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Pêche du black-bass en France

Le black-bass est un atout pour la pêche de loisir en France

Depuis 1994, l’Association Black Bass France valorise et promotionne le black bass au travers de nombreuses actions. Et si tout le volet dédié au matériel et aux techniques de pêche spécifiques a été largement assimilé et dupliqué avec succès sur les autres espèces de carnassiers, il n’en est pas tout à fait de même concernant la protection, la conservation et le développement de l’espèce.

Rapidement, après la création de l’Association et au travers des nombreuses animations réalisées par ses membres, le matériel de pêche et les techniques dédiées à la pêche du black bass a suscité un réel intérêt de la part des pratiquants. Il faut dire que les résultats obtenus par les membres de Black Bass France ne sont pas forcément passés inaperçus. Ce fut le début de l’avènement du powerfishing, notamment mis en lumière par le duo Rosmann/Poulain durant les premiers regroupements de pêche sportive.

Pêche du black-bass en France Pêche du black-bass en France

Historique

Dans le même temps, les membres de l’Association nouent des contacts avec des gestionnaires afin de proposer des actions pour la préservation de cette espèce à fort pouvoir halieutique. Cela entraine une multitude de projets locaux, issus de l’émulation que provoque alors cette pêche nouvelle où la graciation fait partie intégrante de la pratique. Les gestionnaires se servent de l’espèce pour lutter contre les espèces invasives comme le poisson chat si bien que de nombreuses introductions voient le jour et l’aire de répartition géographique du black bass s’accentue.

Malgré l’obtention de l’augmentation de la taille légale de capture, désormais à 30cm, la gestion des lots de pêche abritant des populations de black bass est souvent incomplète. Les périodes de fermeture ne sont pas adaptées et la reproduction s’en trouve compromise. De fait, les populations ne se développement pas et pire amorcent leur régression.

Parallèlement, le nombre de pratiquants qui se spécialisent augmente et l’attrait pour ce poisson est croissant. Si bien que victime de son succès, les fiefs historiques sont pris d’assaut et les poissons présents sont fortement sollicités. Cela entraine une modification comportementale des individus qui perdent peu à peu leurs caractéristiques qui en font un poisson ludique et le taux de capturabilité chute laissant augurer une baisse des effectifs.

Si le black bass est le poisson d’eau douce le plus recherché à travers le monde c’est bien pour son accessibilité. Aux leurres, aux appâts, à la mouche, en surface ou plus en profondeur, le caractère curieux et opportuniste des black bass le rend accessible à tous dès lors que les populations sont en bonne situation. Ce qui n’est aujourd’hui pas le cas en France, même sur les meilleurs endroits dont nous disposons.

Pêche du black-bass en France

Le poisson le plus recherché d’eau douce

Malgré les difficultés de développement des populations de black bass et l’état de ses populations, le black bass continue toujours de passionner. Hors, de plus en plus de pêcheurs français franchissent les frontières pour trouver, en Espagne notamment, les populations correctes.

Preuve de l’intérêt toujours présent pour cette espèce emblématique de la pêche sportive, la compétition organisée par France Bass Nation a regroupé en quelques mois plus de cent membres, ce qui en fait le plus gros club de pêche. Une sacrée performance d’autant que cette organisation ne s’adresse qu’à une seule espèce, le black bass.

C’est la même chose pour la fédération de pêche des carnassiers, la manche la plus fréquentée depuis plusieurs années est celle de Penne d’Agenais. Les raisons évoquées sont nombreuses mais la vérité réside dans la présence du black bass.

Si l’on regarde à l’étranger, c’est identique. Le black bass déplace les foules comme pour la Soner Nitro Cup, une compétition dans le sud de l’Espagne qui a bouclé les 120 places disponibles en à peine 10 jours.

Les exemples sont nombreux et la conclusion est désormais évidente. L’intérêt halieutique du black bass est indiscutable.

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Le développement se fera grâce aux gestionnaires

Aujourd’hui, de plus en plus de gestionnaires en prennent conscience et considère désormais l’espèce comme étant à développer pour proposer un produit pêche complémentaire à l’offre déjà existante.

Pour preuve, le nombre de réponses croissant au questionnaire émis par Black Bass France de la part des fédérations. Car si pendant plusieurs années les gestionnaires ont considéré cette tranche de pratiquants comme marginale et non représentative, ils ne peuvent désormais plus l’ignorer.

Les pêches spécialisées comme les carpodromes, la pêche de la carpe de nuit, le silure, les parcours mouche et la pêche du black bass constituent l’atout majeur pour enrailler la chute des effectifs des pêcheurs et le recrutement de nouveaux pratiquants passera probablement par le développement de celles-ci dans les zones périurbaines.

Les résultats de notre questionnaire, avec les réponses obtenues font état que sur les années 2011-2012 et 2013 la quantité de black bass alevinés est de l’ordre de 6250kg sur 19 départements.

C’est 3 fois moins que les quantités de truites arc en ciel déversées par an dans le seul département de Gironde. Lorsque l’on évoque cette disparité flagrante, deux choses ressortent de façon récurrente des discussions. Le risque de chute du nombre de permis en cas de suppression des alevinages en truites arc en ciel et le prix élevé du black bass.

Aussi, nous avons donc voulu en savoir plus sur la relation directe entre les déversements de truites stériles et le nombre de cartes en cherchant à savoir si cela était basé sur des études chiffrées. Il n’en est rien. Concernant le second argument, il est certain que si la quantité augmentait de façon significative avec des engagements sur des plans pluriannuels le prix pratiqué par les pisciculteurs diminuerait.

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La pêche de la truite, c’est rentable ?

Nous nous sommes donc amusés à faire un rapide exercice de calcul pour savoir si les déversements de truites arc en ciel étaient rentables. En reprenant l’exemple d’une fédération et de ses 20T approximatives déversées pour ses 20000 adhérents le coût de ces lâchers serait de l’ordre de 60000€ ce qui équivaudrait à 3000 cartes « majeurs ».

Et bien il est loin d’être évident que ces déversements permettent de conserver 3000 cartes.

Réduits de moitié, cela permettrait de dégager le financement de plus 1.5T de black bass. Un réel investissement car cette espèce contrairement à la truite arc en ciel se reproduit et les taux de mortalité n’ont rien de comparable lorsque la température de l’eau augmente.

Mais comme évoqué précédemment, de plus en plus de fédérations considèrent cette espèce et souhaitent s’appuyer sur la récente modification de la loi pêche pour augmenter la taille légale de capture à 40cm et proposer un quota à 3 carnassiers. Nous ne pouvons que nous féliciter de ces mesures. Mais il serait naïf de croire qu’elles suffiront à stabiliser les populations. En fait cette manière de gérer les effectifs avec une taille limite de capture est généralement utilisée pour considérer les surpopulations. De plus, les dates de fermeture ne prennent toujours pas en compte les espèces indépendamment. Aussi les efforts en matière de communication et d’information sur le black bass demeurent nécessaires afin de permettre à tous les pratiquants passionnés de ce poisson de disposer, sur quelques endroits choisis pour le développement halieutique et non concurrentiel avec la gestion des milieux et de la continuité écologique, de populations adaptées au loisir pêche.

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Une vraie volonté de gestion globale

A 40cm, taille limite de capture que beaucoup de fédérations instaureront en 2017, un black bass atteint environ 1kg. Si l’on s’appuie sur les résultats de notre questionnaire entre 2011 et 2013, et en caricaturant grossièrement ceux-ci, on obtient donc 6250 poissons sur 19 départements. Il est difficile d’avoir une comptabilité précise du nombre de pratiquants s’intéressant de près à cette espèce mais si l’on prend en compte le nombre d’adhérents passés par Black Bass France ce qui représente une limite bien en deçà de la réalité on atteint 1350 personnes. On obtient un ratio de 4.6 poissons par pêcheurs.

Un chiffre bien trop faible pour développer la branche la plus dynamique du secteur pêche.

Aussi si comme nous l’espérons, la volonté de développer la pêche du black bass est aujourd’hui une réalité, il est impératif de lier des actes aux paroles, de trouver des financements, de réhabiliter les piscicultures fédérales pour que malgré les préoccupations multiples et prioritaires des gestionnaires les pratiquants ne soient pas oubliés et que le loisir pêche envisage sa mutation avec le black bass afin de concurrencer d’autres activités de plein air.

4 Commentaires

  1. Pourquoi pas en eau close mais en eau libre, hors de question. Pollution biologique. Est ce une espèce endémique? ….Non, donc on arrêt de considérer la pêche comme une pêche de service pour les leurristes qui payent leur matos hors de prix, on ne confond pas écologie et halieutisme. Merci

  2. Lol.. les leurristes ( dont je fais parti) sont maintenir plus nombreux que les pecheurs au posé ou au vif. Le sandre non plus n est pas andemique , ni le silure . Heureusement qu on a le bass et le silure qui nous résolve le problème du poisson chat. Dites vous que les leurriste paye aussi leurs permi..enlever tous ces pecheurs et vous verrez le manque a gagner sur les permis… et si on va par la on est plus emmerdé avec certains carpiste qui pourrissent leurs spots avec des tonnes de bouilletes ou les pecheurs au vif qui attendent 20 min que leurs poissons et angammé le vif jusqu’au cul..les leurristes sont certainement ceux qui cause le moins de dégâts et qui sont les plus propres…

  3. Endémique endémique… pas certain que nous serions en train d’écrire ses quelques lignes si l’humain n’avait pas franchi moultes frontières…

  4. Je n’ai jamais dit que le sandre et le silure l’étaient. Maintenant, pouvons nous arrêter de jouer à « oh tiens ce poisson se défend bien, allez hop on l’introduit! ». Je constate que ce type de raisonnement me fait penser à une vision clientéliste de la pêche en France. Les leurristes veulent cela alors on fait. On a déjà fait pas mal de bêtise à propos de la qualité de nos cours d’eaux. Doit on en rajouter? Alors là dire que les leurristes sont ceux qui font le moins de dégâts. Je ne suis pas sûr. Je pêche aux leurres, au toc, au surfcasting…et je ne suis pas convaincu. Je constate aussi des dérives dans la pêche aux leurres : combat sur des fils arachnéens qui ne permettent pas une remise à l’eau ou une graciation optimale, temps passé à l’air libre pour les photos trop élevé qui affecte le taux de survie, , mauvaise manipulation de poissons(merci les pinces à mâchoires et le fait de suspendre le poisson par la bouche, et une mâchoire de cassée, une! bravo). Les plus propres, s’il vous plait , arrêter. Et si on regardais ce qu’il y a au fond de nos lacs, cours d’eau, en éléments plastiques et en plomb liée à la pêche aux leurres. Un aurgumentaire basé sur « je suis moins pire que les autres » n’est pas des plus intéressant intellectuellement parlant.
    Quant au fait que l’humain à franchi des frontières, je suis d’accord. Arrêtons l’empoissonnement débile. Sur ce même site, il y a un article qui explique le caractère agressif de ce poisson. Les notions d’écologie et de biologie sont intéressantes à traiter mais envisager ces notions sous un aspect d’activités halieutiques me fait sourire…

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