas chez eux tous ces produits toxiques comme les détergents, les parfumeurs et détartrants de cuvette de wc, tous ces produits emplis d’agents chimiques, etc…, et que quand ils sortent ils se font précéder, comme les moines Tibétains de personnel avec des balais pour les empêcher d’écraser toutes ces pauvres petites bestioles qui couvrent le sol ! Il serait temps que le bon sens paysan atteigne le cerveau de certains « biens pensants  » en leur faisant comprendre la réalité de la vie !!!

  5. ils utilisent l’argument de la pollution pour faire passer leur messages ,quel dommage que ces gens là ne se battent aussi bien pour faire cesser cette pollution . encore une fois c’est plus facile que de s’attaquer aux vraie requins , quand nous voyons les énormes lois existantes pour la peche en mer du bord ou a pied . et celle pour les professionnels on as tous compris.

  6. Ces gens ont un point faible, après avoir été sur beaucoup de profil, on s’aperçoit qu’on y voit plus souvent leurs animaux de compagnie que leur propre visages, ce sont des personnes qui font de l’anthropomorphisme parce qu’ils ne voit que des chats et chiens dans leur vie quotidienne, hors, si’ l’on veut parler de bien être animal, parlons d’animaux enfermé dans des appartements toute la journée, nourris avec des restes de viandes déshydratés… Ce sont pour la plupart des végans complètement dans le dénis, cette brèche est à exploiter, je l’ai fais ces derniers temps, je n’ai eux aucune réponses de leur part.

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