Découverte des eaux intérieures : carpes et silures au rendez-vous

Mequinenza, Camargue, Orient, Saint Cassien : les pêches du silure et de la carpe sont bien souvent associées à des lieux devenus célèbres dans notre milieu grâce à de fabuleuses pêches effectuées par certains. Il en va de même pour des petits plans d’eau régionaux à fort potentiel ou certains secteurs de rivière où le mystère ne règne plus guère. Ces destinations mythiques font rêver plus d’un passionné mais combien d’entre nous pourront réellement y tendre leur ligne un jour ? Bien souvent de part leur caractère populaire ces destinations sont assiégées à longueur d’année et la qualité de la pêche s’en trouve altérée. A bien y réfléchir, tous ces endroits ont été un jour « découverts » par des pêcheurs courageux et chanceux. Pour ceux-ci la part du mystère était prépondérante dans leur approche. Le rêve et l’espoir sont moteurs de notre passion. Partez à la découverte d’un lieu inconnu (et qui le restera peut-être) où les résultats ne sont pas assurés et les risques d’échec maximum. Bref bienvenus dans une aventure authentique, bienvenus dans une quête où la découverte du Graal ne sera peut-être pas au rendez-vous, mais une aventure qui aura un goût à nul autre pareil…

ile semi engloutie

Pionneering, oui mais…

Vous voilà décidé à tenter l’aventure de la découverte. Malgré tout ne vous jetez pas dans l’arène sans avoir effectué un pré-repérage. Pour beaucoup, el dorado rime avec grands et beaux poissons. L’existence de ces trophées n’est cependant en rien le résultat du hasard. Afin de mettre toutes les chances de votre côté le secteur où vous allez jeter votre dévolu doit posséder certaines caractéristiques. La première, assurez-vous que peu de pêcheurs opèrent dans les parages et surtout peu de pêcheurs ne pratiquant pas le no kill. Cela laissera présager que les poissons ont eu le temps de grandir avant d’avoir été prélevés. La seconde, pour bien grandir les habitants du secteur doivent avoir un couvert bien fourni. Observez les bordures, soulevez les pierres, cherchez tous ces indices de vies qui constituent la nourriture des poissons du secteur, et cela du vairon au silure. Un biotope équilibré possédant toutes les strates proies/prédateurs sera un gage de bonne forme de ses hôtes et par conséquent de leur capacité à grandir. Pour ne citer que quelques indices, les écrevisses, les moules, les limnées, les gammares et autres animalcules seront de bons présages. Un autre composant essentiel sera les espèces de plantes présentes car elles permettront à toute cette population de s’abriter et de puiser les compléments alimentaires nécessaires à leur bonne survie.

arbres immergés 2 arrivée d'eau Arbres immergés 1

Par où commencer ?

Vous venez de faire votre enquête sur le secteur convoité. Les lieux semblent prometteurs, vous pouvez passer à la seconde étape, à savoir repérer les postes disponibles, futurs lieux de vos exploits halieutiques. Selon les espèces que vous chercherez vous vous orienterez sur telle ou telle configuration. Les amas de branches et arbres immergés seront des repères de choix pour les silures et les carpes. Obstacles rimant bien souvent avec gîte et couvert, vous y trouverez sans aucun doute les plus beaux spécimens du secteur. Cependant, ne vous attendez pas à ce qu’il soit facile de les déloger de ces antres ou tout du moins à les décider à accepter vos appâts. Vous devrez donc trouver en second lieu les spots où ils seront plus aptes à réagir à vos sollicitations. Les arrivées d’eau, les virages, les accidents de berges seront autant d’embuscades pour les silures mais également grenier à nourriture pour les carpes. Les ouvrages humains tels que les ponts, les écluses, les barrages seront eux aussi à exploiter en priorité. Pour ceux qui ont la chance de posséder bateau et échosondeur les choses pourront être approfondies car ils vous permettront de repérer les cassures, les hauts fond, les fosses et pourquoi pas repérer des groupes de poissons.

Comment bien débuter ?

Il est maintenant temps de pêcher ! Ne grillez pas les étapes. Vous pouvez fort bien réussir le coup du siècle dès votre première sortie, cependant inscrivez vous davantage dans une quête qui s’inscrira sur le moyen ou le long terme. En effet, d’un bief à l’autre les habitudes, les heures d’activité, les stratégies à mettre en œuvre seront différentes. Je suis partisan d’une approche simplissime lors de votre première sortie afin de vous imprégner de l’atmosphère des lieux. Pour une démarche carpe, un amorçage à base de graines vous permettra de provoquer les départs et de commencer à faire connaissance avec la population locale. Par la suite, une approche avec des bouillettes vous permettra certainement de faire grimper la moyenne de vos prises. Le silure pourra, lui, être traqué de multiples façons mais la pêche au vif reste la plus sûre pour vous apporter des résultats rapides.

petites commune avant grosses miroirs... peut etre...

Passons à la vitesse supérieure…

Vous avez maintenant effectué vos premières pêches et vous pensez toujours que de somptueux trésors sont sans doute cachés au fond de ces eaux déjà moins inconnues. Il est maintenant l’heure de mettre en œuvre des stratégies aptes à vous apporter les poissons de vos rêves. Afin de détourner les plus vieilles carpes du secteur de leurs habitudes, une approche sur le moyen terme voir le long terme sera votre plus sûr allié. La stratégie de l’ ALT (Amorçage à Long Terme) est reconnue comme la plus adaptée dans notre démarche. Cette stratégie ne sera pas obligatoirement synonyme de coûts pharaoniques si vous savez cibler les lieux de vos amorçages. En effet, placer vos appâts sur les zones d’alimentations repérées ou fortement supposées à portée de bouche de vos cibles sera un grand pas vers la réussite. En matière d’appâts, n’ayez pas peur d’utiliser de gros appâts ( 24 mm à 30 mm). Ils ne seront pas supérieurs en matière de sélection des grosses carpes mais vous aurez la certitude qu’il ne termineront pas dans le ventre d’un chevesne ou autre brème. Une base de 1 kg de ces friandises dispensées quotidiennement ou tous les deux jours sur une zone appropriée durant un minimum de 15 jours sera un bon compromis entre durée et premières pêche afin de vérifier que l’on ne s’est pas trompé.

un échosystème équilibré à coup sûr!

Et le silure alors ?

Suivant les secteurs et vos goûts, les solutions sont beaucoup plus variées. Cependant, les techniques du cassant avec de beaux gros vifs (1kg voire davantage dans certains cas) sauront sortir les plus grands glanes de leur réserve et vous apporter vos premiers poissons trophées. Pour ma part, les cassants permettant la disposition de vifs dans la couche supérieure d’eau m’ont apportés mes plus grands silures. Ne négligez malgré tout pas les pierres perdues et les flotteurs sous marins qui séduisent pratiquement à coup sûr les silures peu pêchés. Pour les inconditionnels des pêches plus actives, la dérive vous comblera en plus de vous donner une idée de la population du secteur. Je vous déconseillerais le leurre qui est une technique assez difficile car il faudra chercher dans les différentes hauteurs d’eau les silures en poste. Vous risquez donc de perdre beaucoup de temps et peut être de la motivation.

De grosses surprises sont possibles!

Au travers de cet article, j’espère vous avoir donner le goût de l’aventure et de l’inconnu car les récompenses que l’on obtient sont de véritables trésors. Être le premier à capturer un poisson, et non être un suiveur qui pêche pour la dixième fois (voire plus) un poisson devenu célèbre et portant bien souvent un nom, possède une saveur unique. Chaque prise sera le résultat de votre travail, de votre détermination, de votre passion. Un Graal que seul les authentiques passionnés sauront décrocher et apprécier.

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